CRITIQUE DU GOUVERNEMENT ANGLAIS
c*est ]a liberté de la presse qui est le palladium de toutes les libertés; c'est elle qui peut rapidement nmcner les Etats naissants à une maturité précoce et durable ; c'est à elle qu'appartient le rajeunissement des empires usés par la décrépitude* d
Cet homme froissé à ses débuts dans la vie par des mnbma dissensions de famille, cet homme passant succès* ^d'u^^ sivement d'une prison dans le salon des grands, du sa- ""cJIÎditlt Ion des grands dans un intérieur misérable et pauvre, ut g^^wnel cet homme forcé de se lier, par suite de la terrible loi ^^ J^J^, de la nécessité, avec des gens que ses préjugés aristo- ^^ moMTtï cratiques l'entraînaient à dédaigner, cet homme qui travaillait et pensait pour suffire aux besoins maté* riels de son existence, cet homme qui avait tout vu, éprouvé toutes les sensations, cet homme qui avait ramené à lui par la puissance de son orgueilleuse intelligence l'estime publique, perdue à la suite des déborde* ments d'une orageuse jeunesse, cet homme devinant, oomme dans une sorte de vision, que l'enfance de l'humanité allait finir et qu'il était temps de se débarrasser de mythes gouvernementaux créant héréditairement dans une famille des divinités semblables à celles des temps fabuleux, écrivait dans une des pièces justifica* tives de son adresse aux Bataves sur le stathouderat : cMontesquieu frappé des avantages du gouvernement anglais comparé avec les autres gouvernements, plein d'admiration pour l'esprit public qui régnait dans cette île célèbre... se trouva naturellement porté i ériger en perfection ce conflit de pouvoirs dont il eût, mieux qu'un autre, aperçu les défauts quelques lustres plus tard... Il faut gémir sur le malheureux sort de l'espèce humaine, quand on ré-
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fléchit que des philosophes ont cru voir, dans la constitution anglaise, le plus parfait modèle de la liberté civile et politique... Non non, les hommes n'ont point encore résolu ce problème »^ puis Mirabeau imprimait en lettres capitales pour faire ressortir le fond même de sa pensée : <k N'est-il pas possible de constituer un pays de façon, que toutes les afl'aires se fassent sur les lieux où elles naissent, et que la justice et l'intérêt commun soient respectés partout, sans qu'il faille, pour éviter de se battre, se soumettre au commandement d'un imbécile, que son rang et son éducation rendraient tel, quand la nature l'aurait fait pour être autrement? » Le genre humain, terminait-il, a fait cete grande question aux États-Unis d'Amérique, et si par hasard ils répondaient mal, il faudrait le demander encore à la raison* ». Suivant le même ordre d'idées dans une correspondance avec un de ses amis, il mêlait à la critique mitigée du gouvernement le plus admiré en Europe et aux espérances que pouvait faire concevoir la fondation d'une république dans le Nouveau Monde, une malédiction contre les grands États centralisés en lançant ces traits virulents à l'adresse de l'Allemagne :« Quelqu'indigné que soit le philosophe dans ce pays de servitude et de vanité, où quelques hommes sont tout, et les autres des
* Archives nationales^ K 164. Lettres de Vergennes tu roi, 10 et 26 septembre 1786. — Aux Bataves sur k Stathoudérat, par le comte de Mirabeau. In-8, 1788. tome I, p. 1, 2, 21, 23, 25, 26, 30, 32. 42, 46. 53, 62, 87, 88, 97, 99, 100. 103, 112, 1 15, 117 et suiv.; tome II. p. 164, 175, 176. — Histoire générale de la diplomatie française, par Fiassan, tome VF. p 408 et suiv. — Mémoires tirés des papiers d'un homme d'État sur les causes secrètes qui orU déterminé la politique des cabinets dans la guerre de la Révolution, la-8, Parii, 1828, tome I, p. 1, p. 78. Lettre Je Joseph U à Frédéric-Goillaume. iaotier 1788.