CHAPITRE IV
pour conduire, par la vallée du Doubs, en Alsace et en Allemagne.
L'administration française avait trouve les routes complètement ruinées par les malheurs du commencement du siècle. En 1698, la situation n'était guère modifiée. L'intendant, au nom des intérêts du commerce, réclamait un meilleur entretien des chemins, ajoutant qu'on pouvait parvenir à les rendre bons, parce que la pierre et le bois étaient presque partout sur les lieux.
Plusieurs tentatives dans ce sens avaient été faites cepen- Efforts dant, dès le lendemain de la conquête. Le parlement, le parlement 20 décembre 1675, avait ordonné aux communautés de les raabiir. réparer et d'entretenir les chemins qui traversaient leur territoire K La mesure était insuffisante, il fallait évidemment un effort plus général et une direction unique pour mener un semblable travail à bonne fin. Golbert s'en occupa, mais il mourut trop tôt pour avoir le temps de rien terminer.
En 1680, sur son ordre, la province dut consacrer Projets 30,000 livres à la réparation et à l'entretien des chemins. Le pr 6 octobre 1682, il recommandait à l'intendant Chauvelin de faire travailler aux routes de Besançon, Dole, Gray, Salins, Vesoul et Pontarlier, et lui faisait espérer que le roi participerait à la dépense -. Il semble bien cependant que la plus grande partie de celle-ci retomba sur les populations. On les soumit à la corvée, dont l'usage ne devait être généralisé que dans le siècle suivant, et les travailleurs, tous paysans, ne touchèrent, en fait d'indemnités, que des rations de pain de munition et de fromage.
Golbert insistait encore en 1683. Le 19 mars, il promettait, au nom du roi, une somme de 10,000 livres à dépenser pendant l'été, et donnait l'ordre à l'intendant de faire un travail d'ensemble pour la réparation des routes principales.
1 Dnoz, Recueil des arrêts, I, p. 31. 33.
- Clément, Correspondance de Colbert, IV, p. 557.
et omesses de Golbert.
La mort de Golbert et les embarras financiers du gouvernement empêchèrent que le travail ne fût commencé. Les communautés restèrent seules chargées de Fentretien des routes, sous la surveillance de la chambre des comptes, à qui Fédit royal de 1696 donnait « la connaissance et attribution des » grandes et petites voiries dans toute Fétendue de la pro- )) vince. » Cette charge, qui venait s'ajouter à tant d'autres, pesa lourdement sur la population et fut l'occasion de nombreuses affaires contentieuses ^ Les ponts. L'hlstoirc des ponts est à peu près la même que celle des grandes routes. Presque partout leur état laisse à désirer, et le gouvernement ne fait, pour les entretenir, que le strict nécessaire.
Sur On ne comptait plus que quatre ponts de bois ou de pierre
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sur la Saône, à Montureux, Jonvelle, Scey et Gray. Un cinquième, à Port-sur-Saône, était complètement détruit. En 1698, l'intendant réclamait avec instance son rétablissement ; il se trouvait sur la route de Champagne en Comté et en Alsace. A la même époque, celui de Scey tombait en ruine, et l'on attendait, pour le rétablir, un arrêt du conseil autori-
1 Invenlaire des arch. de Pontarller, série BB, 2. — 15 février 1701. Extrait du procès-verbal do revue de la grande voirie au bailliage de Ponlarlier, dressé par Claude-François Gourlet, seigneur du Boulot, conseiller-maître ordinaire en la chambre et cour des aides et comptes, domaines et finances du comté de Bourgogne : les routes sont en mauvais état, presque impraticables. Une amende de cent livres est imposée à ce sujet; on donne l'ordre à la communauté de faire les réparations de suite, faute de quoy il lui sera envoyé des archers en garnison à ses frais jusqu'à complète exécution.
Cf. Arch. du Douhs, chambre des comptes, passim. — 1699. Janvier. Arrêt faisant droit aux réquisitions du procureur général sur le mauvais état des chemins et ordonnant aux communautés, seigneurs, etc., de les réparer et entretenir. — 12 mai. Arrêt ordonnant aux habitants de Belmonl-lez-Dole, sur réquisition du procureur général, de réparer les ponts, avenues et chemins d'iceux. — 1701. 9 juin. Arrêt modérant à 10 livres uue ameude prononcée contre les habitants de la Ferté pour n'avoir pas exécuté les ordres relatifs à la voirie. — 9 juin. Arrêt condamnant les habitants de la Cluse à l'entretien et réparation des chemins, malgré leurs lettres d'affranchissement du 23 février 1417. — 13 août. Arrêt accordant aux habitants de Saint-Germain un délai de six mois pour réparer le pont Tarlelel sur la Seille. — 1702. 9 mars. Arrêt enjoignant aux habitants de Plainoiseau de réparer les chemin traversant leur territoire, etc.