SOLS 1)1 CENTRE DE LA FIU\CE
1" MAI{y/:s CALCMIŒS, T SAULl-S AIUU/.EUX, 3 CALCAlHi:s COMPACTS
PRÈS D'EMBAUCHE sur les marnes délias. — La zone bordicre à l'ouest du Morvan est coupée de nombreuses dislocations d'allure nord-sud.
Sui\ant que le lias, te porphyre ou le calcaire affleurent à la surface, le pays change d'aspect. Dans le Ba/.ois le lias a engendré un sol humide et verdoyant^ propice à l'élevage. Ces prairies encloses de haies vives ont formé la race de bœufs blancs aujourd'hui exportée dans une grande partie de la France.
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CAMPAG^E entre Marmague {vallée de l'Yevre) et Villeneuve-sur-Cher {carte d'Etat-major . feuille ÎQ'2, Bourges). L'aspect est un des plus monotones qu'off'rent les Cham pagnes berrichonnes.
La platitude singulière du relief est due à l'affleurement de calcaires lacustres {oligocènes) très durs, qui forment des surfaces particulièrement compactes. Les habitations manquent comme les vallées, l'n ruban de route s'allonge sans (in en ligne droite entre les champs. La voie romaine de Tours à Bourges reste pendant -JO kil. fidèle à ce calcaire lacustre.
Vh. de M. A. Vacher (Fig. 8<).
cHAPiTHE VII Ptirtie Méridionale ihi Bassin Parisien.
misérables locnlures isolées entre les fondrières imj^raticables qu on appelait des sentiers. Tant qu'on n'a pu apporter à ce sol ingrat ce qui lui manque, chaux et acide phosphorique, la Sologne a été misérable ; c'était encore, au milieu du xix" siècle, presque un désert (2/i habitants par kilomètre carré).
m. — BËRRY
LE SANCERROIS et la Sologne contribuent à isoler du Val de Loire le Berry . Les destinées du Berry se sont développées entre des pays de brandes, bois ou bocages qui l'enserrent au Nord et au Sud. II correspond physiquement à la série des Champagnes qui se déroulent autour de Bourges, Issoudun, Chàteauroux, en connexion avec celles de la Bourgogne d'une part, du Poitou de l'autre. Ce sont les plateaux de calcaires jurassiques, par lesquels s'achève au Sud-Ouest l'arc concentrique qu'ils décrivent. La contrée rentre ainsi dans l'ordonnance générale du Bassin.
, Dans les intervalles que les rivières, rares, mais pures
BERRY et herbeuses, laissent entre elles, des plateaux secs à pier- CALCAiRE railles blanches s'étendent, assez solitaires. Les substances fertilisantes ne manquent pas, et quand ce sol est recouvert d'une couche de limon, il donne des terres fromentales, où de temps immémorial alternent moissons et jachères, champs de blé et pâtures à moutons. Ainsi s'est fixé un mode d'existence fidèlement suivi de génération en génération. Autrefois, le fer était partout à la surface, sous forme de petits grains, dans les sables ; en peu de pays on trouve autant de vestiges d'anciennes ferrières. C'est une contrée dont les ressources étaient faciles à mettre en œuvre, mais sujettes à s'épuiser, d'ailleurs limitées, et insuffisantes pour permettre un degré élevé de densité de population. Souvent le limon fait défaut; et alors, sporadiquement, reparaît la forêt. La vie urbaine est restée médiocre en Berry. Les sites où elle s'est fixée paraissent rentrer dans deux tj-pes différents. Quelques villes ont utilisé les positions défensives formées par escarpements au contact des roches différentes : ainsi Châteauneuf-sur-Cher, Dun-le-Roi. D'autres ont recherché les sites où les platesformes s'inclinent doucement vers des rivières coulant presque à plein bord. Cinq rivières se rencontrent au pied de la légère éminence que surmonte la cathédrale de Bourges, et l'enlacent presque de leurs marécages et de leurs bras morts.
Ces rivières sont belles et claires. En entrant dans les plateaux calcaires elles ont modifié leur physionomie. Le Cher s'épure au delà de Saint- Amand, après avoir laissé sur sa droite, sans se laisser entraîner par elle, la large rainure que l'érosion a entaillée dans les marnes du lias, comme pour tracer d'avance dans ce fossé, où les eaux abondent, le lit du canal entre le
( iA5)
La France du Nord. livre premier, h
Cher et la Loire'. Désormais, dans les roches fissurées et perméables à travers lesquelles il s'écoule, il perçoit le tribut des eaux souterraines. Car le Berry calcaire, comme tous les pays qu'ont affectionnés les Gaulois, a des sources rares, mais fortes, où se résument les infiltrations de larges surfaces. L'Indre, au sortir du Massif central, baigne de ses eaux encore assombries les vieux murs de La Châtre ; des pointements de roches primitives percent même encore sa vallée ; mais elle va s'épanouir dans les prairies de Nohant. La Creuse se dégage, à Argenton, des roches de gneiss à travers lesquelles lui parvient la Gargilesse ; et sa vallée, désormais, jusqu'au Blanc, ressemble moins à un de ces sauvages couloirs rocheux qui éventrent les plateaux de gneiss et de micaschistes qu'à une vallée tourangelle. Aux débouchés de ces rivières vers le Berry une série de villes très anciennes, La Châtre, Château- Meillant, Argenton sont installées le long de la zone de passage. Positions stratégiques et surtout lieux d'échange entre des contrées de sol et de produits différents ; villes déjà riantes dans leur architecture de bois et de pierres.
Les traits assez nets du Berry calcaire — le vrai Berry — se brouillent aux apjDroches du Massif central. Le changement s'annonce d'abord par de grandes forêts qui, au Sud de Dun-le-Roi, d'Issoudun, de Châteauroux, s'étalent, parfois marécageuses, sur les larges plaques de sable argileux. Ces lignes noires de forêts plates, empâtant l'horizon dans l'aplanissemcnt du relief, sont, au sortir du Massif central, un des premiers traits définis qui frappent les yeux.
Tel n'est pas cependant l'aspect de la région immé- BoiscHOT diatement contiguë aux terrains primitifs, dans la partie qui s'étend à l'Ouest de Saint-Amand jusque vers Château-Meillant et La Châtre. Le sol se mamelonné, se couvre d'arbres, soit en haies le long des champs, soit en groupes autour des mares, plutôt qu'en forêts. L'œil est déconcerté par l'affleurement de couches diverses, par les différences de produits et de cultures ; tantôt terres grasses et fortes où croît le froment, tantôt maigres varennes ou même brandes. Cette diversité se traduit par l'incertitude du modelé, un certain désordre de formes. Autant la viabilité paraît simple sur les plateaux calcaires, autant elle se morcelle et se complique ici ; ce sont partout petits sentiers, tracés capricieusement au gré de l'éparpillement des fermes sur cette surface où nulle part ne manque l'eau. Mais c'est une circulation menue, rendue difficile par la nature argileuse des terrains : au lieu des rapides carrioles des plaines calcaires, de petites charrettes traînées par des ânes en sont le véhicule le mieux approprié. Ajoutez à ces ti'aits les mantes à capuchon du costume des femmes, les intonations lentes et un peu chantantes du parler: et vous avez
I. Il est aisé de suivre, sur une carte topographique, cet arc de cercle déprimé qui se déroule pendant plus de 60 kilomètres entre Saint-Amand et La Guerchc. Il est communément désigné sous le nom de Val.
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pleins bords, la Sologne a perdu son air de misère. Le bois et le torchis dominent encore dans les constructions. Mais la maison est dci'cnue plus ample et presque riantcsous son toit de tuiles. (Fig. S6.)
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