‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 58 sur 245 · LES PAYSANS EN FRANCE. ÎI · texte numérisé non relu

LES PAYSANS EN FRANCE. ÎI

; qu'il y avait des affaires de très grande impor- ; lance entre Sa Majesté et la surintendante. Peu de temps après on apprit que M""" de Lamballe était partie pour l'Angleterre... l'opinion la plus générale de la cour est que la princesse va négocier auprès de M. de Galonné, afin de l'empêcher de rendre publics dans son mémoire des articles faits pour rester dans le secret comme des secours d'argent envoyés à l'empereur par son auguste sœur, etc. d Puis peu de temps après le même journaliste reprend en parlant de Galonné: c Beaucoup de gens imaginaient que ce déprédateur des finances ne peut avoir mangé trois milliards à lui seul ; outre la facilité qu'il a eue de se prêter aux diverses acquisitions que Sa Majesté a voulu faire, de l'exciter même... ils veulent que cette princesse ait fait aider l'empereur et sa famille des fonds de la France... on prétend qu'il en est question dans le mémoire justificatif de M. de Galonné, et qu'on y voit d'étranges choses à cet égard*. • »

Si ces accusations étaient accueillies avec indignation par les bourgeois des villes, quel retentissement la vague rumeur d'une destination perverse donnée aux extorsions qu'ils subissaient ne devait-elle pas avoir au milieu de paysans occupés depuis des siècles à rêver leur affranchissement ?

Qu'on se représente la quantité de petits propriétaires qui en 1789 avaient conquis le tiers de la surface du territoire sur lequel ils asseyaient leurs misères. Que l'on pense à ces hommes cultivant avec acharnement des champs trop petits pour les faire vivre, portant sur leur dos des paniers de terre au sommet des montagnes du Languedoc pour y créer un

Bol sur des rochers. Que rimagination meMe en {ffësence de ces domaines qui aigoisaientla passion de h terre sans ta satisfaire, les propriétés seignenitMesou abbatiales qui n'étaient jamais à vendre et ressonblaierit souvent à de vastes déserts incultes, il eM impossible de ne pas comprendre que les détentetn de ces territoires représentaient deux intérêts diflérents et hostiles, deux passions prêtes à s'enflaomer. Us connaissaient bien ces petits cultivateursirongine première -de leur droit ée propriété, mais qMNe était celle de ces possessemrs de grandes terres qui n'entraient en circulation qtie sous la forme de tenures féodales, c'est-à-4ire grevées d*un i^eiis eu rente pour le seigneur, d^une dtme en fniHs, en grain, sous le nom de champart, pom* le «eigfieiii et d'autres droits onéneux toujours sâpulés en fiiveur du seigneur? Sans se rendre un compte pa^ faitementîiet des causes de pareilles redevances, fa paysans ies incarnaient dans la personne du seigtieur et quand Arthur Young, le célèbre agriculteur an glais^ demande lors de son voyage en France pcM quoi dans la flaute^Savoie les petits propriétaires dé montagnes se trouvent dans l'aisance , H Ini est i^ pondu : c Ils n'ont pas de seigneurs, x> et lorëq'M s'étonne de rencontrer la misère chez les cultivateur! de pays plus favorisés par le climat, il lui est dit a Parce qu'il y a partout des seigneurs, » et Younf s'écrie: «Quelle malédiction, que les nobles, auliei d'être les bienfaiteurs de leui*s pauvres voiâns, n^ei soient que les tyrans par leurs abominables drofti féodaux. j> 11 pousse sans s'en douter le cri de guem d'un peuple à bout de souffrances qui découvrai

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