‹ La France, tableau géographiqueChapitre 203 sur 275 · I.iil.on · texte numérisé non relu

I.iil.on

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LA ItlVIERE DU rUOUET, au pied d, Thoit roches escarpées d'âgée primitif, que dissin. linsiqucs.

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Lnlj. iVafirr. comp. de l'Iiiotitiit npioo. (Kig. S27).

L'OUEST ET SES AIîOUDS

ciiAPirni; piiKMicn Vite rjénérale de l'Ouest.

Cette structure pourrait faire supposer que le Massif de l'Ouest trouve un centre dans le pli ou sillon qui, de Laval à Châtcaulin, sintercalc entre le plateau méridional et le plateau septentrional. Là, en effet, se rattachent les deux ailes relevées du Massif; et l'inclinaison des couches a permis à des terrains un peu plus récents, un peu plus variés, moins dépourvus de chaux, de s'y conserver. Mais les efforts de compression latérale se sont exercés avec une telle intensité que les couches intermédiaires qui constituent le synclinal intérieur ont été laminées, interrompues et par endroits supprimées de la surface. Elles se prolongeaient primitivement de l'Est à l'Ouest sur toute l'étendue du Massif, du Maine au Finistère; elles ont été sur la majeure partie de leur parcours si bien réduites qu'il faut l'œil du géologue pour les discerner. Deux lambeaux un peu considérables subsistent seulement : l'un à l'extrémité orientale, qui est le bassin de Laval; l'autre à l'extrémité occidentale, qui est celui de Châtcaulin. Mais ces deux bassins sont relativement exigus; et rien ne les fait communiquer entre eux. Il n'y a dans ce synchnal que des tronçons de rivière ; aucun fleuve continu n'a réussi à s'y établir. Les eaux courantes n'ont pas rencontré dans le Massif de l'Ouest les conditions favorables qui dans des régions de « pénéplaines » analogues, comme le sont aux Etats-Unis les Appalaches, ont permis de creuser une « grande vallée », c'est-à-dire une sorte de couloir les sillonnant dans leur longueur. Ce trait général, qui eût servi de correctif au morcellement qui est le fond de l'Ouest, fait défaut.

Cette structure hachée fait apparaître à la surface des sols ^Q^ différents, au contact desquels des sources jaillissent, petites

ET MODE mais très nombreuses. A côté des grès stériles, des âpres granits DE il y a, sans parler de quelques riches alluvions, des schistes ; et

PEUPLEMENT \q (( j-qc )) schistcux, conimc on l'appelle, quand il est travaillé à la main, amolli et lubrifié par le climat, ne refuse pas de produire. Mais c'est un sol incomplet, et prompt à s'épuiser si des amendements ne viennent réveiller sa vigueur. Or il n'y avait guère d'autres voies de transport autrefois que les chemins creux coupés d'ornières, hérissés de chirons ou saillies pierreuses, si fréquents encore dans tout l'Ouest. Ils n'offraient passage qu'à une bête de somme, et c'était dans les paniers sus^iendus aux deux extrémités du bât que voyageaient à grand 'jicine les grains ou les substances destinées à améliorer le sol. Là donc se constitua un type d'agriculture demi-pastorale, fondée sur la nécessité de longues jachères pour rendre au sol ses éléments nutritifs et trouvant un auxiliaire dans l'abondance des biens communaux. Près de la maison, dans les courlits ou bordages, était l'endroit privilégié auquel on réservait les soins assidus, la bonne terre, le peu d'engrais, mais autour duquel la culture subissait suivant la distance une proportion décroissante. Dans l'imjoossibilité de renouveler les sucs nourriciers, on laissait au climat, à l'humidité naturelle de ce sol argileux, le soin de

L'Ouest. LIVRE m, I

faire croître l'herbe. Ces habitudes ont marqué d'une empreinte ineffaçable la physionomie du pays. Si, en bien des endroits, grâce aux progrès modernes, les champs ont cessé de revêtir périodiquement l'aspect de genetières et de landes, ils sont toujours restés minuscules, enclos de haies que rehaussent souvent des levées déterre pour enfermer le bétail, toujours prêts en apparence à revenir sans changement à leur destination périodique de pâtis ou pâturages.

La dissémination des fermes est l'accompagnement naturel de ce mode d'exploitation. Tel est en effet le mode de peuplement. Ce qui montre sa corrélation avec la nature du sol, c'est qu'il cesse dans les campagnes calcaires qui bordent immédiatement le Massif. Sans communications faciles avec le dehors, dans ces enclos d'arbres, parmi ces closeries et ces pâturages, entre les étangs et les flaques bien plus multipliées autrefois et garnissant les moindres creux de terrain, s'éparpillaient sur toute la surface du pays les maisons basses et, le plus souvent, faute de matériaux, mal construites des habitants. Ainsi ont-ils toujours vécu, isolés par les longues saisons pluvieuses, en rapport seulement aux jours de fête ou de foire avec le monde extérieur.

Dans les contrées de sol moins morcelé et de circulation COMPARAISON ^^^^^ facilc pour que, sans dommage pour l'exploitation des AVEC LEST terres, les hommes puissent vivre groupés, c'est le bourg ou le DE village qui est devenu l'unité essentielle de la vie rurale. Cet

LA FRANCE état existc dans le Nord et dans l'Est. Chez la population rurale « agglomérée autour du clocher » s'est développée une vie propre qui a eu sa force et son organisation dans l'ancienne France, la vie de village. Si borné qu'y soit l'horizon, si affaiblis qu'y parviennent les bruits du dehors, le village compose une petite société accessible aux influences générales. Au lieu d'être dispersée en molécules, la population y forme noyau; et ce rudiment d'organisation sufEt pour donner prise sur elle.

En Lorraine, en Bourgogne, en Champagne, en Picar- "' die, l'habitant de la campagne est surtout un villageois ; dans

£7- l'Ouest, c'est un paysan. Parmi les variétés de caractères qui

VILLAGEOIS ont pu sc développer chez celui-ci subsistent, comme trait commun, les qualités ou défauts qui tiennent à l'isolement. Le village est un organe qui est resté languissant, par rapport au pullulement des fermes et des hameaux. La population ne s'y est pas concentrée. Si tenaces sont les habitudes contractées en conformité avec les conditions naturelles que, même de nos jours, il n'y a rien à reprendre à la description que traçaient, au xvn" siècle, les intendants: « Les paroisses, disait Miroménil, sont assez peuplées, mais il y a peu de gens dans les bourgs. » Ce qui, dans les mouvements populaires de la Révolution, servait de i-alliement, c'était,

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L'IJABITAT

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La (ii'co/n position dv rcs sc/iistcs tendres pri diiit un sol limoneux et gras qu'ont lurivhi des dépôts de fa luns. Les champs sont entourés de haies d'arbres. On remarque le dét'etoppemenl des bâtiments d'exploitation rurale, aux toits fortement inclinés, qui se groupent autour d'une

construction , assez pauvre, est en schistes, fà et là intercalée de briques. (Fig-. 2î9).

MIITAIHIE du Bocage Vendéen. Les toits eu tuiles, très peu inclinés, les murs garnis de treilles ont un as pcct déjà méridional. Les deux bâtiments contigus affectent une disposition en équerrc assez gêné rate dans l'ouest. L'ampleur des granges et même l'aspect de l'habitation décèlent une aisance relative.

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