‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 51 sur 245 · GALONNE ET JOLY DE FLEURY · texte numérisé non relu

GALONNE ET JOLY DE FLEURY

€ règne. s> A cette lettre était jointe celle de Joly de Fleury. « Je ne devais pas m'atlendre, disait-

< il au garde des sceaux, à être provoqué par ce mi-

< nistre (Galonné), je croyais au contraire, qu'il t devait me savoir gré de ne ni*êlre pas plaint de

< la manière dont il s'est expliqué sur mon adminis- ( (ration, dans son discours qui m'a été adressé de ( sa part... bien assuré que Messieurs les notables « et le public rendaient justice à ma pureté, j'ai c éloigné de moi toutes les pensées qui pourraient

< troubler la paix et le bonheur dont je jouis. Comblé c des bontés du roi, je ne me suis pas permis de « contredire les assertions de son ministre, et c'est c à cette considération que j'ai sacrifié mon juste

< ressentiment. Forcé de lui répondre, je l'ai fait « dans les termes les plus mesurés. Je me suis c abstenu de toute récrimination; je n'ai tiré des « faits aucune conséquence. C'est à vous seul, Mont seigneur, que je confie cette correspondance. j> L'ancien ministre terminait par ces mots : <r Le 3 avril ,

< M. le contrôleur général a renvoyé à M. Joly de c Fleury des papiers qu'il lui avait confié d; et il donnait sous forme de post-scriptum les copies d'une lettre de M. de Calonne et de la réponse qu'il lui avait adressée en ces termes :

c On vous attribue, Monsieur, d'avoir affirmé, en correspoDd

< permettant même de vous citer, que quand vous joiy d^^< c fûtes chargé du département des finances, vous tJ^lri « vérifiâtes que les calculs du compte rendu de

« M. Necker étaient fort exacts et qu'ils prouvaient

< qu'il n'y avait pas de déficit quand il est sorti de

< place : -cette assertion étant entièrement contraire

<{ à ce que M. de Bourgade m'a dit et écrit dans « sens de Topinion que vous aviez, j'ai cru pouvc a dire que je ne croyais pas qu'elle fût réelle i a votre part; si j'ai eu tort, je vous prie de me a marquer. — Après la manière dont vous avez pai a de moi dans le discours qui m'a été adressé a votre part, répliqua Joly de Fleury..., je ne de? c( pas m'attendre à des questions... Je n'ai pas c <( devoir me plaindre ; mais puisque vous me pi (( voquez, je vous dirai franchement que je ne cr u pas qu'il y eût du déficit lorsque j'ai été chai (( des finances. Monsieur votre oncle a pu le croi: u mais il n'a persuade ni M. de Maurepas ni m( u au reste, il est encore très facile de vérifier <i c'est lui ou moi qui avons été dans l'erreur, « ce qui me concerne, loin d'avoir occasionné (( déficit par des emprunts qui n'ont pas été au u forts que vous le croyez, il est notoire que (c revenus du roi ont été augmentés considérablem< a par l'imposition des deux sols pour livre et ] a celle du troisième vingtième. »

L'irritation de Louis XVI fut extrême en app liant les divergences d'opinions de ses ministres reprocha, avec vivacité, au contrôleur général de ovoir laissé ignorer des faits aussi graves, et, d; l'explosion de sa colère, lui fit comprendre qu'il éi perdu sans retour. Voyant à ce moment' sa sûr compromise par suite de l'hostilité du garde i sceaux, Galonné abandonna subitement sa défei personnelle pour entraîner Miromesnil dans sa d grâce. Il l'accusa de faiblesse vis-à-vis des mag trats, le rendit responsable de ses embarras, des na

9 avril 1787.

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