LA FRANCE ACHÈTE LA PAIX
ait ses craintes à Louis XVI et, dans Tindignaon à peine contenue que lui inspirait l'attitude du 'ère de sa souveraine, allait jusqu'à dire : <r II y irait de grandes réflexions à faire sur toute la )Dduite de l'Empereur, sur son peu d'égards pour i médiation de Votre Majesté, et, je ne crains pas 'ajouter, sur son défaut de ménagement pour la msidération qu'il lui doit. Abandonner l'Empemr à lui-même, ce serait peut-être le laisser se ter dans un précipice^ car, la guerre commencée, li peut en prévoir l'issue et le terme... Le temps "6886, il n'y en a point à perdre pour conjurer H mal aussi imminent. Il n*est pas un honnête omme qui ne doive frémir lorsqu'il voit le sort de humanité livré à la légèreté du prince de Ligne... i nous n'avions à attendre des facilités que de la krar de Vienne pour l'arrangement de Taflaire... je raindrais fort que nous manquassions le but. d Snfin le 20 septembre 1785 la paix fut conclue. /Empereur reçut dix millions de florins*, dont [uatre millions et demi payés par la France, c*e8t son wrboire, dit à ce sujet Frédéric, qui trouvait peu ondées les réclamations de Joseph II ^. Louis XVI en
* Le florÎD k 5f,tU ferait actuellement une lomme de 51 millions.
* Archives nationales, R 161. Lettre de Louis XVI à l*Empereur stpie). K 163. Copie d'une lettre du prince de Soubise au rui sur Mange des Pays-Bas autrichiens contre le duché de Bavière, 2 janiir 17à5. Lettre du maréchal de Castries au roi et mémoire sur un généill rooroir aux Hollandais, 21 janvier 1785. K164. Lettres de Vergennes I vii, des 12, 15 et 30 novembre 1784, des 5 janvier, 13 et 16 seplabre 1785. Lettre de Vergennes, du 21 février 1785, annonçant au rui s remise de deux mémoires sur Timportance de Maestricbt pour la déteae de la Hollande. ^Histoire générale et raisonnée de la dif.lomatie Nifetse, par Flassan. ln-8, 1809, tome Yl, p. 356 et suiv., 361 et suiv., ^. — Marie-AntoinetU, Joseph II and Leopold IL Id-8, 1866, p. 30
NoaTelle bamilittino
infligée aux Français
par les èréneinenU
tunrenuB en Hollande.
s*imposant un sacrifice pour maintenir la paix en Europe pouvait avoir raison au point de vue économique et si l'on veut même humanitaire, mais cet acte, trop semblable à celui des empereurs de Byzance qui payaient les barbares pour empêcher l'envahissement du monde romain, devait blesser une nation fière de victoires remportées en Amérique sur ses rivaux séculaires.
L'année n'était pas écoulée que l'impuissance où se trouvait la France de défendre ses alliés se révélait de nouveau à propos de la Hollande, livrée cette fois aux exigences hautaines de la Prusse. Divisées en deux partis, celui des citoyens désireux de conserver leurs libérales institutions et celui du stathouder, beau-frère du roi de Prusse, qui tenait à affermir son pouvoir, les Provinces-Unies comptaient les républicains parmi les défenseurs d'une union avec le cabinet de Versailles, contrairement aux vues du prince d'Orange qui cherchait à rapprocher la Hollande de TAngleterre. Les aristocrates bataves, perdant tout espoir de se substituer au gouvernement du stathouder et de devenir ainsi les maîtres de leur pays^ se liguèrent avec le prince d'Orange
et suit. Joseph à Marie-AntoineUe , 9 septembre 1783, p. 30. Marie- Antoinette à Joseph, 29 septembre 1783, p. 35 et suit.; 22 septembre 1784, p. 38. Joseph h Marie-Antoinette, 29 octobre 1784, p. 43. Joseph à Marie Antoinette, 19 novembre 1784, p. 47. Marie-Antoinette à Joseph, 26 novembre 1784, p. 50. Joseph à Louis XVI, 17 décembre 1784, p. 57.— Polttique de tout Us eahinett de V Europe pendant les régnes de Louis If et de Louis XVI, in-8, 1793, tome H, p. 445 et suit., 456 et loiv. Observations de M. de Vergennes au roi sur le coup de canon tiré lur TES' caut (14 novembre 1784). Doutes sur la liberté de V Escaut réclamée par l'Empereur, par le comte de Mirabeau, in-8. Londres, 1784, p. i, 1,2, 3, 4, 6, 13, 16, 17, 22, 25, 27. — Annales politiques, dviUs et litUraires de Ungaet. In-S, 1784, tome XI, p. 443 et suiv.