CONCLUSION
c'est pourquoi elle fut si facilement acceptée. Je n'ai pas le courage de blâmer nos ancêtres d'il y a deux cents ans, de n'avoir pas gardé contre leurs nouveaux maîtres une rancune plus tenace et plus agissante. Sans doute, la liberté est désirable pour elle-même, mais elle l'est aussi comme la meilleure garantie de biens qui touchent peut-être davantage les peuples parce qu'ils en sentent chaque jour le besoin et le prix. Le malheur était que les institutions libres se fussent trouvées un jour impuissantes à rendre les services en vue desquels elles avaient été fondées. Pourquoi s'étonner que leur perte n'ait soulevé que de bien rares et de bien platoniques regrets? Si l'indifférence de la Franche-Comté pour la liberté fut coupable, la faute lui était du reste commune avec toute la France; et d'ailleurs, pas plus que celle-ci, elle ne devait laisser prescrire ses droits. Lorsqu'à la fm du siècle, le moment des revendications arriva, elle ne fut la dernière ni à élever la voix d'abord, ni à agir ensuite ; et depuis, sa part dans le travail commun de la patrie française n'a pas été celle de gens qui s'abandonnent, et à qui répugnent les efforts, les responsabilités et les sacrifices.
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