‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 56 sur 245 · LETTRE DE LAFAYETTE A WASHINGTON · texte numérisé non relu

LETTRE DE LAFAYETTE A WASHINGTON

'ait rechercher encore,, tous les relranchemenls 2t sa maison est susceptible ; déjà les princes res du roi, se proposent de remettre au Trésor rai une partie des sommes qu'ils en reçoivent. . . ; emprunts et ces bonifications réduiront le dét à cinquante millions.., ces cinquante millions pourront être sans doute comblés sans de nouiqx impôts.. • le roi... se décidera pour l'imûtion la moins onéreuse, pour celle qui établira )lus régalité désirable entre les contribuables.. . fit, dans son cœur, d'en adoucir le poids et d'en ^er la durée. Cette intention de Sa Majesté clairement exprimée par les précautions qu'elle xmoncées aux Bureaux, et qu'elle se propose prendre pour qjue le déficit actuel ne se reiduise jamais... Sa Majesté se propose dç faire )lier dès la fin de cette année... un état exact de QLecette et de la Dépense... cet état de Recette leDépense sera discuté et arrêté dans un Conseil kiance. » La pensée d'opposer aux critiques hoses Parlements l'opinion de personnages impordont l'archevêque de Toulouse n'aurait pas â le joug en raison de leur dispersion dans les proi^ apparaît avec clarté dans ses résolutions. SuiliVoie que Calonne s'était tracée en s'inspirant de i|| ce prélat s'empressa de compléter les ordres t prédécesseur q,ui avait convoqué en sessions ardinaires les États de Bourgogne, de Languedoc, X, de Navarre, de Béarn, de Bigorre, deNébou- Q Bretagne > par l'institution d'Assemblées proies partout ou n'existaient point d'Étals, en Pi- ^ en Touraine, en Auvergne, en Poitou et en

Opinion de Ltfayette

Bur les

conséquences

de l'assemblée

des Notables.

212 LIVRB PREMIER.

Soissonnais. L'archevêque comptait en dispersaDt les discussions financières dans les provinces, maintenir plus facilement l'influence du gouvernement et faire mieux apprécier les sacrifices auxquels il s'était résigné, mais tous ces calculs devaient être déjoués par un surcroît d'hostilité dans les esprits. Lafayette, qui avait jeté un cri d'espérance au moment de la convocation des Notables, ne tardait pas à constater que leur présence n'avait fait que « mettre le feu aux matières combustibles, d

Le roi a été obligé de reculer, écrivait-il à Washington, a sans cependant que la masse du <c peuple soit satisfaite, le mécontentement est même a si grand que la reine n'ose plus venir à Paris de a peur d'y être mal reçue... Le roi est tout puissant a en France ; il a tous les moyens de contraindre, de « punir, de corrompre. Les ministres sont portés (c par inclination et se croiraient obligés par devoir <r à conserver le despotisme. La cour est remplie a d'essaims de vils et efléminés courtisans; les es- <c prits sont énervés par l'influence des femmes et a l'amour du plaisir; les classes inférieures sont a plongées dans l'ignorance . D'un autre côté le génie <c français est vif, entreprenant et enclin à mépriser ce ceux qui gouvernent. Les esprits commencent à <c s'éclairer par les ouvrages des philosophes et a l'exemple d'autres nations. Les Français sont ce aisément excités par un noble sentiment d'honc( neur, et s'ils sont esclaves ils n'aiment pas en (c convenir. Les habitants des provinces reculées a sont dégoûtés par le despotisme et les dépenses (C de la cour, de sorte qu'il y a un étrange contraste

Page 1