DÉFIANCES DE LA NATION
façon des espèces d'or dans les pays voisins et de leur introduction en France, le préjudice qui serait porté au commerce français, et affirma qu'un impôt de dix-huit à vingt millions serait ainsi prélevé d'une manière subreptice sur les sujets du roi. La réplique de Galonné fut des plus vives. « J'ai examiné avec attention, fit il dire au roi, vos représentations sur la refonte des espèces d'or... Je suis fâché que mon Parlement se soit exposé aux erreurs dans lesquelles des gens aussi ignorants que mal intentionnés l'ont entraîné. C'est par des calculs très inexacts et des suppositions chimériques qu'ils lui ont inspiré des doutes sur une opération dont il n'est à portée d'approfondir ni les éléments ni les r^ultats... Je suis bien étonné que mon Parlement
se soit laissé surprendre par ces fausses notions
Il devait être convaincu que quand, par des considérations majeures et uniquement relatives à l'intérêt général , ... je me suis déterminé à établir une nouvelle proportion entre l'or et l'argent, ce n'a été qu'après en avoir vérifié la justesse, et constaté l'utilité par des recherches mûrement discutées dans mon conseil..., il devait sentir combien il est dangereux de répandre des inquiétudes dans cette matière ; il doit surtout regretter à jamais de s'être permis d'avancer que ce que j'ai réglé pour le bien de mon Etat est un impôt dissimulé que j'ai voulu mettre sur mes peuples. D Les sévères paroles de Louis XVI et ses affirmations n'arrêtèrent pas les suppositions malveillantes, car cinq mois s'étaient à peine écoulés que Galonné se croyait obligé de nier dans une lettre au syndic des agents de change un projet d'emprunt de
i3e LIVRE PREMIER,
cent millions. Les actions de la Caisse d'escompte qui avaient baissé de 335 livres à la nouvelle de sa conversion en banque royale, ne reprirent leur cours que lorsque le public eut reconnu la fausseté d'une pareille rumeur. La nécessité d'accorder un état civil aux protestants, au lieu de rester une question politique, fut transformée par l'opinion en une sorte de spéculation usurairc, et Ton put lire dans les Mémoires secrets y à la date du 5 novembre 1786 : ce On écrit de Fontainebleau que dans le besoin urgent de fonds où est M. le contrôleur général, quoiqu'il ait écrit le contraire il n'y a pas longtemps, il a imaginé de remettre sur le tapis TafTaire des protestants; elle s'agite vivement dans le Conseil en ce moment... On prétend qu'ils offrent une somme considérable, des millions en grand nombre, et en si grand nombre, que ceU semble fort exagéré. »
Lettre Lc nouvellistc était parfaitement informé, sinoi
du motif, au moins du sujet d'une discussion qu( quelques-unes des clauses du traité avec l'AnglefjTenrdes tcrrc uc permettaient pas d'ajourner indéfiniment DCMrembri lluc Icttrc du gardc des sceaux à Louis XVI résume i ce moment les objections de cet esprit à la fois sage et timoré contre une mesure que réclamaient la plupar de ses collègues, a Je crains, lui dit-il, que Ton n'aii oc tenté de persuader à Votre Majesté que la peine « que j'ai eue jusqu'à présent à me déterminer i ce proposer un plan sur ce qui concerne les mariagei « des protestants ou de ceux qui ne professent pas 1î <f religion catholique n'a pour objet que des préjugés a des craintes pusillanimes, de la superstition ou di c( l'incertitude dans mes principes. . .^ je suis sincère
Miromesnil a roi Bur B mesures iropos6es