REPRESENTATIONS DE MIROMESNÏL AU ROI. U
c enfin dans toutes celles de nos provinces qui ont f des États; ces objets très importants, n'ont été K traités que très superficiellement dans nos conféfl reoces. . • Il serait donc nécessaire que le contrôleur ({ général mit sous vos yeux un plan général qui cona tint des vues détaillées sur tous ces objets. . . L'affaire c des dettes du clergé et des rentes foncières apparat tenantes aux établissements ecclésiastiques mérite « une grande attention... L'inféoda tion des terres de <i votre domaine me parait moins susceptible de difli- « culte. Cependant il sera bon que Votre Majesté con- « suite des jurisconsultes. . • Je ne désire pas que vous c vous en rapportiez à moi seul, car je suis homme « et je puis me tromper. Je crois le règlement pour a les corvées favorables au peuple, mais susceptible « de perfection. L'affaire de la suppression.des ga- « belles présente un objet très désirable... La rédac- « tion des différentes lois que vous allez être dans le
< cas de donner mérite grande attention; il faut « qu'elles soient claires, précises, faciles à entendre et
< à exécuter. Il est difficile, j'ose dire impossible, <E que trois personnes soient suffisantes pour y tra- « vailler... »
Besenval est donc dans le vrai quand, signalant la légèreté de Calonne, il montre ce ministre qui rédige des mémoires le jour où sont convoqués les Notables.
C'était donc avec des projets de réformes à peine réfléchis, exposés en conversations plutôt que discutés devant deux vieillards, Miromesnil, esprit sage, mais sans portée, et Yergennes , dont la malad ie ne pouvait qu'accroître tes incertitudes d'un homme timoré
i48 UVRC PREMIER.
et à peine susceptible en ce moment d'une application sérieuse, que le contrôleur général allait affronter la magistrature^le clergé et tous les grands seigneurs auxquels il se proposait de demander des sacrifices pécuniaires après leur avoir distribué les trésors de TÉtat.
Le procédé de Galonné qui consistait, ainsi que nous l'avons vu, à exercer au moyen du public une pression sur l'assemblée ne devait aboutir qu'à irriter les Notables. Un personnage aussi décrié auprès de la nation qu'auprès des Parlements ne pouvait espérer aucune popularité, et Madamede Staël caractérise avec justesse le peu de valeur des éloges prodigués au génie de Galonné et à ses grandes vues, par celte exclamation : c Quelle bizarre situation, que celle d'un ministre qui a dilapidé le trésor royal pour se faire des partisans, et qui se voit contraint à les indisposer en masse pour acquitter les dons qu'il leur a fait en détail ! n
Le Parlement de Paris, envisageant les Notables comme des rivaux de puissance, se préoccupa, dès que le jour de leur réunion fut proche, de l'attitude que devaient prendre ceux de ses membres qui faisaient partie de cette assemblée. Miromesnil avertit le roi qu'il était question de tracer au premier président et au procureur général une ligne de conduite et de leur confier une mission.
J'ai répondu au premier président, écrit-il à Louis XVI, a que si le Parlement faisait le moindre arrêté dans ce genre et s'avisait d'exiger que ceux de ses membres qui assisteront à l'assemblée lui rendissent compte de ce qui s'y passerait, et voulait leur prescrire un avis ou une mission quelle qu'elle fût, je ne manquerais pas de proposer à Votre Majesté de