‹ La France sous Louis XVI;Chapitre 88 sur 245 · LOI EN FAVEUR DES NON CATHOUQUES · texte numérisé non relu

LOI EN FAVEUR DES NON CATHOUQUES

par un prélat plein de modération et gardant le sentiment des convenances, il se trouvait en présence d'un évêque comme celui de La Rochelle qui s'exaltait à l'annonce de la loi nouvelle et, dédaignant les ménagements nécessaires pour diriger les hommes, s'écriait dans un mandement :

a II vient de paraître... une loi en forme d'édit concernant les non catholiques, par laquelle le roi accorde à tous ceux de ses sujets... qui ne font point profession de la religion catholique, une existence civile et légale... Et pour constater leurs unions, la naissance de leurs enfants et leur mort, la même loi établit des formes pareilles à celles usitées pour les catholiques, excepté que le magistrat civil est substitué à défaut et au refus du curé, pour faire les annonces..., tenir les registres... Cette loi, qui semble confondre et associer toutes les religions et toutes les sectes, est une suite des nouveaux principes de politique humaine... suivant lesquels la population et le commerce font seuls la gloire et la prospérité des empires. Cette loi sur laquelle nous ne saurions vous peindre notre douleur et notre peine, en voyant Terreur pr^^^ à s'asseoir à côté de la vérité..., permet à tous les non catholiques de s'adresser... ou aux curés ou aux magistrats... C'est sur cette permission accordée d'une part aux non catholiques de s'adresser i leur choix ou aux curés ou aux magistrats, et sur la liberté qui vous est laissée de l'autre ou de les admettre ou de les refuser. . . que nous avons cru pouvoir vous ouvrir sincèrement notre cœur... Nous pensons que vous ne devez pas prêter votre ministère... à l'exercice d'aucunes fonctions envers les membres

nH Livre oEuxièxie.

d'aucunes sectes et d*aucune religion différente < la religion catholique, apostolique et romaine... »

Aveu sincère mettant en lumière dans sa brub naïveté la profonde scission qui existait alors entre! opinions des prêtres et celles d'une foule de Françti aveu que Tarchevèque de Narbonne, M. de Dillo confirme encore dans sa phraséologie ofTidel quand, lors de la clôture de rassemblée générale i clergé le 27 juillet 1788, il dit au roi : c Le flambèi de la raison répand un nouvel éclat sur la résololii que Votre Majesté a manifestée d'aflermir de pluS'i plus, dans ses Étals, l'unité du culte public, de conaii ver... à cette religion bienfaisante, qui tient két-t cines de la monarchie française, là prépondérance i la religion nationale et dominante... A elle seule k{ partienl le droit de renseignement religieux dant royaume... C'est la religion catholique... qui saspei dit la fureur des guerres. . . , qui délia les chaînes db servitude. . . Elle est la plus tolérante des croyance!;, elle n'adopte pour ramener dans son sein ses enfai] égarés que les voies de paix, de persuasion... Nbi n'envierons jamais à nos frères errants les doux non de pères et d'époux... Nous bénirons Votre Majès d'avoir enfin mis un terme à l'étonnante contradictioi qui armait les lois contre les droits de la nature... Louis XVI en répondant à ce langage plus administrai que véridique s'applaudit de l'hommage rendu par clergé aux sentiments humains et religieux qui avaie inspiré son édit.

Le Parlement rachetait en quelque sorte par l'aciM tation de cette loi le mauvais vouloir qu'il avait motit quelques années auparavant au sujet deTordonnan

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