LIVRE II
temporain de la dernière série d'éruptions volcaniques du Massif central, ramena encore la mer jusqu'au Sud de Lyon, aux environs de Vienne. On reconnaît ses contours aux marnes qu'elle a déposées : ce sont ceux de la vallée actuelle.
L'ère pliocène n'est pas encore finie que déjà commence la période de refroidissement qui enfle démesurément les glaciers et les fait descendre dans les plaines. Le lit du fleuve, qui suit la direction de l'ancien fiord marin, est remblayé, creusé successivement à divers niveaux; mais son chenal est désormais tracé; on peut dire que le Rhône, l'Isère, etc., sont constitués, sauf les déplacements partiels que des amas accumulés au hasard leur feront encore subir.
Ainsi ces cours d'eaux gris et troubles, alimentés parles glaciers, sont les descendants directs des torrents qui, depuis les grands mouvements alpins, ont entaillé des vallées et des coupures à travers les Alpes et sur leurs abords. Ils continuent à charrier et à détruire ; leur pente est encore considérable, parfois énorme ; leur débit (Rhône, Isère) est puissant. Mais toute cette énergie n'est qu'une image affaiblie du passé. Elle se résume en un mot : ce sont les agents de destruction des Alpes. Celles-ci sont une ruine. L'étendue de leurs débris l'emporte encore sur la majesté de leur hauteur.
Une sorte de paradoxe tojjographique nous frappe à
PLATEAUX 1 examen de la carte'. En avant du débouché des rivières
£)£• alpines dans la vallée du Rhône, entre ce fleuve et l'Isère,
DÉBRIS un énorme plateau de débris s'élève, haut en moyenne de 4 à
5oo mètres, dominant par un brusque ressaut le niveau de
l'Isère au coude de Voreppc. C'est une masse de poudingues, encore en
voie de décomposition, qui résulte d'une phase antérieure de destruction
des Alpes. La décomposition a engendre une sorte de glaise qui couvre en
nappe ces plateaux. Ce limon imperméable et décalcifié, çà et là recouvert de
terrains de transport, en a fait un sol de forêt, détangs, de terres froides. Il
est raviné par des vallées étroites et parallèles. L'une d'elles, celle des Biè-
vres, étonne par sa largeur. Semée de galets, elle est presque sans eau à la
surface ; mais l'eau n'est pas loin, elle filtre en dessous et nourrit les racines
des arbres. C'est une ancienne voie suivie par l'Isère, et qu'elle a abandonnée
pour se frayer à travers la molasse le profond ravin où elle coule aujourd'hui
vers Saint-Marcellin.
Ces plateaux sylvestres n'ont été peuplés que tard : ils ne le sont encore que faiblement. A leur extrémité sur le Rhône, entre Vienne et Saint- Vallier, une vieille forteresse en ruines, Albon, fut le berceau des princes du pays, les Dauphins.
I. On peut consulter, pour l'ensemble des phénomènes décrits dans ce paragraphe, la carte de Franco à l'échelle de i : 5oo ooo (Carte de France dressée au dépôt des fortifications, feuille IX).
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Y 'AIGLILLE el l'Arche, ■Li Les flancs sont profn tagne, s'étend un tapis de deux côtes à amincir.
nontagncs de schistes et de grés de fEmbrumiis , curie d'ét.-maj., file 200. OapL 1 ndément fouillés. Plus de forêts, mais sur les débris étalés au pied de la moncultures. Le plateau qui sert de socle, forme un col que l'érosion travaille des
Pliot. do M. E. Hnilg (Fie. 166)-
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Q/r.WJt du ntlar d'An O tagne, composée des s est attaquée sur les flanc cimes : de nouvelles échan
ne l'i.ldO mètres, carte d'étut-major, file IHO), près du Col de Lautaret. La monchistes et gris assez tendres du fli/sch, s'est tassée au sommet. Mais mici qu'elle s par des ravinements, dont les tètes remontent par érosion régressive vers les crures se préparent, menace pour les pâturages. Phot. flo M. Kilinii (Fifr 167).
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