LES ÉVÉNEMENTS DE FRANCE JUGÉS PAR LES ANGLAIS
ment à la personne du roi et par leur confiance en sa justice. »
La haine patriotique soulevée par \w événements d'Amérique, T^périence des volontés populaires éclairaient d'une manière autrement précise les hommes d'État de l'Angleterre sur la eonilagration qui pouvait se produire chez leurs voisins, a ie lis avec empressement, écrivait à Eden lord Lopghborough, les nouvelles de France dans la Goutte de Uifde^ et suis charmé de voir que les tempêtas que cette nation a déchaînées dans d'autres pays» s'élèvent au milieu d'elle et dans son propre sein. Le Parlement est dans son droit ; les principes qu'il affirme sont ceux que l'histoire attribue à la monarchie française, quoique l'usage de plusieurs règnes semble les contredire. L'aveu direct que dans la Constitution française, aucune taxe ne peut être imposée i^ans le consentement des États, ne se trouverait pas, je le pense, dans un acte public des deux derniers siècles. 11 ne sera pas facile d'effacer une pareille déclaration, et je ne crois pas comme les courtisans, qu'un feu alimenté par de semblables naatériaux, soit un feu de paille qu'un changement de ministère puisse étouffer. 9 Eden, tout en n'adinettafit pa3 un cataclysme prochain, tout en partageant les illusions optimistes de la société où il vivait, était de l'avis de son correspondant, ce La flamme étouffée, répondait-il, reparaîtra plus sérieuse. Il va dans ce pays une disposition marqué^ de changer sa Constitution, de créer une association nationale sur des principes populaires , de restreindre plusieurs des grandes prérogatives de la couronne et de sép^-
rer la dette publique de la liste civile. L'extrême embarras du Trésor royal justifie des spéculations qui, dans un autre temps, auraient paru chimériques. Les pamphlets distribués cette année par les colporteurs rempliraient des wagons; je vous en choisis quelques-uns et vous expédie dans cette lettre une curieuse impertinence. Vous jugeriez à peine croyable que le premier prince du sang (Monsieur) Ta envoyée au roi, c'est cependant vrai. »
Après un arrêt du Conseil du 2 septembre, annulant les décisions prises à Troyes par les magistrats parisiens, Loménie résolut de faire une tentative pour amener une réconciliation entre le ministère et les Parlements ' . Les prévisions de Vergennes au sujet des troubles que pouvaient déchaîner en Europe les malsaines ambitions de la maison d'Autriche poussaient Brienne à mettre tout en œuvre pour obtenir un certain répit, un moment de calme dans les esprits, ne fût-ce qu'un calme temporaire.
La France , décidée à protéger un ancien allié , ne pouvait rester indifférente au partage de l'empire otto-
* Archives nationales P2744. Ordonnance portant création des As* semblées proTÎnciales , 17 août 1787. R163. Lettre de Montmorin ai roi, 27 août 1787. Lettre de Gastries au roi, 31 octobre 1784. OU80. Le ministre de la maison du roi au comte de Montmorin et i de Bertrand, 14 novembre 1784. — Mémoires secrets pour sertir à VMsIoiTt de la république des lettres, tome XXXV, p. 375 et soiy., 381 et saiv., 384. 388, 389, 390 et suiv., 396, 399, 411, 413, 417, 428, 431, 432. 434, 439; XXXVI, p. 5. 14, 17, 20, 37 et suiv., 42, 49 et suiv., 54, 57 et suiv., 116, 275. — Mémoires du baron de Besenval^ tome II, p. 263, 268, 270. — RectAeil général des ancienr^es lois françaises, par Isambert, tome XXVIIf, p. 364 et suiv., 394, 429 et suiv. — Correspondance seeritê^ par Lescure, tome II, p. 144, 176, 180, 182. — Anmales françaùes, par Guy Sallicr, p. 97 et soiv. — JoumaX oiid corres' pondance of William lord Aukland, in-8. London, 1861 ; tome I, p. 440,