DOMREMY ET SES ENVIRONS
DOMJiEM y fait partie d'un groupe de villages situes à moins de 3 kilomètres les uns des autres. Les villages n'ont, en effet, dans la vallée où ils se concentrent, qu'une portion de leur domaine: le reste consistant en cultures ou pâtis sur les pentes, en forêts sur tes plateaux voisins. Les conditions ressemblent à celles qui. dans les montagnes, engendrent une sorte de vie cantonale. Le pays est relie au monde extérieur par les routes anciennes qui croisent ou suivent la vallée. La carte marque la voie romaine de Langres à Metz ; une autre route, j>artant de lÀffol, gagnait le Barrois. CFipr. 138.)
ciiAPiTiiE III Le Pays Meusien.
ments onl aplani ou articulé le modelé du sol, ouvert des voies. Dans la large vallée qui vient oblitiucinent, du Sud-Ouest, croiser celle de la Meuse, LiJJol-lc-Grand était le point de départ d'un roulage resté actif presque jusqu'à nos jours vers le Barrois etla Champagne. EnavaldcNeufchùteau, le village de Sonlnsse marque l'étape où. la voie romaine de Langres quittait la vallée de la Meuse pour gagner directement Toul. Le dernier des allluents importants, le Vair, vient ici. sur la droite, atteindre la rivière; et de toutes parts des monticules détachés se profdent dans la vallée. Des lambeaux de bois les couronnent, mais des cultures garnissent leurs flancs. Ils dominent l'horizon, mais en laissant entre eux des intervalles par lesquels se glissent des routes, par oîi l'on devine des échappées vers le monde extérieur.
De l'autre côté cependant, sur la rive gauche de la Meuse, en aval de Neufchûteau, l'encadrement est plus continu. Il n'est interrompu que par des échancrurcs profondes et courtes. Dans ces ravins remplis d'arbres coule un ruisseau, rarement plus long que 6 à 7 kilomètres, à l'origine duquel est une source qui a un nom, et le plus souvent aussi un village. Ces petites A'allées, ou vaux, se répètent entre Coussey et Vaucouleurs, comme autant d'annexés de la vallée principale, c'est-à-dire de la Rivière. Si raide est la pente, que, du haut des plateaux qui les enserrent, on ne découvre qu'en arrivant immédiatement au-dessus vallon et village. Là-haut régnent des plateaux solitaires. Des bois les couvraient autrefois, les parsèment aujourd'hui ; dans les parties éclaircies, entre les friches rocailleuses et de maigres guérets, s'allongent des routes sans fin : mais le long de ces routes pas une maison, et l'on aperçoit à peine dans les champs quelques êtres humains. Cependant ce pays fut jadis un lieu de passage. C'est une étrange surprise que de rencontrer, sur le plateau nu que creuse le ravin sec de la Maldite, des restes d'amphithéâtre, de mosaïques, d'une ville romaine en un mot, sur laquelle végète le village de Grand. D'où venait ce mouvement.^ Et pourquoi des routes convergeaient-elles vers des lieux d'où la vie semble avoir disparu .>> L'énigme s'explique, à notre avis, par la vallée de l'Ornain, doutées ravins sont la naissance. Cette vallée a tracé la voie naturelle entre le Bassigny et la Champagne. Bordée d'anciens marchés et de places fortes, Gondrecourt, Ligny, Bar-le-Duc, surmontée d'anciens oppida\ c'est une des plus anciennes voies par lesquelles aient communiqué les populations de ces contrées. Elle tient les avenues de la Champagne, car on évite par elle les forets marécageuses qui en défendaient jadis les ahords ; et elle donne direcment accès à la plaine limoneuse et agricole du Perlhois, vestibule de la grande plaine. Ces anciens rapports, qui contribuèrent à l'importance politique du Barrois, impriment à toute la contrée une sorte de noblesse historique.
Ces vieilles routes sont une partie de la vie d'autrefois. Elles nous disent comment circulaient les nouvelles, comment se formait chez les habitants l'idée du monde extérieur, quels étaient les noms qui s'incrustaient dans les