LES MIMSTRKS DE LOUIS WI
rcr te repos de l'Europe, manquait de prévoyance «juand il s'agissait d'apprécier les germes de haine cl de guerre que pouvaient semer dans les esprits les erreurs d'un gouvernement, tandis que celui de SCS collègues le plus associe à ses projets, loin do réclairer, montrait en ce moment une conPiànde dans Tavenir optimisme qui devenait presque do Taberration en présence des événements surgissant chaque jour. « Une conversation que J'ai eue avec M. de Cr- « lonne dimanche malin, écrit Eden à lord Carmai llicn, me persuade que les Français poursuivcnl un « système de paix. Un renseignement sur le der- € nier état des revenus, fait par M. Pitt A la « Chambre des communes, ayant frappé le con- « Irôleur général, il me pria de lui prêter le rap-
< port imprimé du comité, et en me le rendant, me € dit : ne croyez-vous pas que rexcédent de 900 mille « livres (22,500,000 fr.), est une situation financière
< un peu flattée. J'ai répondu que s'il y avait eu des « objccjlions sérieuses à opposer aux affirmations du € ministre, il y avait des membres de la Chambre « d'une grande habilité qui n'auraient pas manqué « de les produire. M. de Galonné parla ensuite de * l'immensité de notre dette, et observa que nous € l'emportions sur la France par suite d'un plan réc gulier de réduction ; mais qu'en supposant que les « deux nations continuassent à jouir de la paix, la « nature viagère des dettes de la France avec ses « annuités élevées, amènerait pour sa patrie, à un
< certain moment, une réduction plus rapide de ses « charges, puis il ajouta : Je suis bien embarrassé « dans ce moment, après avoir négocié de lourds
ère 1784.
c emprunts cette année, je serai obligé pendant a huit ans de rembourser annuellement cinquante a millions de livres. Cette période passée, nous a avons Tespérance de nous sentir enfin à notre « aise. »
A ce moment le public avait sans cesse les yeux mat Necker, éloigné naguère de la direction des finances, au grand désappointement de la nation. Ses moindres actes étaient commentés, et le jour ou Ton sût qu'il avait composé un livre sur des questions devenues l'objet de préoccupations générales, les feuilles périodiques vantèrent l'accueil empressé reçu par Tauteur à Montpellier et divulguèrent en même temps la défense qui lui fut faite de rentrer à Paris. La preuve ressortant de son œuvre que les recettes de l'État excédaient de dix millions les dépenses lors de sa retraite, exalta les imaginations au point de faire éclore une foule de pamphlets et de brochures. Un écrit inspiré, croyait-on par Galonné, reprocha à Necker d'avoir répandu douze mille exemplaires de son livre dans des provinces qui étaient les foyers du protestantisme, taxant de coupable (c la conduite d'un homme qui, ayant été à la tète des finances, et, redevenu simple particulier, en révélait les secrets... et osait insulter le maître qui l'avait renvoyé par un appel à la nation. » Considérations inadmissibles à une époque de crise où chacun se préoccupait des revenus publics et de leur emploi, et où Paris était rempli de calculateurs qui étudiaient la situation d'une administration empruntant deux cent vingt-cinq millions en quinze mois, et demandant