I RENVOI DE GALONNE ET DE MIROMESNIL
J hreux pamphlets qui décriaient son administration, J ei exploitant les antipathies du roi contre les Parle- M ments, laissa entendre qu'il était nécessaire de h$ F contenir et que le seul homme capable de les mettre j la raison était le président Lamoignon. Le roi, étourdi de ces accusations et de ces récri- Benroi
.. # • • • . # de CaloDiie et
mmations réciproques^ qui caressaient ses repu- de Miromesn», gnances sans éclairer son esprit, résolut de donner satisfaction aux Notables par le renvoi de Galonné et de châtier le garde des sceaux à cause de ses sympathies pour la magistrature. Miromesnil surpris d'une décision que vint lui signifier le successeur de Vergennes, le comte de Montmorin, répondit immédiatement à son souverain. « J'obéis à l'ordre de Votre Majesté. Je viens de remettre à M. de Montmorin les sceaux et je supplie Votre Majesté d'agréer ma démission de la charge de chancelier de France que vous aviez réunie à celle de garde des sceaux, lorsque vous daignâtes m'en honorer. Je vous ai^ervi par attachement pour votre personne et sans autre intérêt que celui du bien de votre service. Le reste de ma vie sera employé à faire des vœux pour la prospérité de votre
I règne, s La même disgrâce atteignait le conseiller prudent et dévoué qui avait cherché à éclairer un prince infortuné dans une phase dangereuse de sa \ie, et le ministre sans scrupules qui soulevait par ses intrigues et ses mensonges l'indignation de tous les honnêtes gens. Ce fut une joie générale dans Paris, lorsqu'on apprit la chute de Galonné, et les nouvellistes rapportèrent qu'ayant reçu à dix heures du soir l'ordre de donner sa démission, il avait passé le reste (lelanùit à brûler des papiers à Versailles, puis
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lionne.
était accouru faire à Paris la même besogne pi crainte d*une apposition de scellés ^ mation . Quaud Ic roi donna mission au comte de Moni morin d'offrir le contrôle général au conseiller d'Éta Bouvard de Fourqueux» ancien procureur général ( la chambre des Comptes, ce ministre ne put s'emp* cher d'observer que le fardeau des finances lui sen blaitbien lourd pour cet honnête magistrat. « Maisq donc prendre, répondit Louis XVI? — Je répliqua assure Montmorin, qu'il m'était impossible de ne p être étonné de cette question, tandis qu'il existait i homme qui réunissait sur lui les vœux de tout public; que dans tous les temps, il était nécessaire ne pas contrarier l'opinion publique en choisissant i administrateur des finances ; mais que dans les ci constances critiques où il se trouvait, il ne suflga pas de ne pas la contrarier, et qu'il était indispeuâpl de la suivre. J'ajoutai que tant que M. Necker exisi rait, il était impossible qu'il y eut un autre mmisi des finances, parce que le public verra toujours in humeur et avec chagrin cette place occupée ptur
< Archives nationales, K 163. Lettre de Miromesnil aa roi» 4 avril il Lettre de Mirumesnil au roi sur radministration de Jfoly de Flei 5 avril 1787. Lettre de Joly de Fleury au garde des sceaux, en l« voyant copie d'une lettre reçue de M. de Calpnne et de «a réffi 5 avril 1787. Lettre de Miromesnil au roi, 9 avril 1787. — JT/mo secrets pour servir à l'histoire de la république des letiresj to XXXIV, p. 301 et suiv., 310 et suiv., 312, 314, 317, 324, 331, 337, : 348, 349; XXXV, p. 13. — CoUection des mémoires présentés à l semblée des Notables, i^ et 2* division, in-4. Versailles, 1781. C réimpressipo eut précédée d'un averliasement. — Mévuoifes secr$U if . geardf p. 156 et suiv. — Mémoires de Besenval, topie II, p. 213 et si 217 et suiv., 223, 225. — Annales Françaises, par Guy-Marie Sil an/ûên conseil^ afi Parlement de Paria, iiir8, 1813, p. €6 et sait. Corresponda$ice secréu, publiée par Lescure, toaie U, p. 131, 134.
DËIOmiATIONS DES ABUS AUX NOTABLES. «91
!re que lui. Le roi, continue Montmorin dans les les remises à Marmontel, convint des talents de Necker, mais il m'objecta les défauts de son catère ; et je reconnus facilement les impressions avait données contre lui M. de Maurepas, et que I. de Vergennes, de Galonné, de Miromesnil et de teuil avaient gravées plus profondément. Je ne conaais pas personnellement M. Necker; je n'avais I des doutes à opposer à ce que le roi me disait sa hauteur et de son esprit de domination. Il y a «iCpnce que si je l'eusse connu alors, j'eusse dé- 3 son rappel... Mais j'arrivais à peine dans le mi- ;ère, il n'y avait pas six semaines que j'y étais pé. »
jC contrôle général refusé avec persistance par de la Minière, administrateur des ponts et chaussa avait été accepté par Fourqueux avec une exne répugnance. Chacun comprit que ce personlene pouvait occuper ce poste que temporairement, st vieux et tellement rongé de la goutte, disaitron, il ne peut serrer la main droite ; ce c'est la plus nde qualité qu'il ait, y> ajoutaient les plaisants, de Fourqueux, remarquaient d'autres nouvellistes, plutôt un ministre pour rassemblée des Notables on contrôleur général destiné à rétablir l'ordre 18 les finances. On croit généralement qu'il sera lercié en même temps que les Notables, et que KKjue n'en est pas éloignée. Le bruit courut me, au dire d'un journal dont les informations it généralement justifiées par les documents offi- Is les plus incontestables, que la veille du jour Fourqueux devait venir lire la quatrième di-
BooTtrd
de Foorqaeui
nommé
coDtrAleor
général,
10 arril 1787
i92 LIVRE PREMIER.
vision du travail soumis aux Notables, le nouveau garde des sceaux, Lamoignon, et le nouveau contrôleur général proposèrent la dissolution de TÂssemblée, se contentant pour assurer l'adoption de leurs mesures d'un simple enregistrement dans un lit de justice. Mais Breteuil et Montmorin s'élevèrent, assura- t-on, contre le renvoi des Notables sans qu'il leur fût permis de formuler les avis qui leur avaient été demandés. Ils traitèrent d'indécent un pareil procédé et le roi ne voulant pas prendre sur lui de départager ses ministres manda H. de S^ur» qui fit décider la rédaction des projets qualifiés par Galonné de quatrième section, a II est à remarquer, ajoute le journaliste en annonçant cette nouvelle, que lorsque M. de Galonné fut disgracié, la quatrième section n'était point prête, que ce ministre ne travaillait qu'au jour le jour, ce qui met à découvert son impudence d'avoir osé dire la première fois que tous ses projets avaient été placés sous les yeux du roi. »
Les doléances s'accentuaient chaque jour davantage au sein des Notables qui ne cessaient pas de se réunir durant ces événements, M. de Nicolaï, président de la Ghambre des comptes^ dénonça avec chaleur en présence du comte d'Artois des ventes, des échanges, des achats de propriétés et des dons qui grevaient l'État de lourdes charges, et fut soutenu par le marquis de Lafayette et Tévêque de Langres^ La Luzerne. Quand on arrive à des inculpations aussi graves, il faut les signer, dit Louis XYI à son frère, mise en demeure qui frappa de mutisme M. de Nicolaï, et engagea Lafayette à assumer la responsabilité des