CHAPITRE IV
» du Pays-Bas. Les pauvres des provinces voisines vinrent » ici chercher du secour et ont trouvé du secour chez les » indigènes, les froments d'ici, tout couverts de neige, ont » été conservés ^ . »
La ville de Saint-Claude se plaignait en même temps d'être encombrée de 1,200 pauvres « qui seraient entière- » ment péri si M. le cardinal d'Estrées n'avait eu la bonté de » contribuer considérablement à leur soulagement. »
Etant donnée la population de la ville, le plus grand nombre de ces pauvres devait être des étrangers venus de la plaine -.
De 1709 à la fin du règne, la Franche-Comté ne vit pas de désastre semblable à celui qui l'avait affligée cette année ; du reste, les intendants, préoccupés surtout des événements militaires, fournissent de moins en moins, dans leur correspondance, des renseignements sur la situation intérieure de la province. Le parlement, qui partageait avec eux le souci de l'administration, intervint encore plusieurs fois dans les questions relatives au commerce des grains. En 1712 notamment, la récolte menaçant d'être mauvaise par suite des inondations de l'année précédente, il édicta des peines sévères
^ Arcli. de Ponlarlicr, série GG , registre, paroisse Notre-Dame A la fin de Tannée 1709.
2 La Prusse faillit profiter de la misère causée par la famine en Franche-Comté : « La Poméranie ayant été ravagée par la peste pendant les années précédentes, le » roy de Prusse fit publier partout que quiconque voudrait aller s'établir dans ce » pays-là, on leur distribuerait des terres tant qu'ils en pourraient cultiver, ce qui » fit que quantité de gens du pays s'y rendirent par troupes, ayant vendu tous )) leurs effets et même leurs fonds à vil prix pour faire les frais de ce voyage ; ce » qui obligea M. le comte do Grammont, lieutenant général des armées du roy, » commandant au comté de Bourgogne, de, conformément aux ordres de Sa Ma- » jesté, faire défense à toutes sortes de personnes, de quelque qualité et condition » qu'elles fussent, de quitter et abandonner le païs et comté de Bourgogne pour » aller s'établir en Poméranie, à peine de punition corporelle. Cette ordonnance » arrèla bien des gens qui étaient sur le point de partir, ayant de la peine à sub- » sister à cause de la grande cherté des denrées, mais elle n'aurait pas eu tout son » effet si l'on n'avait fait garder tous les passages par des troupes qui y furent dis- » tribuées dans tous les villages voisins. Cette ordonnance fut publiée le 6 mars » 1710. » (Prost, Histoire de Besançon.)
contre les personnes qui accaparaient les grains dans l'espoir de les revendre plus tard avec un profit considérable. Une Un document, qui ne concerne malheureusement que le
isjque i^g^jijjg^gg ^Q Dole, nous permettra d'ajouter quelques détails, de^Bofe! ^^^ moins pour une partie de la plaine franc-comtoise; c'est 4683. ^ij^g statistique administrative et agricole du bailliage de Dole, établie par le subdélégué en 1683 et adressée à l'intendant '.
Ce document indique la contenance du territoire, sa valeur, le total des impositions, le nom du seigneur, la quotité des droits féodaux, le nombre des habitants, des charrues, des chevaux et des bœufs. Il avait été dressé, sans doute, en vue d'un remaniement de la répartition des impôts ; car le subdélégué indique avec soin, à propos de chaque communauté, si l'imposition qui est exigée d'elle est en rapport avec ses revenus.
Le bailliage de Dole, à quelques villages près, correspondait à l'arrondissement actuel dont cette ville est le cheflieu. Ce territoire se divise naturellement en deux parties : au nord, les deux vallées du Doubs moyen et de l'Ognon, séparées par un plateau peu élevé. Au sud, la plaine du Doubs inférieur, avec les vallées basses de la Loue et de l'Orain. Entre les deux s'étend, à l'est, la grande forêt de Chaux, et se trouve à l'ouest la ville de Dole avec sa banlieue.
La première de ces deux régions était et est encore actuellement la plus riche ; parmi les communautés désignées comme les meilleures, signalons Gendrey, qui possède des terres labourables, des vignes et des prés, le tout d'un bon rapport; cette communauté paie 660 livres et pourrait payer davantage ; ses habitants sont riches, car le territoire est très fertile, et il se tient dans cette localité des foires considérables. Thervay possède également de bonnes terres labourables,
i Jules Pinot, La Franche-Comté sous l'ancien régime. Annuaire du Jura, 1869.