PROTESTATIONS DES NOTABLES
olyet d'afficher le mépris de rAssemblée et d'annoncer après sa dissolution l'envoi de tous ces édits aux Cours, en préparant, en excitant d'avance, autant que faire se peut, le peuple contre les conseils des No* tables et les difTicultés à venir des Cours. »
L'évocation de pareils souvenirs, rappelant aux protesiauo Notables les hunoiliations qu'ils avaient subies, excita comro caim tear indignation et il se passa ce qui arrive générale- '^ ment dans une réunion un peu nombreuse où les esprits et les cœurs s'épurent, les courages s'exaltent et les bassesses et lâchetés faiblissent. Les Bureaux protestèrent tour à tour contre les procédés de Caoiuie. Celui que présidait le duc d'Orléans se plaignît m roi d'avoir à défendre à la fois les intérêts publics ît la considération personnelle des Notables que l'on iccusait dans l'avertissement envoyé aux curés c de nettre les intérêts du peuple en opposition avec les ntérêts des deux premiers ordres de l'état. On se onde, alléguait-il dans sa réclamation, sur des bruits 'qiandus, sur des suppositions capables d'induire le )euple en erreur. . . , on assure que toutes les vues développées aux Notables étaient indiquées par le vœu lational..., qu'il n'est pas question de nouvel im )ot. . . , qu'il y aura des privilèges sacrifiés, que la jusjoe le veut... On fixe Tattention du peuple sur les lélibérations de l'Assemblée dans un moment où les Hireaux ont annoncé leurs opinions sur les mémoires. •• on y trouve de l'opposition aux moyens proposés dans plusieurs de ces mémoires, le peuple BD doit conclure que ses intérêts ont été sacrifiés à OMxdes deux premiers ordres. . . Le roi est supplié de se faire rendre compte dans son Conseil de tous les
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arrêts des difTérents bureaux et de les comparer avec les assertions de Tavertissement... Il n^est aucun sacrifice que les Bureaux n'aient offert pour diminuer le poids des impositions du peuple. » L'énumérafion des bienfaits sollicités par les Notables, qu'on s'était gardé de signaler aux populations, terminait cette sorte de réquisitoire contre le contrôleur général.
Miromesnil fut efTrayé au plus haut point de la lutte engagée et de l'état d'esprit de son collègue des finances faisant préparer, d'après les bruits répandus, trente- trou lettres de cachet pour éloigner autant de Notables qui le gênaient/. Qu'adviendrait-il avec un caractère violent aussi dénué de prévision que de prudence? N'était-il pas nécessaire d'avertir le roi. du danger que son gouvernement allait courir? Le garde des sceaux crut devoir confier à Louis XYI sa pensée tout entière sur les événements qui menaçaient d'éclater, litres c Je soumets à Votre Majesté, écrit-il, quelques
^^ <3c réflexions qui m'ont été inspirées par la lecture des Jj'^^jy « observations des Bureaux. Je n'y ai rien vu qui anrii 1981. ^ nonce un esprit de résistance à tout ce qui peut être c proposé... Les Bureaux unanimement paraissent dé- (c sirer l'établissement des assemblées provinciales... a Ils demandent que les rangs assignés de tout temps ce au clergé et à la noblesse soient conservés : ils font ce des observations sur les avantages et les inconvé- « nients des assemblées de paroisses et des districts. . . ce Je ne vois en cela que des points à examiner et
* Le générul La Fayette confirme ces projets de violence dans une lettre à Washiiigton où il dit que Galonné avait demandé au roi son emprison-' nement à la Butille. (Mémoires du général Lafayetle, tome U, p. 197.)