EMPRUNTS EN 1784 ET
jamais il n'en a été accordé d'aussi considérables pour les travaux d'utilité publique, pour les ports, pour les eamiux, pour les chemins, pour les dessèchements, jamais le commerce n*a reçu plusd'encouragemenls, jamais des secours plus abondants n'ont été répandus dans les provinces. » Tels sont, continuait le ministre, accentuant de plus en plus les espérances passonnées du joueur qui l'enivraient, ce tels sont déjà les fruits, telles devaient être les premières bases du plan que nous avons adopté. Les ressources qu'il Doiis a fait trouver pour satisfaire à tant de besoins an milieu de tant d'obstacles, nous ont de plus en plus convaincu que les dépenses d'amélioration K»t des sources de richesses et que le crédit se fortffie par les payements. Nous sommes au moment fachever ceux de toutes les dettes de la dernière guerre et même de toutes celles qui s'étaient arriérées en différents départements; leur entier acquittement doit être consommé dans le courant de Tan- Dce !786, et si ce n'est pas sans regret que pour y parvenir nous nous voyons obligés d'ouvrir encore on emprunt, nous avons en même temps la satisfaction d'être assurés qu'avec son secours nous pourrons effectuer cet apurement total sans lequel l'ordre que BOUS travaillons à mettre dans nos fînances, serait impossible, d
Le Parlement qui s'attendait à cet emprunt de quatre-vingt millions cl qui exerçait une surveillance inquiète sur les actes de Galonné, lui fit demander pourquoi les rentes offertes au public se trouvaient hypothéquées sur l'impôt du vingtième^ en observant que le troisième vingtième devait prendre fin dans
Oppositioo da Parlement :
il replie foo coocoun an goaTernemeot.
deux ans, au mois de janvier 1787. Le contrôleur général substitua sans réplique à Thypothèque sur le vingtième une hypothèque sur l'impôt des aides et gabelles ; mais ce changement'ne modifia pas Topinion des magistrats qui, d'une voix unanime , résolurent de supplier le roi de renoncer à un emprunt onéreux dans le fond et dans la forme, et décidèrent des remontrances, qui furent portées à Versailles le 18 décembre 1785. a On observe, disent lesécrifsdu temps, que par certaines tournures de Tédit, le contrôleur général se ménage insidieusement la faculté d'emprunter pendant dix ans toutes les sommes viagères qu'il voudra. »
Louis XVI repoussa les représentations du Parlcmenten répondant avec hauteur que ses fonctions lui donnaient le droit a d'éclairer l'autorité et non de la restreindre ou la gêner, et qu'il attendait de son zèle en même temps qu'il exigeait de son obéissance l'enregistrement de l'édit, sans aucun délai. » De nouvelles remontrances promptement formulées et remises au roi le 20 décembre, se terminaient par ces mots : a Ce ne sera jamais par des emprunts trop répétés, mais par une économie constamment suivie et une administration sage que l'on maintiendra et que l'on relèvera le crédit; le crédit ne se soutient que par la confiance. Pour que cette confiance ait lieu, il faut que le prêteur ne voie jamais diminuer le gage de sa créance, soit par de nouvelles dettes qu'il a peine à croire nécessaires, soit par des dépenses dont il ne peut se dissimuler l'inutilité. » Ces remontrances ne forent pas mieux accueillies.
Le Parlement qui avait enregistré l'emprunt de