‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 25 sur 245 · NAISSANGS DU DUC DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

NAISSANGS DU DUC DE NORMANDIE

un second prince, appelé le duc de Normandie, que la mort de son frère aîné allait sous peu élever au rang

a geonefl éuieni deveimes la etaie de ma disgrâce. Quand il fut i gon lit 0 de mort, il désira me parler : je m'empressai de me rendre auprès de « lui. Dès que je fus dans son appartement, il fit retirer tout le monde, « et me dit, en me prenant la main, d'une toix asses forte : — Je meurs t empoisonné; je n'ai pas besoin de vous nommer Tauteur de ce crime, « TOUS le derineiMus doute ; prcnes tos précautions pour éviter un pareil ce sort. — Je fis tous mes efforts pour le rassurer ; sa figure et sa toix n n'annonçaient pas une mort prochaine, et j'appris, à mon grand élonne- « ment, qu'il avait expiré dans la nuit en proie i de violentes coliques. « L'avertissement qu'il m'avait donné, continua M. de Galonné, me tour- Q mentait ; je résolus de tenter tous les moyens pour regagner les bonnes « grâces de la reine ; je crus même un instant avoir réussi. • . mais je ne « connaissais pas encore toute la duplicité de cette femme orgueilleuse et a vindicative; après avoir promis solennellement de me soutenir... elle « fut la première à m'abandonner lâchement, et, pour éviter de plus u grands malheurs, je suis venu dans ce pays. . . me mettre fa l'abri de a nouvelles persécutions. » La lettre de M. d'Adhémar qui, d'après les insinuations de Lamotte, aurait été retenue par Vergennes, fut remise â Louis XVl par le secrétaire de l'ambassadeur, M. d'Aragon, comme Taiteste une lettre de Vergennes du 4 juin 1786 (Archives natUh nalet, K 164); il s'agissait d'un sauf-conduit qui permit à Lamotte de se rendre i Paris, où les journaux signalèrent sa présence, puis de rc' tourner à Londres (voir Mémoires secrets, t. XXXll, p. 24, 6 mai; p. 69, 21 mai 1786).

Les haines rétrospectives, aussi violentes et souvent aussi injustes dans les débats politiques que dans les luttes religieuses, ne se sont pas bornées aux assertions de contemporains intéressés à diffamer Marie-Antoinette. Elles ont provoqué des recherches dans les appartements de la reine pour tncriminer son caractère et les tendances de son esprit. Le catalogue des livres existant dans le boudoir de Ma rie- Antoinette a été publié ft Paris, en 1862, chez J. Gay. L'année suivante, le même éditeur donnait la liste des livres réunis au Petit-Trianon, et un article de journal faisant ressortir la frivolité des ouvrages choisis et Timmoralité de beaucoup d'entre eux, déplorait les honteuses lectures qui fccopaient les loisirs de rinfortunée princesse et l'influence funeste exercée par l'abbé de Vermont que la mère de la jeune reiue avait attaché auprès de sa personne. La correspondance du comte de Mercy et de Marie-Antoinette mise au jour en 1874, nous initiant aux conseils pleins de sagesse donnés par l'abbé à m souveraine et au peu de goût de la reine pour la lecture, détruit les conclusions tirées de la réunion de pareilles œuvres. Marie- Antoinette ne faisait pas plus usage de ces livres que Vermont ne les approuvait, et ces meubles de l'esprit se trouvaient choisis, sans nul doute.

la naUun.

de Dauphin ' . Les Te Deum se succédèrent comme lors de la naissance du premier; les évêques demandèrent dans leurs prières la conservation de la mère et de Tenfant, et les félicitations des cours de justice et des fonctionnaires de tout ordre arrivèrent de tous les coins de la France à une jeune mère pour laquelle les fluctuations de l'opinion publique réservaient de si tristes relevailles.

Les biens Lcs calculs financicrs étaient devenus une sorte de

du clergé

cooToittopar passiou nationalc, qui cherchait tousies prétextes pour se produire. Les nouvellistes affirmaient que le duc deChoiseul avait fomenté des divisions et des troubles parmi les bénédictins, aBn d'amener leur dispersion et par suite, Tattribution à l'État des propriétés de ces religieux. Lorsqu'on vit cette congrégation puissante en proie à de nouvelles dissensions, les prétendues visées du ministre de Louis XV furent rappelées et les journaux exprimèrent leur joie, en disant le 8 novembre 1783 : c La fermentation commence à renaître dans Tordre, et les fins politiques ne doutent plus qu'elle ne soit excitée sous main par le gouvernement, qui n'a point assez d'énergie pour imiter de haute lutte l'exemple de l'empereur, mais sent toute l'utilité de son plan, et voudrait le suivre en faisant concourir l'ordre lui-même à sa dissolution... Ce

par un de ces foornisseurs attitrés qui avaient acheté le droit de pourvoir aux différents besoins des princes.

< 11 existe aux Archives, à propos de cette naissance et d*une question d'étiquette, une pièce qui montre, en présence l'un de l'autre, deux malheureux enfants que l'avenir réservait à une mort injuste et cruelle. uLe 1er avril, écrit le duc de Penthièvre, le duc d'Enghien, âgé de douze ans, et n'ayant pas les grandes entrées, a vu la reine avec le prince, le lendemain de ses couches. » (Autographe du duc de Penihièvre, Archives nationales, K 161.)

Page 1