COMPLOT DE BRETEUIL CONTRE CALONNE
c ment attaché à la religion catholique que je crois « la seule véritable, mais je n'ai aucun préjugé contre < les protestants. J'ai pour principe que dans les c grandes affaires d'État, il faut avoir la plus grande 4 circopspection avant de rien entreprendre et sou- « tenir avec fermeté ce qje l'on s'est déterminé à « faire après mûre réflexion... Je crains l'indiflerence ( sur la religion, parce que je suis convaincu qu'elle « a dans les temps de trouble fait autant de mal à « rÉlat que la superstition. Voilà mes principes... « S'il est digne de la bonté de Votre Majesté, de sa « justice et de son amour pour ses sujets, de désirer ft assurer l'état civil de tous. . . vous devez vous assu- « rer que ce que vous ferez pour l'avantage de votre a État ne puisse jamais tourner à son préjudice.. • ( 11 est indispensablement nécessaire d'éviter les tt inconvénients suivants :
a !• D'afi'aiblir la religion catholique, s'il devenait fi indifférent d'être catholique ou protestant ;
a 2* Ne point autoriser plusieurs cultes diCTérents « dans votre royaume ;
« 3" Éviter qu'on ne conduise les rois vos succes- « seurs et peut-être vous-même à la nécessité de « les autoriser un jour ;
« V Éviter de donner une loi qui autorise indice rectement le désordre dans l'union publique de « rhomme et de la femme.
a 5* Éviter de donner une loi qui pourrait répugner « même aux protestants dont la conscience est timo- « rée. »
Conseiller dévoué de son souverain, Miromesnil ne se départit dans aucune occasion de sa respectueuse
franchise, et Ton peut suivre dans sa correspondanci les dissensions profondes et les passions qui exis taient à la Cour dans les rangs des principaux fonc^ tionnaires de l'État, au moment où Galonné était ei butte aux révoltes des Parlements et à l'animosih croissante du public. Le garde des sceaux avec uni entière impartialité instruit le roi de la haine violenb qui séparait le président d'Aligre et le contrôleui général. « Il ne faut pas se dissimuler, écrit-il, qu'i n'est guères possible de se flatter de la faire cesser cela serait moins difficile du côlé de M. le contrôleu général, outre quejelecroisd'un caractère assez facile quoique très vif..., mais M. le premier président m parait implacable... La manière dont le contrôleu général l'a fait avertir qu'il devait depuis cinq ans a trésor royal cinquante mille francs pour la charge des tinée à son fils et le capital de deux cent mille livre d'une rente viagère dont il jouissait, toutes ces chose ont certainement inspiré à M. le premier président u ressentiment qu'il me parait impossible de détruire. Miromesnil, profitant d'une vague pensée de démis sion qu'avait manifestée d'Aligre, essaya, mais vainc ment, d'amener la réalisation de cette retraite avec I désir d'éviter des difficultés dans les régions élevées d pouvoir. Quand la crise est sur le point d'aboutir à un catastrophe de nature à ébranler l'autorité royale, 1 prudent conseiller se trouve encore là pour éclairer 1 roi sur ce qui se passe et tenter d'amortir le choc de pas sions ardentes. <c J'ai été informé, écrit-il à Louis X\ <t le 8 décembre 1786, de quelques circonstance a qu'il est de mon devoir de déférer à Votre Majesté € mais qu'il est important qui ne soient connues qu
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c de VOUS seul. On s'attend, dans le Parlement, que a M. de Calonne ne pourra pas se dispenser de vous c proposer avant peu des ressources de finances. • . et 9 l'on a pour plan de saisir la première occasion qui c se présentera pour faire une dénonciation dont « réclat puisse faire perdre le crédit et renverser le t ministre des finances ! Le plan est de dénoncer au «i Parlement Tabus que Ton prétend que Ton a fait c du dernier emprunt de M. Necker, de celui de d M. de Fleury, de ceux même de M. de Calonne, en <i passant des contrats de rentes pour des sommes « considérables au delà de celles qui étaient fixées par < les édils, de déclarer nuls tous ces contrats comme t contenant une espèce de stellionat, de vous faire de « vives représentations, et de donner par ce moyen <( une atteinte assez forte au crédit du ministre des € finances pour qu'il n'ait plus aucune ressource. On « m'a encore dit que M. le baron de Breteuil fait faire « actuellement par des émissaires qu'il a à l'Hôtel de ff ville des relevés des contrats de rente passés au delà c des sommes portées par les édits d'emprunt pour les € remettre à M. d'Amecourt (un membre du Parlent ment). Je n'ai point voulu parler de cela à M. de a Calonne, ce serait aigrir inutilement Tanimosité qui ff règne entre lui et le baron de Breteuil, faire éclater « la division dans votre Conseil et vous donner de « l'embarras ; mais j'ai cru devoir vous avertir seul et « vous proposer un moyen simple de prévenir... une « démarche du Parlement, qui serait à la vérité dé- ^ placée, mais dont l'effet n'en serait pas moins pré- « judiciable à vos affaires, attendu que le public, « alarmé, ne serait pas pour les ministres et que cette
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a démarche serait colorée par une apparence de ju a tice... il serait juste de ne jamais excéder ce qui c a prescrit par les édits et de respecter toujours la i a publique... Il serait à désirer que Votre Majes a demandât dimanche prochain à M. de Galonné a l'on a excédé les sommes portées dans les édits d « emprunts de MM. Necker, de Fleury, de d'Orme a son, et des deux emprunts faits depuis qu'il est < a place et... de vous en remettre les états, et qi a Votre Majesté dise au baron de Breteuil qu elled « sire faire vérifier secrètement ces états... Le bar< a de Breteuil, flatté de cette confiance, empêcher (( selon toute apparence M. d'Amecourt et ses ém « saires d'agir, et cela vous donnerait le tem « d'éviter tout éclat ^ »
Ces avertissements étaient à peine formulés qu'i i4"ne°" journal prévenait le public que Galonné, désappoic emblée du mauvais accueil fait par les magistrats à la décl «cembre ratiou conccmant les trois vingtièmes, s était résc
àsoumettresesprojetsàM. de Vergennes comme cl du Gonseil des fmances et à M. de Miromesnil comi chef de la justice, dans l'espoir que leur approbali amènerait le pouvoir royal à exercer une pression s le Parlement : ce En attendant, continuait le nouvellisl comme il a grand besoin d'argent, il mange toujou par anticipation, il emprunte de différents corps et f bonne contenance. » Et il ajoutait quelques jours apn « Depuis quelque temps, on annonçait un compi
* L'empruol des rentes dites de Hollande devait produire un capital 26,785,715 livres; la recette validée le 22 février 178G s*était éleyè 115,032,102, Galonné avait donc perçu 93,246,227 livres de plis qu'il devait légalemeut recevoir. (Archivés na<t(maie#, P2743, année 1786
I annonce