VALLÉES LATÉRALES
i;si:i{\ /■: ,1,- pi, s te flanc efun des
coteaux de la rive droite, nn dis
ingiie. en haut, Vescarpe-
ent c(
Icairc à demi cache sous les taillis;
sur les pentes, des champs de blé
h s'espacent à intervalles
plus
m mo
lis réguliers des pruniers et des lig-n
es de vignes ; en bas, la prairie ave rhot. en
c ses peupliers.
nm. jinr M. Boiitry CFig. 3!tfO.
G HUE i'ALLHE. que suit le chemin de fer d'Amen à l'èrigueHX, s'évase dans le plateau de molasse. La physionomie d'ensemble est un mélange varié où de toutes paris se montrent des arbres, des cultures diverses, des métairies isolées, ta dispersion absolue des habitations. Phot. comm. pai- M. Boutry (Fig. 297).
cii^riTnr ii Ln vie marilniu' du !^nil-Oiiefil.
ranfes avaient déjà façonne la première esquisse des vallées actuelles. A ers le milieu des temps tertiaires les empiétements de l'Océan atteignirent le maximum d'extension. Un golfe, dirigé dans le même sens que les grandes lignes de structure qui sillonnent lOuest et le Sud-Ouest de la France, entailla profondément les plaines d'Aquitaine. C'est lui cjui déposa dans les anfractuosités précédemment creusées par les eaux, ces calcaires' qui, soit dans les constructions, soit dans les cultures, influent profondément sur la physionomie du paysage girondin. Ils découpent, au iNord-Est de Bordeaux, les coteaux de Lormont ; ils couronnent les plateaux de l'Entre-deux-Mers ; ils se prolongent, visibles sur les lianes, parfois éventrés par les carrières, dans la vallée de la Garonne jusqu'au delà de Marmande, et dans celle de la Dordogne jusqu'au delà de Sainte-Foy-la-Grande. Aussitôt que paraît cette formation ou qu'elle se rapproche de la surface, la contrée prend un aspect nouveau, monumental. Lorsque du pays de la brique et du Toulousain on se rapproche du Bordelais, on ressent quelque chose de l'impression qu'on éprouve en passant de Picardie ou de Champagne dans l'Ile-de-France : les maisons s'élèvent, les monuments se multiplient.
D'une autre manière encore, les linéaments futurs de la contrée ont été préparés par cet ancien golfe. L'allongement d'un bras de mer, s'avançant suivant les sillons déjà tracés, a engendré au profit de la Garonne les mêmes conséquences que, pour la Loire, la pénétration marine qui a répandu lesfaluns jusqu'en Touraine^ Les rivières, attirées Aers le niveau de base correspondant à l'extrémité supérieure de ces anciens golfes, convergent et semblent se donner le mot pour se réunir. De Bordeaux au confluent du Lot, et de Bordeaux à Coutras, dans un rayon qui ne dépasse guère 5o kilomètres, on compte six confluents importants de rivières. Un double faisceau fluvial A-ient se nouer ; et par la large embouchure qui est commune à la Garonne et à la Dordogne, la marée pénètre d'une part jusqu'à Langon, de l'autre jusqu'à Libourne.
Bordeaux est donc un emporium maritime. Mais c'est aussi un lieu de passage. Le site qu'il occupe est le dernier point de terre ferme qui s'offre en descendant la rive gauche du fleuve. Plus bas l'énorme élargissement de l'estuaire, les marais qui le bordent, forment barrière. Blaye, sur la rive droite, fut longtemps la dernière ville de France, comme elle est encore la dernière de langue d'oïl. Entre Saintonge et Médoc il y a comme une faille dans l'unité française : hommes, costumes et maisons diflèrent comme le pays. Le site de Bordeaux permet de tourner en partie l'obstacle. Les routes du Périgord et du Poitou s'y croisent sans trop de peine avec celles de la Garonne et des Pyrénées.
C'est un point attractif. De l'Agenais et du Périgord, le Lot, le Dropt, la Garonne, la Dordogne, l'Isle, la Dronne font confluer les produits de leurs
I. Calcaires à nsléries (sj-stùme oligocène), a. Voir carte 36.
Le Midi. livre iv, m
bois, de leurs vignes, de leurs arbres fruitiers. Vers Saint-Macaire sur la Garonne, ou, sur l'autre « mer », vers Castillon et Libourne commençait la zone d'ancienne clientèle bordelaise, la rangée de villes filleules de la puissante commune. Cependant l'aire continentale qui gravite autour de l'emporium est restreinte. La navigation fluviale ne remonte pas haut. 11 n'y eut jamais ce puissant réseau de navigation intérieure qui se noue h Paris ou à Rouen, qui brasse et mêle profondément la vie d'un large bassin.
Il semble que Bordeaux ait toujours conservé quelque chose de ce qu'il fut à l'origine, une colonie. Un essaim de Gaulois Bituriges était venu occuper cet emplacement privilégié en plein pays aquitain. Ce fut dès l'antiquité romaine un endroit où l'on accourt de très loin pour faire le commerce. On a remarqué avec raison que l'élément étranger eut toujours une grande importance dans le commerce de Bordeaux. Anglais, Ecossais et Flamands, Juifs venus d'Espagne, Béarnais, Cévenols ou hommes du Massif central ont tour à tour, suivant les époques, ou simultanément, influé sur la vie économique de Bordeaux. Il faut ajouter, comme trait caractéristique, qu'ici la ville a transformé la campagne. Ce qui en fait la parure et le renom est un produit cultivé en vue du commerce maritime, depuis le temps de la domination anglaise. Il s'est développé à la façon de ces cultures d'exportation qu'une métropole cherche à introduire dans ses colonies. C'est pour le trafic d'outremer que les pampres s'allongent en longues règnes ; comme c'était surtout pour les peuples du Nord que le sel était élaboré dans les marais de la Seudre et de la Charente.
Dès l'extrémité de l'estuaire de la Gironde commence
nnp t