LES ALLEMANDS ET LES FRANÇAIS
bétesde somme et des dogues élevés au combat; où la féodalité dépourvue de sa dignité, n'a presque plus que des ridicules et des vices... il est presque obligé de former des vœux pour la stabilité de ce système si compliqué, si incohérent, si contradictoire, si souvent inintelligible et absurde ; et pourquoi? parce qu'en r&ultat la nature des choses est la plus puissante; parce qu'elle veut que cette foule de petits domaines soient moins négligés^ moins arbitrairement pressurés, que s'ils devenaient les portions d'un grand empire soumis au despotisme d'un seul ; livrés par conséquent à la tyrannie oligarchique d'un petit nombre de visirs, dont les vues passagères et l'avidité circonscrite dans un court espace de temps, s'exerceraient plus inégalement^ plus oppressivement, plus impitoyablement sur les malheureuses victimes qui n'auraient avec eux presque aucun intérêt commun... rÂllemagne ne doit être ni à un ni à deux. y>
Remarquant l'espèce de commotion électrique qui parcourait les âmes en Europe, l'illustre écrivain savait discerner^ avec le tact que développe une affection noble et désintéressée pour ses semblables, l'atteinte plus ou moins forte que ressentaient les peuples divers du vieux monde, c Je vois que les têtes fermenient en Allemagne, mandait-il au major Mauvillon, et esaisbienquesirétincelle frappe lesmatièrescombusiibleSy ce sera du feu de charbon de terre, et non du feu le paille comme ailleurs; mais quoique plus avancés tu instruction, peut-être, vous n'êtes pas aussi mûrs lue nous..., vousne l'êtes pas, parce que les émotions ayant chez vous leur racine dans la tête, et les têtes y étant immémorialement pétries à l'esclavage, l'ex-
Lot AUemai et les Frtnç Mirabeaa ftigfuUe
U maladie mêtirtriér de Tonloii
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à70 LIVRE DBUXfÉME.
plosion se fera beaucoup plus tard que chez une nation où tout est dractiatique et instantané, et où le même quart d'heure peut offrir Théroïsme de la Kberté et l'idolâtrie de la servitude. y> Je n'ai a tâché <c que de traiter des sujets sur lesquels il est nécesa. saire à l'humanité que l'opinion publique soit fixéCi a lit-on dans l'œuvre considérable écrite en coUabo- <c ration avec ce même Mauvillon, je n'ai montré « dans leur discussion ni faiblesse ni préjugé. J'ai d oublié que le hasard m'avait fait noble, que les oc circonstances m'avaient fait pauvre, qu'une longue oc suite de malheurs semblait me faire dépendant. J'ai a secoué ces fers. Je me suis imposé la loi de ne dé- <( pendre que de la raison et de la justice. •• Cet oucc vrage contient beaucoup plus de détails que les oc observateurs français n'ont coutume d'en amasce ser... mais les détails étaient absolument nécesd saires à mon objet... La nécessité d'étudier les oc divers pays de l'Europe sous tous les rapports, et ce la possibilité de parvenir à une profonde connaisor sance de leurs affaires, m'a toujours paru dériver <r d'un des plus grands maux qui affligent l'humaoc nité... Si l'ambition et l'avidité de tous les gouverce nements les obligent seuls à s'informer de leurs oc forces respectives, le motif qui les engage... a ce s'efforcer de connaître jusque dans les détails les cr plus minutieux ce qui concerne leurs propres doce maines, n'est ni plus raisonnable ni d'une autre ce nature. .., leur activité inquisitive est un grand mal a qui tient à cette autre maladie meurtrière de vou- <c loir trop gouverner. Quand les modérateurs des oc empires seront dans les bons principes, ils n'auront
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que deux affaires : celle de mainlenir la paix exlé^ rieure par un bon syslèn^e de défense et celle de conserver Tordre intérieur par une administration exacte, impartiale, inflexible de la justice. Tout le reste sera laissé à l'industrie particulière, dont Tirrésistible influence opérant une plus grande somme de puissances pour chaque citoyen, produirait mfaiHiblqmcnt une masse plus considérable de bonb<sur public. Nul souverain, nul ministre, nol conseil ne peut connaître les affaires d'un million d'hommes seulement, et chaque individu sait en général très bien les siennes propres... Comment prouver cette grande vérité... comment réfuter lessophismes... redresser les observations incomplètes. •• si ce n'est par un examen très exact... des faits dont les arithméticiens politiques tirent des conclusions si diverses. •• il était absolument nécessaire de multiplier les recherches sur une monarchie (prussienne) qui, plus qu'aucune autre, a été soumise à un gouvernement très absolu et incessamment occupé de tout surveiller, de tout réglementer, de tout prescrire, de tout ordonner. Je ne regretterai aucuns détails, si leur ensemble parvient à convaincre les lecteurs de bonne foi du néant des objections avec lesquelles on essaie d'éloigner la pratique des saines maximes de l'économie politique. »
Mirabeau arrivait à Paris vers la fin de septembre, I mois après que Brienne , devenu premier minise, acceptait le pesant fardeau d'un gouvernement DDt l'impuissance effaçait l'éphémère popularité auMpiise par la guerre d'Amérique et mettait le pou-
lattres
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voir en présence d'un pays blessé â la fois dans ses intérêts matériels et dans son honneur.
Il était advenu du traité de commerce ce qui se produit toujoursquanddesdispositionsde ce genre ne sont traité pag précédées d'une sorte de tournoi entre les consomiVM mateurs et les producteurs, quand la tempête qui va p «terre, f^^^^^ g^p ^^g fortuncs particulières laborieusement
acquises et utilement élevées dans IMntérêt général d'un pays n'est pas annoncée assez à l'avance pour permettre la liquidation des entreprises commerciales destinées à disparaître et pour empêcher la création de celles qui ne pourraient pas vivre. La disette des soies avait en cette année 1787 amené la détresse dans les manufactures les plus prospères de la France, dans celles de Nimes et de Lyon. Des souscriptions s'ouvrirent à Paris pour le soulagement de ces misères, et, par une singulière inconséquence, le gouvernement traitant dans le même moment les ouvriers privés de travail comme un cheptel de ferme, les empêchait d'aller chercher â l'étranger des moyens d'existence. Effrayée de la concurrence anglaise qui pouvait, d'un jour à l'autre, détruire ses industries d'acier, la ville de Tours fondait à la hâte des prix destinés à développer l'habileté des gens du pays, mesures tardives et impuissantes, étouffées au milieu de l'immense clameur que soulevaient des cris alternatifs de triomphe et de désespoir.
Le manufacturier anglais Wedgwood, félicitant Eden de ses succès diplomatiques, lui apprenait renvoi des produits de ses fabriques à Paris et à Rouen et, dans sa joie, faisait complaisamment la description