‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 3 sur 245 · ACQUISITIONS ROYALES · texte numérisé non relu

ACQUISITIONS ROYALES

ficils fréquents qui pouvaient gêner des personnages subalternes, mais qui n'arrêtaient pas le train d'un souverain, puisque la naissance du nouvel enfant royal, attendu pour 1785, faisait augmenter le personnel domestique de six valels de pied, de deux porteurs de chaises, d'un sous-piqueur, de quatre cochers, de quatre postillons, de huit garçons d'attelage, d'un garçon de sellerie et d'un dclivreur. La dépense prévue pour la garde-robe de la reine était portée en 1784 de 120,000 livres à 217,000, et en 1785, à 258,000 livres. La layette du duc de Normandie coûtait 246,787 livres, celle de sa sœur la princesse Sophie, 203,953 livres. Quant au service des enfants de France, malgré leur jeunesse, en 1786, il exigeait du Trésor 398,326 livres, et le comte d'Artois recevait 236,050 livres pour le payement des traitements et des pensions assignés aux personnes chargées de l'éducation de sa famille. Au mois de mai 1786, on calculait que le service du nouvel enfant dont la reine éfr. t enceinte nécessiterait l'admission de deux premières femmes de chambre, de huit femmes de chombre, de deux valets de chambre, de deux garçons de chambre, de deux portefaix, d'une blanch'seuse et d'une servante de cuisine, a Cédant aux sollicitations du duc de Penthièvre Acq»ii«u

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qui désirait arranger ses affaires par la vente de sa deRambou terre de Rambouillet, disaient les nouvellistes, le roi da ch&toi après bien des hésitations s'est enfin décidé à cette ac- ^marâ i7s 'luisition. » Le prix, assure-t-on, est de dix-huit millions et le revenu de trois cent mille livres. L'année suivante, la place de dessinateur des jardins du roi, supprimée depuis la mort du fameux Lenôtre, était

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rtUablic en faveur du peintre Robert, et la résurrection de eette charge annonçait des projets d'embellissements qui allaient commencer parla démolition d'une partie du château de M. dePenthièvre. La reine, au même moment, dégoûtée du Petit-Trianon, si Ton devait en croire le bruit public, payait six millions le palais de Saint-CIoud. Ces acquisitions sont rassurantes, soutenaient les politiques. « Sa Majesté, disaient-ils, qui avait le goût le plus vif pour Rambouillet, a résisté pendant la guerre, si la paix devait être troublée, son goût pour l'économie et la crainte de surcharger le peuple l'aurait détourné d'acheter Saint-Cloud et de faire plusieurs autres dépenses de cette espèce parfaitement inutiles», appréciations erronées non pas des tendances personnelles du roi à l'économie, mais de la possibilité d'obtenir du souverain des résolutions sérieuses et persévérantes.

La charge de grand maître des postes que Turgot avait fait supprimer comme coûteuse et superflue fut rétablie l'année même de l'acquisition de Saint- Cloud au profit du duc de Polignac, et le comte de la Marck nous apprend que Louis XVI, pressé par la reine de ne rien ôter aux prérogatives des anciens grands maîtres, dut lui expliquer les dangers de confier la partie de la poste aux lettres à un personnage qui vivait dans le grand monde, et la nécessité de la réserver à M. d'Ogny, magistrat intègre, qui menait une vie retirée.

Le public s'occupa moins de cette faveur que de l'étrange appui accordé par le roi à un grand seigneur qu'une scandaleuse banqueroute mettait en évidence. Le roi, annonçait-on, paie le port de Lorient

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