‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 48 sur 245 · GALONNE BRAVE LES NOTABLES · texte numérisé non relu

GALONNE BRAVE LES NOTABLES

i leur probabilité dans toute son étendue ! Osez i dire que nous avons depuis trois ans de trop n indices de ce qu'il nous faut attendre du sys- Die de finances sous lequel nous vivons. . . Dites-lui le Tadoiinistrateur à qui tout principe de bonne iy de fidélité aux engagements, de respect pour . propriété est entièrement inconnu, ne doit pas mr la grande chaîne des opérations de commerce, des engagements publics et de toutes les proriétés ; dites-lui que dans les fonctions du gouverament l'habileté exclut l'improbité; que les hommes ohlics dont la morale est universellement odieuse oivent être repousses, quelqu'idée qu'on ait pu se )rmer d'ailleurs de leurs prétendus talents ; que le ien dire ne dispense pas du bien faire ; que la soûle^ de l'esprit» la facilité du travail, les grâces du tyle, les préambules éloquents, les beaux discours ont autant de pièces à conyiclion^ contre le ministre [oi expose avec art l^s bpnjs principes, 6l l^s élude v les insulte dans l'exécution, d L'opinion publique troublée et mécontente, ne loyant pas aux conseillers officieux qui tentaient le lui iqiprimer une direction, accueillit cette criiqoe passionnée plutôt à cause des déclamations iolentes qu'elle renfermait contre gertain^ personâges que pour les vérités utiles qu'elle mettait en unière. On s'étonnait d'entendre blâmer les procélés financiers de Necker, vanter Panchaud regardé ^éralement comme l'inçpirat^Hf (j^q Galjçmqes et l'esprit déccyacarté des lecteurs n^ pouvait se rendre Mipte des mobiles qui avaient inspiré unç pareille (tavre. La confiance publique ne s'attachait pas à

Trouble etdèluioa

àiê roplnion p«blk|iie.

lao LIVRE PREMIER.

récrivain dont la remarquable clairvoyance, en iocliquant le but que poursuivait la nation, rcmplaçaii l'ironie par Tinjure brutale, à la grande satisfaction de la foule. Les nouvellistes, tout en constatant que le pamphlet avait été prohibé, que la police saisissait les exemplaires mis en vente, étaient surpris de voir le nom de Mirabeau sur le livre et, malgré la viveattaqiH contre Galonné qui termine ce libelle, concluaieni que l'auteur pouvait fort bien avoir été payé par 1( ministre et n'être qu'un écrivain à gage *. loone Déterminé à vaincre à tout prix le mauvais vouloii

«biM, qui l'étreignait et une opposition dont il se plaignai amèrement au roi. Galonné, après avoir tenté d triompher du Parlement par les Notables, se résolutd dominer les Notables parla nation. Il fît imprimerie mémoires destinés en principe à leur seule assemblé et les répandit à profusion dans le public avec u préambule annonçant oc qu'il était temps de faii connaître au peuple le bien que Sa Majesté veut li

* Archives nationales, K 163. Copie de la correspondance de Ned avec Galonné» envoyée au roi avec sa lettre du 6 mars, en date des 29, janvier, 7, 28 février 17S7. Lettres de Necker au roi, 6 mars, 9 avril 171 Lettre de Miromesnil au roi, 14 mars MSI. -^Mémoires secrets potirt^ vir à i histoire de la république des lettres, tomes XXXI V, p. 231, V 237, 244, 256, 261, 262, 263 et suiv., 265, 267, 269, 280, 281, 283, 21 291,292, 320, 345 et s^v.; XXW, p. 40 et suiv. — Mémoires postkws de Uarmonlel, in-12, 1804, tome III, p. 327 et suiv. — Introduction Moniteur, p. 202 et suiv., 217 et suiv. — Bistoire secrète de la eowr Berlin, ou Correspondance d*un voyageur français depuis le mois de js lat 1786 jusqu*au 19 janvier 1787. ln-8, Alençon, 1789, tome I, p. v suiv., xij et suiv.; tome II, p. 348. — Mémoires de Mirabeau^ éct par lui-même^ son père, son oncle et son /iif, in- 8, Paris, 1834, tomet 1 Pi 148; IV, p. 327 et suiv., 339, 341 et suiv. — Dénonciation de l'ag tage au roi et à Vassemblée des notables, in-8, 1787, p. iij, vij, 36 suiv., 57, 59 et suiv., 65, 80, 83 et suiv., 87, 99, 101, 105, 120, l' 130, 131.

I GALONNE BRAVE LES NOTABLES. I8t

f ftire et de dissiper les inquiétudes qu'on à voulu lui I npirer. . . On a parlé d'augmentation d'impôts : il n'en ^ est pas question. C'est par la seule réformation des abus... que le roi veut augmenter ses revenus... La subvention territoriale n'est et ne doit être que le remplacement exact des deux vingtièmes... Il y a deux vérités constantes et qu'on ne saurait nier ; Tune qu'il est désirable pour tout le monde que l'équilibre entre les recettes et les dépenses de l'État soit promptement rétabli..., l'autre que pour parvenir à ce but, Sa Majesté n'emploie que des moyens fondés sur la justice distribu tive... qui tendent tous à l'allégement des eontribuables les moins aisés.. . On reconnaîtra que les projets adoptés par Sa Majesté sont sanctionnés depuis longtemps par le public. » Insistant sur le pouvoir des assemblées provinciales chargées d'arrêter les rôles des contributions et de répartir l'impôt sur tous les fonds de terre proportionnellement à leur valeur, y compris les domaines du clergé, Galonné dans Ténumération des bienfaits du roi citait l'abolition de la corvée^ des gabelles, des entraves qui gênaient la circulation sur les routes et les canaux, la liberté accordée pour le commerce des grains. <k au total, ajoutait-iU le résultat des moyens proposés doit être... qu'il y aura trente millions de soulagement pour le peuple sans y comprendre la suppression du troisième vingtième. Quelles difficultés peuvent entrer en balance avec de tels avantages?... On paiera plus !... sans doute, mais qui ? Ceux-là seulement qui ne payaient pas assez; ils paieront ce qu'ils doivent... ; des privilèges seront sacrifiés ! Oui, la «justice le veut... Vaudrait-il mieux surcharger

Itft UVRE PRBIIIBR.

a encore les non privilégiés^ le peuple? Il y aura d a grandes réclamations ?••• Peut-on faire le biei a général sans froisser quelques intérêts particu (( liers?... Déjà l'assemblée a fait éclater sa recon <c naissance sur les vues annoncées par Sa Majesté <i ce serait à tort que des doutes raisonnables, de a observations dictées par le zèle, des expression « d'une noble franchise, feraient naître Tidée d*on « opposition malévole. »

Le tirage à part de cet avertissement et son envc à tous les curés tant de Paris que de la campagn en décelant le but du ministre, inspira un défenseu des Notables, un patriote zélé, comme le caractéris un journal, qui c fit passer à TÀssemblée le brûk suivant 7> :

a II n'est pas inutile de ramener Tattèntion de Notables sur les procédés cauteleux de M. de Calonn comme sur ses projets inconstitutionnels. Insouciai dans son attitude, au début plein de dédain, c pe lui importait ce qu'on pourrait dire et faire... 1 première division a été discutée, combattue, rejetéi son ton n'a pas changé. . . au contraire. . . il a fait ins nuer et écrire dans le public, dans les provinces, qv tout était passé et arrangé... Les protestations d( Bureaux ayant été remises au roi, il a changé de mi nœuvreS) il a fait audacieusement imprimer et vendi i deux sous son discours du 12 mars... La deuxièm division a été également modifiée et rejetée; il ei venu, comme si de rien n*était^ proposer la troisième et le lendemain il a fait colporter avec profusion 1 collection de ses mémoires... H demeure évident qu cette marche suivie d'audace de M. de Galonné a pou

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