‹ La Franche-Comté sous Louis XIVChapitre 47 sur 106 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

suivante, et devait lui succéder à la première présidence en 1714.

« Je lui ai fait répondre, écrivait Desmaretz à Bernage, » que les bons offices que vous lui avez rendus, joints au » rapport avantageux de ses services que M. de Chamillard » avait fait au roi, n'avaient pu déterminer Sa Majesté à se » relâcher sur l'âge et sur les services qui manquaient à » M. Boisot fils pour remplir cette charge K »

Boisot, du reste, était prêt à rendre au roi tous les services qui pouvaient justifier ses exigences. Il fut toujours l'interprète empressé des ministres auprès du parlement lorsqu'il fallut obtenir de celui-ci des sacrifices pécuniaires. En 1704, il allait au-devant des ordres du roi en supprimant, de son autorité privée, les remontrances votées par ses collègues. Quelquefois cependant, l'intérêt de famille l'emportant chez lui sur le souci de faire sa cour, il se mettait en opposition avec les ministres. A la fin de 1704, nous avons vu le contrôleur général lui reprocher d'avoir retardé la réception des acquéreurs de charges nouvelles pour installer d'abord un de ses neveux, qui venait d'acheter une charge ancienne. Ajoutons que Boisot, si bon courtisan qu'il voulût être, avait quelquefois des échappées de mauvaise humeur qui éclatent dans ses lettres. Le ministre lui écrit un jour : « Je vous » dirai que la fin de votre lettre est un peu sèche ; vous pou- » viez vous épargner la peine de me l'écrire, ne me connais- » sant pas plus que vous le faites ~. »

La même année, le premier président est encore rappelé à l'ordre par Chamillard, pour avoir ouvert des lettres adressées par le ministre aux présidents à mortier ^. En 1713, c'est Pontchartrain qui le blâiïie d'avoir interrompu plusieurs fois et réduit au silence un débutant au barreau, l'avocat

1 BOISLISLE, II, 619.

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