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CHAPITRE VI MONTRÉAL

A bord des bateaux du Saint-Laurent. — Premier aspect de Montréal. —Splendeurs et magnificences. — Les églises, hôtels, banques, maisons de commerce. — Le carnaval à Montréal. — Le Palais de Glace.— Le patin, le toboggan et la raquette. — Comment s'écoule une journée de carnaval. — Le défilé des équipages. — Illuminations. — Symphonie en blanc majeur.

De Québec, pour se rendre à Montréal, on a le choix entre trois routes : le Saint-Laurent, le chemin de fer de la rive nord, et celui de la côte sud.

La voie du fleuve est sans contredit la plus agréable. Durant la belle saison, les superbes bateaux du Saint-Laurent, qui font le service entre les deux villes, sont littéralement pris d'assaut, surtout par les touristes venus des États-Unis.

Ils méritent d’ailleurs la vogue dont ils jouis-

sent. Le voyageur n’est pas plutôt installé que déjà il a oublié les mille petits ennuis qui sont la conséquence de tout déplacement. Là dedans il respire et se meut à l’aise, absolument comme dans son home. Pas un de ses désirs qui n’y aitété prévenu, pas une de ses habitudes les plus chères qu’il ne puisse satisfaire. Salons spacieux, restaurant, buffet, salles de billard et de lecture, fumoirs, etc., tous les conforts, en un mot, d’un hôtel de première classe lui procurent une soirée des plus charmantes. Puis, vers minuit, le sommeil venu, sa cabine est là qui l'attend, la cabine du bord, si proprette et si fraîche, avec son lit bien blanc dans lequel il reposera, sans secousse et sans bruit, jusqu’au matin. Le temps ensuite, sa toilette faite, d’aller griller une cigarette sur l’avant-pont, en humant avec délices l’air matinal, et devant lui, tranchant au loin sur les éternelles perspectives vertes et bleues des champs et du fleuve, se dessinera sous le soleil une longue ligne grise avec des scintillements de toits de métal et de flèches d’églises. C’est Montréal.

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