‹ La France, tableau géographiqueChapitre 178 sur 275 · II · texte numérisé non relu

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cnAPiTRR PREMIER L'Ensemblc du Massif central.

sines un aspect de parc ; ailleurs, c'est par bouquets épars, par petits groupes qu'elle se conserve sur les flancs des ravins trop abrupts pour admettre d'autre culture. Mais il est significatif, malgré les changements d'habitude qui ont dépossédé cet arbre d'une partie de son importance humaine, de le trouver si souvent, en troncs séculaires, aux abords des maisons de paysans. Aussi fidèle à s'y montrer que le petit potager ou que le « pré de derrière la grange », il fait partie comme eux des éléments essentiels de la vie rurale, telle qu'elle est pratiquée par le petit propriétaire ou pages. Certainement l'occupation du sol trouva en lui un puissant auxiliaire : et comme les anciens rapports laissent une empreinte durable, on peut constater même aujourd'hui que la zone de la châtaigneraie qui, dans le Vivarais et les Cévennes, s'étend environ de /joo à plus de 700 mètres, correspond à une densité de population très nettement supérieure.

Il semblerait d'après les analogies avec les montagnes de même hauteur dans l'Europe occidentale, que la forêt dût se superposer à cette zone moyenne. Le hêtre, le sorbier, le bouleau, le sapin argenté seraient les successeurs qu'on s'attendrait à trouver au châtaignier dans le sens de l'altitude. Sans doute il en fut ainsi jadis; mais la forêt n'est plus aujourd'hui qu'un accessoire dans la physionomie du Massif central. Les cultures de forte endurance, qui ont le privilège d'accomplir vite leur cycle, l'orge et le seigle, ont empiété bien au-dessus de la limite de 700 mètres. La pâture, plus encore, a contribué à détruire les forêts des régions supérieures. Quand les qualités du sol, servies par l'humidité du climat, augmentées par l'irrigation ont pu transformer les pâturages en tapis herbeux comme il y en a dans le Velay, l'Aubrac, le Cantal, on n'est plus tenté de regretter la forêt. Mais le plus souvent celle-ci n'a eu pour héritier que la lande : cette lande du Massif central, qui n'est pas la garigue méditerranéenne, mais un épais fourré de fougères, bruyères, genêts, ajoncs. Les touffes de ces plantes tenaces embroussaillent le sol; elles s'accrochent aux levées de terre, et montrent à nu leurs racines dans les tranchées des chemins creux.

Nous sommes ainsi amenés à constater dans la nature du

POPULATIONS Massif central la trace d'une longue occupation de l'homme,

ce grand destructeur de forêts. A sa manière, cette région

présente les stigmates des vieilles contrées historiques du

pourtour de la Méditerranée. Les ravages, certes, n'ont pas atteint le même

degré que dans certaines contrées de ce littoral, et même de nos Pyrénées

ou de nos Alpes; la douceur relative des pentes et l'humidité du cUmat ont

conjuré une partie, mais une pai-tie seulement des effets dus aux abus de la

culture et du pâturage.

Ce serait se mettre en désaccord avec les résultats les mieux acquis de la science anthropologique, que de considérer ces populations du Massif central comme formant un tout homogène. Elles se composent de couches

Entre les Alpe.i el l'Océan. iivRit n, ii

(liflerenles, successivement introduites, dont quelques-unes semblent se rattacher aux plus anciennes races préhistoriques. Des brachycéphales occupant les régions les plus élevées, des dolichocéphales bruns dans le Sud-Ouest, des populations petites et brunes au Sud du Cantal, tandis qu'au Nord du Lioran, dans la partie septentrionale du Limousin, dans les montagnes du Forez et du Velay les blonds se montrent en proportions assez fortes : tel est l'ensemble composite dont nous pouvons aujourd'hui nous former l'idée. La force des cadres locaux, dans ces pays de conmiunications difficiles, a maintenu ces différences. Il est à remarquer que chacune de ces variétés humaines est en rapport de type avec des populations limitrophes : les unes avec les races brachycéphales qui se succèdent de la Savoie à la vallée de la Garonne, les autres avec les races dolichocéphales brunes dont le Périgord semble être chez nous le principal foyer. Il n'y a pas de races propres au Massif central.

Mais elles y sont assez anciennement établies pour que l'adaptation soit devenue intime entre leur genre de vie et le sol. C'est elle qui marque les habitants d'une effigie originale. Les moyens de communications et de transport rencontrent de grands obstacles dans le Massif. De toutes les rivières qu'il distribue autour de lui, aucune, — à l'exception, pour le temps jadis, de l'Allier, — n'est navigable dans les limites qu'il circonscrit. Beaucoup de prétendues vallées ne sont que la ligne d'intersection de deux versants abrupts, entre lesquelles il n'y a place que pour un torrent écumant. Le charroi est difficile sur les sentiers raboteux. Réduit aux ressources locales, et obligé de compter sur ses bras, l'homme a fondé son existence sur un mode d'exploitation qu'expliquent à la fois la nature du terrain et le morcellement de la contrée. Si l'on meta part des l'égions favorisées sur lesquelles nous reviendrons, une agriculture mi-pastorale s'est emparée de vastes espaces. La jachère y fait succéder la lande aux cultures; l'écobuagc substitue temporairement quelque récolte aux pâtis. La grande étendue de biens communaux, l'espace considérable (i 200000 hectares environ) occupé par des landes, sont le témoignage encore actuel de ces pratiques invétérées. Si maigres qu'elles fussent, des cultures étendues, grâce à la position méridionale du Massif, ont pu s'élever très haut; et avec elles des bourgs, des lieux habités. La foret a pâti de ce voisinage; pourchassée des croupes, elle s'est réfugiée sur les flancs.

Les bourgs sont surtout des marchés pour les transactions que nécessite une agriculture pastorale. Les causes de formation de villes agissent faiblement. Il faut pour les concentrations humaines l'assistance de grandes rivières navigables, ou en tout cas d'une large circulation terrestre. C'est ce qui manque ; mais en revanche la présence multiple de l'eau a favorise la dissémination en hameaux, nias, petites fermes, répandus dans certaines parties jusqu'à un point extraordinaire. Ces petites unités sont la forme ancienne, fondamentale de groupement. Le mas représente l'unité familiale, qui tombe à la charge de l'aîné, parjel ou pagl's, et dont l'existence reste attachée à la

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d'état-majnr, fUe

198, Privas). L'é-

rosion s'exerçant

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les marnes du lias.

a fait disparaître

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entre le volcanisme

du Coiron, à l'est.

et celui du plateau

granitique, a foucst. Mais on dixtingiic à leur

quelques lambeaux

basaltiques sur-

montant les runes

du granit.

iu:m -socs- ( o/ttf/y ic. d\'t.major, file ÎOB, Privas). Le soubassement est ici formé de couches tertiaires. Composées de roches peu résistantes . ettes auraient depuis longtemps disparu .^( elles n'avaient été préservées de la destruction par le lambeau de basalte qui les coiffe. Le basalte montre à la tranche ces formes prismatiques qui proviennent de la contraction qu'a éprouvée en se refroidissant la masse éruptivc.

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