‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 39 sur 245 · RÉUNION D'UNE ASSEMBLÉE DES NOTABLES · texte numérisé non relu

RÉUNION D'UNE ASSEMBLÉE DES NOTABLES

rendu au roi par M. de Galonné. . . ce bruit s'est dissipe, et Ton a parlé de projets secrets exposés au comité... et dont on désirait Tissue avec impatience. Elle est d'une nature à laquelle personne ne s'attendait... Il passe pour constant que le roi, hier, en sortant d'un grand conseil tenu à cet effet, a déclaré qu'il venait de prendre la résolution de convoquer une assemblée des Notables de son royaume. 2>

Le lendemain de la divulgation de cette grande nouvelle, le Journal de Paris publiait la notice suivante, attribuée à Galonné : a La résolution que le roi a prise de communiquer à une assemblée de Notables de son royaume les grandes vues dont Sa Majesté s'occupe pour le bien de son État et le soulagement de ses sujets, ne peut qu'être universellement applaudie. La nation verra avec transport que son souverain daigne s'approcher d'elle et s'unir de plus en plus avec elle. Rien n'est plus capable de porter jusqu'à l'enthousiasme les sentiments dont elle est déjà pénétrée... La dernière assemblée s'est tenue en 1626. On ne sait pas encore quels seront les objets qui seront traités dans celle qui doit s'ouvrir le 29 janvier prochain. Tout autorise à s'en promettre les meilleurs résultats ; jamais nouvelle n'excita un plus grand intérêt, et avec plus de raison... »

La surprise causée par cette détermination fut extrême; les magistrats consultèrent leurs registres pour connaître les traditions qui avaient été suivies autrefois dans des circonstances analogues, et parmi les bruits de toutes sortes qui circulèrent sur les projets des ministres, courut celui du dessein prêté à Vergennes et à Galonné, de restreindre l'autorité des

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Parlemenis. Une assemblée pareille, dirent les journaux en signalant la panique des esprits, € ne peut guère avoir lieu sous un monarque absolu et des ministres despotiques que dans une crise désastreuse à laquelle ils ne savent quel remède apporter. Ces terreurs des gens réfléchissants, ajoutaient-ils, sont surtout augmentées par ce qui se passe aujourd'hui, où Ton parle de ranimer Tesprit patriotique, et Ton flagelle trois ou quatre Parlements pour avoir défendu les faibles droits de la nation; où Ton exalte un nouveau régime de liberté. . .» Quelques mauvais plaisants traduisirent leurs inquiétudes et leurs doutes inj urieux en afflchant à la porte de Galonné un placard conçu en ces termes : < Vous êtes averti que M. le contrôleur général a levé une nouvelle troupe de comédiens, qui commenceront à jouer à Versailles, devant la cour, le 29 de ce mois. Ils donneront pour grande pièce les Fausses Confidences et pour petite le Consentement forcé. Elles seront suivies d'un ballet pantomime allégorique de la composition de M. de Galonné, intitulé le Tonneau des Danaïdes. j> Le soir même, la reine assistait à la représentation d'un opéra-comique et écoutait le colloque du roi Théodore avec son écuyer. Continent faire ? disait ce souverain en parlant du vide de sa bourse, quand une voix du parterre au milieu des rires de la salle et de la reine elle-même, lui cria : Il n*y a qu*à assembler les notables !

Résolu de contraindre les personnages réunis par ses soins, à adopter ses projets, sous la pression d'un mouvement populaire qu'il provoquerait. Galonné fit publier dans la Gazette de Leyde et répandre à profusion un appel à la nation

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