LETTRE DE MIRABEAU A MONTMORIN
pour qu'elle fût consignée par écrit, s'apprêtait dans son indignation à prononcer la nullité de Tenregistrement, quand d'Éprémesnil combattit cette résolution et (it adopter Tarrêt suivant, destiné à rester secret.
€ La cour, considérant Tillégalité de ce qui s*est passé à la séance du roi, où les voix n'ont pas été comptées ni réduites en la manière prescrite par les ordonnances, en sorte que la délibération n'a pas été complète, déclare qu'elle n'entend prendre aucune part à la transcription ordonnée être faite sur les registres de TÉdit portant établissement d'emprunts graduels pour Tannée 1788 et les quatre années suivantes, et sur le surplus a continué la délibération au premier jour^ i».
Le lendemain de ces débats, comprenant que ces i^^tr manifestations de la volonté du gouvernement n'é- à Montm. taient que le fantôme d'une autorité illusoire^ Mira- Tembrei beau écrivait au ministre Montmorin : a L'emprunt « est rejeté..., il ne pouvait pas ne point l'être. Ena registrer un emprunt dont la nécessité légale ne « saurait être démontrée .., enregistrer un emprunt
< Archives naltonoZei, ADi 1080, Ëdit eréant des emprunte graduels et succcMîfs pendant cinq aLs, uovcmbre 1787. — AE * Journal autographe de Louii XVI, irtnoire de fer, curton 10. — Beeueil det anciennes loisfrau" çéisesp par Jonrdan, l8ainbert,>tc.,toine XXYIII, p. 449, h^9,— Mémoires stcreU pour servir à C histoire de la réptiblique des lettres, tome XX\M, p. 102 et suiv., 173 et f^uiv., 18G, 192 ti ims.— Correspondance secrète ^ publiée par Letcare, tome II, p. 198. —Annales françaises y par Guy-Marie Sallier, ancien C4>nfteiller au Parlement de Paris, p. llOetauiv.— if^motref posthumes de Marmontel, tome IV, p. 15 et suiv. — Mémoires de Mirabeau écrits par lui-même, tome 4, p. 459 et suiv., 463 et tui?. — Introdiiaion historique du Moniteur, réimpression, in-4% Paria, 1843, p. 263 et suiv. — Mémoires historiques et politiques du règne de Louis IVI, >arSoulatie, tome VI, p. 236 à 256. Kxiraîls des Mémoires du cardinal de brtenne.
302 LIVRE DEUXIËMB.
a successif et progressif qui offre à la nation une inu-
(c tile aggravation de dettes d'environ cinq cents mii-
tt lions^ enregistrer un emprunt qui insulte à toutes
a les lois de la décence et de la sagesse en mettani
a à découvert les fantaisies du trône, sans tenir au-
a cun compte d'événements qui peuvent toujoun
c( arriver. . . , tels que les intempéries des saisons, te
a grandes calamités de la nature ou une guerre è
« terre et de mer..., enregistrer cet emprunt avei
(c le seul échange d'une vague promesse.. ., c'étai
(( une chose impossible. • • Que va-t-on faire. . • ? Yoîli
a ce (|ue les bons citoyens se demandent avec effroi
(C et comme pour tout esprit un peu nerveux la ré
(i ponsc n'est pas douteuse ; comme la suspensioi
« des paiements, et bientôt après les retranchement
« dans la dette publique, sont inévitables selon 1<
a plan du ministre principal ; comme il ne faot pt
« que vous^ M. le comte, vous l'honnête homim
<ic du ministère, vous que nous croyons tous un boi
(C citoyen, et l'ami personnel du roi..., abandonnie
« le trône et trompiez l'attente de la nation dans eetfa
(( crise affreuse, j'ai cru devoir..., aux bontés qii(
(C vous m'avez témoignées..., enfin, à moi-même
(C qui ne resterai pas muet au milieu de la désola-
ce tion de ma patrie, de vous adresser de courtes ré-
a flexions sur l'horrible proposition qu'on va portci
ce au conseil... Suspendons les paiements puisqu'w
« nous refuse les provisoires.,. ^ coupons dans k
a dette j puisque nous ne pouvons égaliser la recette à
a la dépense... Plus d'un courtisan soutiendra sans
(( doute que cette opération doit faire le bonheur
(( du souverain et celui du peuple ; ils oseront parler