CHAPITRE IV
sant la levée d'une imposition de 15,000 livres. Cette imposition devait être payée , non par la province entière , mais par les bailliages les plus voisins de Besançon, Dole, Vesoul, Gray, Baume, Salins, Ornans, Quingey, Poligny et Arbois.
L'entretien du pont de Gray, plus important que les autres, retombait presque tout entier à la charge de cette ville. Le 2 juillet 1694, l'intendant informait le magistrat que la ville ne devait compter que sur elle-même pour l'entretien de son pont, les communautés de la province étant accablées de trop de charges pour qu'on pût songer à leur en imposer de nouvelles : on l'autorisait à percevoir un droit de péage pour s'indemniser des dépenses qu'elle aurait à faire. Cependant, en 1G95, la province entière contribuait pour la somme de 15,700 livres à la réparation du pont. Mais en 1698, l'intendant, en autorisant la ville à prendre quatre pieds de chêne dans les forêts du roi pour la continuation des travaux, ajoutait : a Voilà tout ce que je puis en pareil cas '. »
On franchissait l'Ognon à Villersexel, Montbozon, Cirey, sur rognon. Gromary, Pin-l'Emagny, Marnay et Pesmes. Sur ce dernier point, le pont fut rétabli en 1698, aux mêmes conditions que celui de Scey-sur-Saône.
On franchissait le Doubs à Pontarlier, Arçon, Morteau, sur Pont-de-Roide, Vougeaucourt, l'Isle-sur-le-Doubs, Clerval, et la Loue. Baume, Besançon et Dole ; mais les deux ponts de Pont-de- Roide et de risle étaient rompus. Sur la Loue, on comptait des pontsà Vuillafans, Ornans, Quingey, Chay, Rennes, Port- Lesney et Belmont. Ils étaient rompus à Chay, Rennes et Belmont. Ce dernier village était sur la route de Dole à Salins, et l'intendant insistait pour le rétablissement du pont. Son vœu ne fut pas exaucé, du moins immédiatement, car un ar-
I Ârcli. de Gray. Correspondauce du magistrat avec l'intendant.
II résulte d'une délibération municipale du 9 mars 1G08, qu'une arclio du pont s'était écroulée et que la chaussée était entièrement à refaire : on estimait la dépense au moins à 4,500 livres.
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rêt de la cour des comptes du 24 juillet 1705 ordonnait à une commission de se transportera Belmont-lez-Dole, pour reconnaître l'emplacement d'une barque à rétablir sur ce point abandonné et qui, « de notoriété publique, était le plus grand )) passage de toute la province. »
Les rivières. Dcs ciuq pHucipales rivières de la Franche-Comté, la Saône, l'Ognon, leDoubs, la Loue et l'Ain, la première seule était navigable, les autres étaient utilisées avec de grandes difficultés pour le flottage des bois. A la saison des crues, la Saône portait de petits bateaux depuis Gendrecourt; à partir de Port-sur-Saône, elle portait des bateaux de 60 à 80 milliers, mais la navigation était interrompue pendant les mois de juin, juillet et août. A Gray, elle portait des bateaux de 150 milliers, mais ils ne pouvaient descendre en été qu'à moitié chargés.
La navigation sur la Saône était encore soumise à d'autres entraves : c'étaient les débordements, les glaces pendant les hivers rigoureux, enfin les écluses de six forges et de seize moulins, dont les portières étaient mal faites et trop étroites.
Il fut souvent question, au xvii'^ siècle, de remédier à cet état de choses, et de doter le pays d'un réseau de voies navigables.
Projets Le projet le plus souvent mis en avant fut de canaliser le canalisation Doubs dcpuis son cmbouchurc jusqu'à Dole ou même jusqu'à duDoubs. Besançon K On a vu qu'en 1679, le parlement indiquait au roi ce grand travail comme pouvant contribuer à accroître
1 Gollut écrivait déjà, à la fin du xvi^ siècle : a El certes, si le fleuve estait de- » dans son vieil canal, ou que celuy d'aujourd'Iiuy fût repurgé de quelques rochers » qui sont au fond, et dénué do ces écluses de moulins qui causent tant de pertes, n l'on le rendrait indubitablement navigable. Dequoy, pour les trafiques d'Allemagne, » le païs recepvrait de grandes commodités, parce que cela lierait les trafiques » des Allemands avec les Lyonnais. Et toutefois il serait expédient de ne laisser » porter grennes oultre el plus bas que la ville de Dole, pour crainte que le Lyo- » nais ne tirast les grennes et ne nous causast un enchérissement de vivres. » (Mémob^es historiques, coll. 114.)