‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 44 sur 245 · OUVERTURE DE L'ASSEMBLÉE DES NOTABLES · texte numérisé non relu

OUVERTURE DE L'ASSEMBLÉE DES NOTABLES

province.. . Les distinctions personnelles se joignent m différences locales.;, des ordres entiers et des ehsses particulières de citoyens se prétendent dispensés de contribuer aux charges de TÉtat... on ne parle pas de cette foule de tribunaux établis pour fiiire exécuter les lois... dont plusieurs n'ont été créées que pour exercer une vengeance contre des infortunés entraînés à la fraude par la misère. t> Le troisième mémoire consacré au remboursement des engagements du clergé s'attachait à poursuivre la liquidation des dettes qu'il avait contractées, au moyen de ventes d'immeubles, de droits de chasse, de droits de justice appartenant à ce corps. Le quatrième mémoire était relatif à la taille, le cinquième au commerce des grains, et le sixième aux corvées. A la suite de ces communications le comte de Provence prenant la parole, demanda en très bons termes la discrétion sur les débats qui allaient s'ouvrir dans les divers bureaux, et chaque prince convoqua les membres appelés à travailler sous sa présidence. Blessé de l'outrecuidance avec laquelle Galonné attribuait au roi la rédaction des projets dont il venait de donner lecture, l'archevêque de Narbonne, M. de Dillon, soutint avec vivacité devant ses eollègues que de pareilles assertions étaient une insulte è la nation et aux représentants des différents ordres de l'État, que le ministre semblait les considérer comme des moutons et des bêtes, rassemblés uniquement pour approuver une besogne toute digérée. Cette dernière accusation fut d'ailleurs presque confirmée par l'annonce de l'arrivée de l'im- ? rmeor du roi é Versailles, chargé, disait^on, de re-

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produire les plans du contrôleur général, en simplifiant ainsi la rédaction des prétendues résolutions des Notables.Suivantle bruit public, leducde La Rochefoucauld ^vait refusé de lire un mémoire concernant des projets d'utilité générale, sous prétexte qu'il ne devait être question que d'affaires de finance ; € cela confirme, ajoute un journal, ce dont on se doutait fort, que M. de Galonné n'a provoqué cette assemblée que pour se procurer de l'argent... tous ses projets sont arrêtés et les édits imprimés en conséquence; il ne s'agit que des moyens d'éxecution sur lesquels les conseillers peuvent bien former des difficultés, mais sont hors d'état, faute d'examen et de discussion préalable, de donner les ouvertures désirées. i> Des caricatures, des vers, exprimant les mêmes pensées, attiraient partout les regards, et l'on remarquait fort une gravure très répandue qui représentait un gros fermier assis devant une table à côté de son garçon de basse-cour en face d'une foule d'animaux, de coqs^ de moutons, de cochons, de dindons, au bas de l'image se lisait sous forme de note explicative l'allocution suivante du bourreau à ses futures victimes :

ce Le propriétaire aurait le droit de vous égorger sans mot dire, mais il veut bien vous donner à choisir de quelle manière vous préférez être mangés. »

Un vaisseau de la Compagnie des Indes appelé U Calonne, ayant sombré non loin de Lisbonne, il parut immédiatement un placard portant : a On apprend de Versailles que le navire l'Agioteur, commandé par le sémillant Galonné... a échoué au Gap de Bonne-Espérance... On est d'autant plus inquiet sur <^>vais^

LE DÉFICIT DES FINANCES. <6r»

seau, que le capitaine se fiant sur la hardiesse de ses manœuvres. •• n'avait pas fait beaucoup de provision, et que tout son équipage a grand appétit. » Les Notables une fois à l'œuvre admirent promp- caionne dooDe

■ , le chiffre

tement la nécessité d'assemblées provinciales, mais du déficit, le projet d'établir un imipôt territorial leur inspira de vives inquiétudessur la situation des finances. Décidés ^ à chercher réquilibre du budget dans une suppression de dépenses plutôt que dans une augmentation de recettes, ils demandèrent au roi communication des soixante-trois états cités par Galonné à l'appui des propositions financières ou administratives exposées dans son discours. Le ministre, au lieu de convoquer une assemblée générale des Notables, réunit six membres de chaque bureau, avec lesquels il discuta en leur montrant ces documents dont il refusa de se désaisir et affirma dans la chaleur de la conversation que le déficit n'était pas seulement de quatrevingt millions mais de cent douze *• Les députés consternés annoncèrent à leurs collègues que le mal dépassait toutes leurs prévisions, et le bruit de l'existence d'un déficit annuel remontant à une époque éloignée ne tarda pas à se répandre. A cette nouvelle,

* Axthiou Aalioiialei, K163. Lettre de Miromesnil au roi, du 5 avril 1787. AD < 1078. Remontrances que présentent au roi les gens tenant sa QniDbre des eomptes sur les comptables infidèles, 6 février 1787. Arrêt oHoanant la sappression de ces remontrances imprimées, 14 mars 1787. — Hémioirtt secret* pour servir à l'histoire de la républiqiie des lettres, tooie XXXIV, p 87 et suîv., 119 et soiv., 133 et suiv., 141 et suiv., 158, 1» a sulT.. 195, 1%, 198, 203, 204, 209, 220, 227, 234, 237, 238, 267, 301, 302, 361, XXXV, p. 13, 27. — Mémoires du baron de Bésenval, tome II, p. 207. — Mémoires du général de Lafayette, tome II, p. 108 et <atv., 194. -* Réimpression de Kancien Moniteur, Introdnetion historique, in 4. 1843, p. 181 et auiy, 195. ~ Correspondaïuê seoréte entre Me^rie^ Thérèse et le comte de Mercy, tome II, p. 155.

«»0 LIVRB PREMIER.

Necker indigné de la persistance avec laquelle son successeur contestait les chiffres de son Compte-rendu^ envoya au roi, le 6 mars, une copie de la protestalion qu'il avait faite dès le 29 janvier contre une semblable allégation dans la lettre où il disait à Galonné: tm ^ Je crois de mon devoir et de mon honneur,

joBM de vous répéter ce que M. le maréchal de Castries i^n«. vous a dit de ma part. C'est qu'ayant donné l'atten- 787. lion la plus scrupuleuse à la confection du compte que j*ai rendu au roi en 1781 , je le tiens pour parfaitement juste... Je crois donc, Monsieur, être en droit de vous demander de n'altérer d'aucune manière la confiance due à l'exactitude de ce compte ou d'éclaircir vos doutes en les communiquant. — Personne ne peut prévoir ce que je dirai dans l'Assemblée, répondit Galonné... J'ai assuré M. le maréchal de Castries que je n'avais nulle envie d'at* taquer le compte que vous avez rendu au roi en 1781 .. . Le roi ayant voulu prendre une connaissance approfondie de ses finances, j'ai dû, pour remplir ses intentions, lui rendre compte du déficit annuel, de ses causes, de son origine... J*en ai formé le tableau d'après les comptes effectifs de chaque année... Je n'ai pu dissimuler au roi qu'ils ne s'accordaient pas avec les états de situation qui lui avaient été remis à différentes époques par les ministres de ses finances... Sa Majesté a tout vu, tout examiné, tout comparé... elle s'est convaincue d'avoir acquis une connaissance certaine du déficit qui a toujours existé et de celui qui existe aujourd'hui. — Je dois me contenter des assurances que vous avez bien voulu me donner relativement à l'assemblée des Notables, ré-

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