‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 54 sur 245 · IBRITATIO.N CROISSANTE DE LA NATION · texte numérisé non relu

IBRITATIO.N CROISSANTE DE LA NATION

\ exercer aucune influence sur l'avenir de TÉtat, n toujours trompée dans ses espérances avait la période du désespoir prédite par Voltaire et le de Turgot. Il était arrivé ce qui se produit monde physique^ quand un bloc de rocher glistement du haut d'une montagne accélère peu SI marche et fmit dans une course vertigineuse t briser et par tout détruire, a Peut-on, s'écriait lu, régénérer et même réformer ce pays-ci, aquer aussi véhémentement les personnes que ises*?». Remarque profondément juste de ie perspicace qui devinant les calculs d'un i timide et doux, dont la figure placide repro* \ZT la gravure contraste avec l'énergique lai- ^ son contradicteur, sentait battre à la fois dans

nationcUetf 0*243. Nomination de Bouvard de Fonrqueux au énéral, 10 avril 1787. Nomination de Loménie de Brienne comme nieil des Onances, 1*' mai 1787. Nomination de Laurent de Villene eontrdieur général, 3 mal 1787. P 2744 : Création de 6 millions riagèret, 14 mai 1787. — Mémoires teerêts pour servirai* histoire blique des lettres, tome XXXIV, p. 357 et sniv ; tome XXXV, p. 8, !■{▼., 40 et suiv., 45 et suiv, 53, 67, 80 et suiv., 84, 94 et sniv., It., 121; tome XXXVf, p. 9, 2H. — Correspondance secrète, ar Lescure, tome II, p. 107, 127, n% 132, 134, 135, 138, 142, 188. — Mémoires du baron de Besenval, tome I, p. 390 M et sulv.; tome II, p. 225 et suiv., 229 et soiv. — Mémoires NW, tome IV, p. 404; tome V, p. 195 et suiv. — Réimpression B Moniteur, Introduction, p. 222 et suiv. — Mémoires du gêné- ««#, tome II, p. 164, 166, 197. — Mémoires du comU Beugnct, 05. 314. — Ànnalu françaises, par Guy-Marie Sallier^ ancien •a Parlement de Paris, p. 69 et suiv. — Mémoires historiques fiicr du régne de Louis XVI, par Soolavie. Voir l'extrait dea •ccreU du cardinal de Brienne, que ee collectionneur de pièces es a mutilé plutôt qu*il ne s'en est servi d'une manière utile, p. 240, 245, 248. — Mémoires de l'abbé Morellet, in-S, 1821, ). 391 et Boiv. — Mémoires de Vabbé Georgel, tome II, p. 283 et fwMires posthumes de Marmontel, in-12, 1804, tome lU, p. 332 et et laiv.; tome IV, p. 1 et suiv. Portrait de Loménie de Brienne.

sa tête et dnns son cœur le dédain et la haine qui avaient saisi la France. A ce moment les indices d'une colère concentrée se manifestaient de toutes parts au sein d'une nation troublée, et les découragements et les inquiétudes révélées par les correspondances des plus humbles citoyens annonçaient l'approche d'une deccs explosions qui allaient faire surgir dans le monde une société nouvelle, à travers les destructions, les reconstructions et tout cet ensemble de crimes, de sublimes dévouements, de convoitises odieuses et d'abnégations surhumaines qui caractérisent les lutter religieuses comme les luttes politiques.

Nous nous sommes arrêtés un instant sur ce dernier ministre réellement choisi par Louis XVI, qui a été calomnié comme l'a été la France elle-même, parce qu'emporté dans un irrésistible ouragan, il aurait voulu en 1787 en atténuer la violence, ainsi qu'avait espéré le faire son ami et maître en 1776. Nous ne croyons pas à une invincible fatalité, mais nous pensons que dans la direction des sociétés il faut observer la marche des esprits, de même qu'on analyse les forces de tout genre qui se produisent dans la nature pour les utiliser ou se préserver de leurs atteintes. Nous pensons que pour obéir aux .lois d'une stricte justice, il est nécessaire, avant de rendre une nation responsable des actes qu'elle a commis è une époque déterminée, d'étudier les causes qui ont provoquésoit la reconnaissancedu peuple, soitson irritation. L'archevêque de Toulouse ne devait pas tarder à sentir l'exaltation pour ainsi dire morbide qui s'étant emparée des Français de toutes les conditions les rendait presque incapables de comprendre les ménagements,

LAFAYETTE DEMANDE LES ÉTATS GÉNÉRAUX. 2o:

les attermoiements et les sacrifices indispensables dans l'administration des affaires les plus simples et à plus forte raison dans la réforme d'abus invétérés.

Dès la première conférence qu'il eut avec les Notables, les membres du clergé lui reprochèrent de changer de principes par suite de son arrivée au pouvoir, et Tévêque de Nevers se montra tellement violent dans la défense des intérêts de son Ordre qu'il n'osa même pas donner copie de son discours i révêque d'Autun^ son intime ami.

Le Bureau de Monsieur en remerciant le roi immé- i^*pon«

^ ^ do Bura

diatement après la réception de sa lettre, insista pour pr^td. que le compte des Recettes et Dépenses fût publié an- à u leu nuellement et que la somme assignée à chaque dépar- du u mat temenl ministériel fût déterminée tous les ans dans le Conseil, sans qu'il fût possible de l'augmenter. <k Si Monseigneur de Toulouse, insinua un journal avec la brutalité du nouvelliste qui passe de la louange i l'injure en suivant les fluctuations de l'opinion publique, si Monseigneur de Toulouse ne dispose pas le roi à donner quelques satisfactions aux Notables et à exécuter les promesses qu'il a faites à la nation» il doit quitter une place dans laquelle il ne peut faire le bien qu'on attendait de lui ; autrement, il ne sera plus aux yeux des Français qu'un vil ambitieux^ sacrifiant l'intérêt public au désir de se maintenir dans un poste où il ne trouvera plus que le déshonneur à la place de la gloire, le mépris de la nation au lieu de ses éloges. Mais, dit-on, le roi serait en tutelle s'il acquiesçait à tout ce que l'Assemblée lui demande ! Eh pourquoi n'y serait-il pas? N'est-il pas mineur ? C'est en ce moment un fils de famille qui s'est égaré, et à qui

MTle

Ton donne des conseils et des règles de conduite poar f

qu'il ne tombe plus dans les mêmes fautes. Il faut i

rappeler quelquefois les chefs des nations à leur pre- >

mière institution, et leur apprendre qu'ils tiennent •

leur pouvoir de ces peuples qu'ils traitent trop sou- «

vent en esclaves. y> Dès le 14 mai, d'autres feuilles dé- ^

claraicnt que le chef du Conseil des finances était déji s

c plus détesté pour ainsi dire que M. de Galonné, parce a

que, outre les partisans de celui-ci intéressés â le dé- *

crier, il avait pour ennemis aussi, même les Notables i et les patriotes indignés de le voir prêcher la même doctrine que son prédécesseur, Impôt el êwmiêmn. » byette Lafaycttc dans son discours sur les finances, de-

le la manda c que le roi iixut les sommes nécessaires pour ^ ° l'entretien de sa maison, de celle de la reine et de la ^^^^' famille royale, pour les bâtiments, pour les dons pa^ ticuliers, enfin pour toutes les dépenses personnelles qui n'ont pas de rapport avec la chose publique. » Faisant remarquer qu'une triste expérience démontrait à Sa Majesté l'insuffisance de ses bonnes intentions pour établir un « bon ordre des afiTaires, » Lafayctte mettait en lumière les anxiétés de la nation qu'un nouvel ordre de choses viendrait seul calmer, et repoussant les responsabilités que pourraient encourir les Notables, s'ils acceptaient une augmentation des contributions, observait qu'c heureusement pour TAssemblée, ce n'était pas elle qui donnerait la sanction à de nouveaux impôts, ce droit imprescriptible de déterminer les charges publiques appartenant aux seuls représentants de la nation. » Les impôts ne prennent une consistance légale que par l'enregistrement des cours souveraines, ajoutait l'orateur qui

DLPNIhBË SÉANCE DES NOTABLES. 2^7

livrait par ces paroles le nouveau ministère à la merci des Parlements. Lafayette rappelant les travaux des Notables et prévoyant la salutaire influence qu'exerceraient les assemblées provinciales dans les questions administratives» était amené à prédire que la base du crédit public changerait, que la simplification introduite dans les perceptions délivrerait l'État des compagnies de finance dont les engagements arriveraient à terme dans cinq ans, et concluait en demandant que Sa Majesté fût suppliée de reprendre à cette date la direction de toutes les affaires et d'annoncer que les réformes accomplies seraient assurées à jamais par la convocation d'une Assemblée nationale. i> Quoiy nunmeurj s'écria le comte d'Artois, <c vous demandez la convocation des Étais Généraux, — oui, monsein jptfur, et même mieux que cela. — Vous voulez donc tp^f écrive et que je porte au rot, M. de Lafayette faisant la motion de convoquer les États Généraux — Oui^ Monseigneur, i> répliqua Lafayette au milieu du silence de tous ses collègues.

La veille du jour où l'Assemblée après avoir résumé toutes ses résolutions, se réunissait pour la dernière fois, Lafayette lui proposa de réclamer un état civil pour les protestants. <c J'appuie, s'écria révêque de Langres, la demande de M. de Lafayette par d'autres motifs que les siens ; il a parlé en philosophe, je parlerai en évêque ; et j'affirmerai que j'aime mieux des temples que des prêches, et des ministres que des prédicants. »

Les Notables furent congédiés avec l'apparat qui !>«„»» lé avait accompagné leurpremièreréunion,et LouisXVI, ^•"^**^', dans l'espoir que ses ministres pourraient invoquer

à l'appui de leurs projets les avis exprimés par cette assemblée, remercia l'assistance en ces termes : a Et vous appelant autour de moi, pour m'aider de vos cod* seils, je vous ai choisis capables de me dire la vérité, comme ma volonté était de l'entendre... Je vous a annoncé des abus qu'il était important de réformer vous me les avez dévoilés sans déguisement. Yotti m'avez en même temps indiqué les remèdes que von avez jugé les plus capables pour y remédier. Aucui ne me coûtera pour établir l'ordre et le maintenir; i fallait, pour y parvenir, mettre de niveau la Recett et la Dépense. C'est ce que vous avez préparé e constatant vous même le déficit... en reconnaissai la nécessité des impositions... » Lamoignon succc dant au roi ajouta dans le même ordre d'idées oc Les travaux que vous terminez seront une époqu mémorable du règne de Sa Majesté... Les auguste prédécesseurs de Sa Majesté avaient fréquemmei appelé autour du trône les représentants ou l'élil de leur empire... On avait vu trop souvent avec don leur dans ces conseils nationaux les précieux me ments consacrés à de si importantes délibérations £ perdre en vnines disputes ou en projets chimériques.. Une triste expérienpe semblait avoir condamné d orageuses assemblées... Le roi a observé dans sa ss gesse les changements qu'ont amené parmi nous I progrès des lumières. Sa Majesté vous a choisi sur 1 foi de la renommée qui ne trompe jamais les rois. Vous avez dignement répondu à ses espérances, d L'archevêque de Toulouse faisant passer sous U yeux de l'Assemblée le résultat de ses délibératiom rappelait que Hemi IVet Louis XIII avaient été force

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