‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 84 sur 245 · EXIL DU DUC D ORLÉANS · texte numérisé non relu

EXIL DU DUC D ORLÉANS

c déshonneur. Parlez..., si vous n'êtes pas compris, t retirez-vous..., que Ton n'ait pas à vous reprocher ^ d'avoir assisté à la délibération qui décrétait la c honte de la France. t>

Le jour même où Montmorin recevait cette lettre confidentielle, Paris apprenait Texil du duc d'Orléans à Yillers-Colterets et Temprisonnement des conseillers Sabattier de Castres et Fréteau de Saint-Just. À Tissue de la séance du Parlement, le duc d'Orléans avait été accueilli par les acclamations de la foule, presque porté en triomphe jusqu'à son carosse, et ce prince^ < que sa restauration du Palais-Royal avait furieusement barbouillé dans le public^ pour employer le langage des feuilles du jour, reconquérait par sa conduite patriotique. .. la considération et l'amour des Français...; mais la cour, ajoutait-on, est devenue furieuse de cette affectation des Parisiens. y>

Cette réflexion marque le caractère de la lutte qui s'engageait, lutte grave, si l'on tient compte des intérêts en jeu, mais lutte entreprise par des personnages frivoles^ dénués d'esprit d'observation, plus enclins à ^ suivre l'impulsion passionnée des préjugés de caste en afleclant une sorte de morgue nobiliaire qu'à mesurer la puissance de leurs adversaires.

Le premier président du Parlement, mandé à Versailles pour remettre à Louis XVI le procès-verbal de la séance du 19 novembre, y vint au nom de sa compagnie protester contre l'exil d'un prince du sang et remprisonnement de deux magistrats, (c Je vous ai ordonné, dîib>)e roi en recevant la députation, de •n'apporter la minute de l'arrêté que vous avez pris lundi, après ma séance en mon Parlement. Je ne dois

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|)as le laisser subsister dans vos registres et je vous défends de le remplacer d'aucune manière. Comment le Parlement peut-il dire qu'il n'entend prendre aucune part à un enregistrement que je n'ai prononce qu'après avoir entendu pendant sept heures leurs avis et l'opinion de tous ceux de ses membres qui ont voulu la donner, et lorsqu'il est constant pour tous comme pour moi que la pluralité des suffrages se réunissait pour l'enregistrement de mon édit, en y joignant des supplications pour hâter la tenue des États généraux de mon royaume? J'ai dit que je les convoquerais avant 1792... Ma parole est sacrée. » Cette dernière phrase qui était en quelque sorte une avance Taite au Parlement, souleva des polémiques ardentes contre Lamoignon au lieu d'ouvrir la voie d'apaisement que le ministère avait cherchée. Louis XVI répondit brièvement à l'intervention en faveur du duc d'Orléans et des deux conseillers : fic Lorsque j'éloigne de ma personneun prince de mon sang, mon Parlement doit croire que j'ai de fortes raisons. J'ai puni deux magistrats dont j'ai dû être mécontent. »

L'insurrection du Parlement contre la royauté à laquelle il devait son existence, la révolte d'une noblesse qui y depuis l'espèce de soumission imposée par la rude main du cardinal de Richelieu et par le long règne de Louis XIV, était devenue comme une émanation de la puissance souveraine, avaient laissé, en dépit de la passion qui faisait agir ces privilégiés, un trouble profond dans leurs esprits. Comment rattacher A Dieu l'origine de leurs prétentions respectivesi dès rin.^(ant où disparaissait l'intermédiaire dont la Pro-

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