‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 29 sur 245 · BEAUMARCHAIS EMPRISONNÉ · texte numérisé non relu

BEAUMARCHAIS EMPRISONNÉ

tation SOUS prétexte d'une cabale montée contre la pièce, étaient dans Tattente, quand Tépigramme tomba par centaines des quatrièmes loges sur le parterre. Chacun en saisit un exemplaire, et à sa lecture, il y eut une rumeur des plus vives parmi les spectateurs, qui déchirèrent la malencontreuse critique, et tous d'une voix demandèrent l'auteur (Langeac), en lui assignant Bicêtre pour prison.

Beaumarchais fut moins heureux, quand impatienté des attaques persistantes et anonymes de l'académicien Suard, il lui adressa une lettre que terminait cette phrase : a Quand j'ai dû vaincre lions et tigres pour faire jouer une comédie, pouvez-vous après son succès me réduire, ainsi qu'une servante hollandaise à battre l'osier tous les matins sur l'insecte vil de la nuit. :» Le comte de Provence, qui se dissimulait derrière l'académicien, prit l'injure pour lui-même, et taisant sa participation à cette polémique, dénonça l'outrage au roi et à la reine caché sous cette allusion à des lions et des tigres.

Louis XVI déjà irrité contre Beaumarchais, entra EmprisonDemeot dans un de ces accès de vivacité brutale auxquels il Beaumarohâis, était parfois sujet, malgré sa bonté réelle, et sans * "'" *^*^ quitter la table de jeu où il se trouvait assis, écrivit sur une carte un ordre d'arrestation. Il désigna la prison de Saint-Lazare, réservée aux adolescents dé-

Eit à Trai dire un fieffé libertin, Protégé par Soion, fille pins qne nuée.

A ces vers, Beaamarehais tobstitaa les suivants :

Fanchette, l'innocente, est bien apprÎTolsée. Et la Soxon pins qne nuée A bien Tair de goûter du page farori, Grelnehon de Madame et mignon du mari.

Quel bon ton? quelles mœurs eette intrigue rassemble?

pravés. Un éclat de rire accueillit au premier abord j cette nouvelle, a Si quelque chose peut consoler dans ^ sa prison le sieur de Beaumarchais, dit un joumt- ^ liste, c'est sans doute d'occuper tout Paris comme il le fait. D Â cette sorte de raillerie qu'inspirait an sentiment d'envie succéda la réflexion. Si Fauteur d'une pièce applaudie, si le chef d'une des principales maisons de commerce de la capitale était exposé à un pareil traitement, qui pourrait être sûr de coucher dans sa demeure ? L'indignation ne tarda pas à remplacer la surprise, surtout parmi la jeunesse, et Beaumarchais en retournant chez lui après six jours de détention, trouva plus de cent carrosses à sa porte, remplis d'amis qui venaient le féliciter.

La représentation du Mariage de Figaro^ qui suivit cet emprisouMment, fut des plus animée et des apip^audissements réitérés et enthousiastes saluèrent cette phrase du monologue a ne pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant, d Louis XVI lui-même reconnut, il faut le supposer, la>feute qu'il avait commise, car peu après Beaumarchais assistait â Trianon à une représentation du Barbier de Séville, ou figuraient comme acteurs la reine et le comte d'Artois.

Si lea peuples, surtout les Français, s'acharnaient à la poursuite de réformes ardemment désirées et toujours refusées, les rois ne jouissaient pas d'un plus grand repos. L'esprit de conquête agitait l'imagination de plusieurs d'entre eux, et Vergennes, frappe des dangers qui pouvaient surgir d'un moment à l'autre, crut nécessaire de résumer dans un mémoire la situation de l'EUrope.

« Le travail ci-joint que j'ai l'honneur d'offrir à

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