DERNIERS CONSEILS DE MIROMESNIL AU ROI
oui motif de vous indisposer contre les Notables. Pbur rimpQsition territoriale en nature, ils sont tousd*aceord... que tous les ordres de TÉtat, tous vos sujets de quelque qualité et condition qu'ils soient, doivent payer cette imposition à proportion de leurs propriétés... Ils font sentir les inconvénients de l'impôt en nature... Ils vous proposent de préférer les perceptions d'argent... Je ne vois rien encore dans tout cela qui puisse vous déplaire... ce sont des points à examiner... Ils craignent que le déficit de vos revenus ne soit pas assez certainement établi; cette observation ne doit pas déplaire à Votre Majesté, puisque la sincérité, lorsque vous leur faites la grâce de les consulter, est un acte d'obéissance qu'ils vous doivent, c A regard des dettes du clergé, ils commencent par renouveler leur premier aveu que les ecclésiastiques comme tous vos autres sujets doivent payer les charges publiques à proportion de leurs propriétés. . . Ils vous exposent qu'il serait onéreux pour votre Trésor de vous charger des rentes dues par le clergé.. • Je ne vois dans toutes ces observations que des points à examiner... A l'égard de la taille, du commerce des grains et de la corvée, je n'ai vu dans leurs observations que des hommages de reconnaissance... Je supplie Votre Majesté d'agréer toujours mes réflexions comme un hommage de mon respect et de mon zèle pour votre bonheur. Hélas, sire, ce serait une véritable douleur que l'on verserait dans votre âme si l'on parvenait à vous indisposer contre aucun des ordres de votre royaume. »
186 LIVRE PRE.MIF.R.
Ces avis si paternellement présentés par un vieillard, furent immédiatement suivis d'une nouvelle lettre au roi, qui précise d*une manière irréfragable la date du dernier avertissement donné à ce malheureux prince par un honnête homme. « J'ai trouvé « chez moi une lettre de M. Joly de Fleury... M. de d Fleury prétend qu'il doute fort qu'il y eût du déficit a lorsque vous lui avez confié l'administration des
< finances, ainsi qu'il vient de le marquer à H. de <i Calonne. Il prétend que les emprunts qu'il a faits (c n'ont pu occasionner de déficit, au moyen de l'aug- € mentation que le troisième vingtième et les divers (c sols pour livres ont procuré dans vos revenus. € J'avoue que cette circonstance m'a frappé, je crois € que M. de Calonne ne doit pas craindre la lu- € mière... Ne serait-il pas possible que Votre Ma- « jesté chargeât quelques membres de son Consei
< qui fussent expérimentés, et d'une probité exacte.
< avec les deux gardes du Trésor royal et les prin- (i cipaux premiers commis des finances, d'examinei « tous les états que M. le contrôleur général a mis ce sous vos yeux?... Je crains surtout, d'après mî « conversation.., avec M. de Calonne, qu'il ne veuilh « vous engager à congédier l'assemblée des No- « tables sans rien conclure et peut-être sans lu il donner le temps de vous présenter ses demièrei a observations. Je vois qu'il cherche à vous indis- « poser contre les évêques, contre les nobles, contn <i les magistrats, contre vos ministres. Il fait uni c( espèce d'appel au peuple qui peut avoir des suite « dangereuses. Enfin je prévois des suites qui m'alar a ment pour votre bonheur et pour la suite de votn