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II. — Sacerdoce

La Congrégation, par le fait de son apostolat varié auprès des Prêtres, soit directement pour eux soit pour les aider dans leur ministère, a devant elle un champ très vaste d'action par des publications de tout genre.

Le sujet favori néanmoins de ses écrits, c'est Jésus : Jésus à faire connaître et à faire aimer, Jésus à faire pénétrer plus profondément dans la vie sacerdotale et la vie chrétienne. Et, en Jésus, surtout ce qu’il y a de plus grand et de plus essentiel : son Sacerdoce. Faire ressortir en Jésus ce caractère divin, fondement de sa mission ici-bas et de tous ses mystères, en montrer la beauté, la nécessité, l'efficacité, la place prépondérante qu’il occupe dans l’Incarnation et la Rédemption et celle non moins grande qu'il doit occuper dans lè culte et l’amour rendus à ce divin Maître ; en un mot, révéler Jésus-Prêtre, Le faire honorer, Le faire aimer, imiter, adorer et servir en tant que Prêtre : tel est le sujet inépuisable et sublime que la Congrégation offre au zèle et à l'amour de ses Membres doués du talent d'écrivain.

L’auteur de l’ouvrage «Jésus mieux connu et plus aimé dans son Sacerdoce », publié par un Père de la Congrégation, fait ces justes et profondes réflexions dans la Préface du premier volume :

« Pour bien connaître Jésus, il nous faut non seulement Le considérer dans l’ensemble de sa vie et

étudier ses enseignements, mais encore nous appliquer à approfondir ses divins mystères, les caractères essentiels de sa mission et les raisons adorables

de ses immolations. Or. tout dans la vie mortelle de

Jésus repose sur la fin de son Incarnation, qui est la glorification de son divin Père par la rédemption du genre humain. Et parce que cette fin, d’après les décrets éternels, n’est obtenue que par la mort de lHomme-Dieu, ce qui domine en Lui, c’est son Sacrifice suprême par l’effusion de son sang. Jésus est une Victime divine que sacrifie un Prêtre divin. Le couronnement de sa vie dans l’offrande et l’immolation de tout Lui-même par la vertu de son propre Sacerdoce : voilà ce qui met la perfection à la mission de Jésus sur cette terre.

« Il s’ensuit que ce qu’il y a de plus grand et de plus essentiel dans le Verbe incarné, c’est son Sacerdoce et son Immolation. Sans Victime pas de salut, sans Prêtre pas de sacrifice de la Victime. Il est donc souverainement juste que nous rendions à Jésus, en tant que Prêtre et Victime, des hommages spéciaux et un culte de reconnaissance et d’amour.

« Comment, dès lors, ne pas déplorer que Jésus soit si peu connu et si peu honoré comme Prêtre , malgré la place prépondérante que tient son Sacerdoce dans les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption ! N’y a-t-il pas là une indifférence plus que regrettable de la part des chrétiens, et ne convient-il pas que les âmes qui font profession de piété cherchent à combler cette lacune dans leur vie spirituelle ?

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« Lorsque nous réfléchissons à tout ce que nous devons au Sacerdoce de Jésus ; lorsque nous considérons l’amour sacerdotal dont son Cœur est embrasé, — car II nous aime comme Prêtre du même amour dont II nous aime comme Victime, — nous sommes attristé de voir combien Jésus est ignoré dans son Sacerdoce ; il nous semble entendre le Souverain Prêtre se plaindre de cette indifférence à son égard, comme II le faisait autrefois à sainte Marguerite- Marie pour la froideur témoignée par les hommes à son Sacré-Cœur.

« Remarquons qu’il ne s’agit point ici d’une dévotion accidentelle, pas plus que d’une dévotion particulière à quelques âmes : le Sacerdoce de Jésus intéresse tous les chrétiens au même titre que son immolation sur le Calvaire ; il fait partie de l’essence même du Christ. Jésus naît Prêtre ; Il vit, parle, enseigne comme Prêtre ; Il offre son Sacrifice sur la Croix par la vertu de son Sacerdoce ; Il perpétue son état de Victime au Très Saint Sacrement par sa puissance sacerdotale dont II a rendu participants tous les Prêtres du monde ; Il est éternellement glorifié au ciel comme Prêtre, en même temps qu’il l’est comme Agneau toujours immolé.

« S’il est impossible de considérer Jésus à un moment quelconque de sa vie mortelle, de sa vie eucharistique ou de sa vie glorieuse, sans Le voir dans la dignité et l’exercice de son Sacerdoce : ne convient-il pas que nous L’honorions partout comme Prêtre, que nous L’adorions, L’aimions, L’étudiions, Le

prêchions, et cherchions à Le faire connaître et glorifier sous ce titre si beau qui répond à une réalité si sublime ?

« N’est-il point à souhaiter que Prêtres et fidèles s’éprennent d’amour pour Jésus Prêtre et Victime ; qu'ils en fassent l’objet de leur dévotion la plus tendre 5 qu’à l’envi ils se livrent avec ardeur à l'étude du Sacerdoce éternel de Jésus ? »

En union intime, étroite, substantielle avec Jésus Souverain Prêtre, il y a tous les Prêtres du monde. Unis dans un même et unique Sacerdoce, dont Jésus est la source et dont ils sont les canaux, les Prêtres sont inséparables de Jésus ; et, dès lors, on ne peut considérer le Sacerdoce de Jésus dans toute son étendue et sa plénitude, sans le voir dans son prolongement nécessaire, les Prêtres.

La Congrégation a donc la mission de travailler par la plume, comme par la parole et les œuvres, à maintenir le Prêtre à la hauteur de sa vocation, à lui en révéler la beauté, la sublimité, la sainteté, les vertus et les obligations, et à le pénétrer de l’esprit de son Sacerdoce qui, en le séparant du monde, l’a consacré uniquement aux choses du ciel par une admirable identification de caractère, de puissance, d’efficacité et de vie avec Jésus son divin Maître.

Se peut-il concevoir, en effet, une semblable vocation, sans qu’il existe des rapports directs et assidus entre Celui qui donne la mission et celui qui la reçoit ? Comment prêcher une doctrine divine, sans

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l’étudier constamment à sa source, en Jésus ? Comment parler un langage divin, sans mener une vie angélique? Comment apprendre aux autres à mépriser tout ce qui passe et à ne s’attacher qu’aux choses éternelles qui demeurent, sans reproduire dans sa propre vie les vertus et la sainteté du Maître dont on se fait l’écho et le hérault? Comment avoir si souvent le nom de Jésus sur les lèvres et ne pas l’avoir dans le cœur ? Comment se dépenser au service d’un Maître dont les intérêts et la gloire sont le principal emploi du temps et l’unique mobile de la vie, sans regarder à tout instant du côté de Celui pour qui on s’immole et sans chercher à pénétrer dans les profondeurs de ce Cœur divin où l’amour se boit avec la vie ?

Quelle union intime, dès lors, ne doit-il pas exister entre Jésus et son Prêtre ! Quand deux êtres sont unis dans une action aussi sublime et pour une fin aussi divine, ne doivent-ils pas se considérer comme inséparables l’un de l’autre ?

Si Jésus a besoin de son Prêtre pour continuer sa mission et s’immoler de nouveau, le Prêtre n’a-t-il pas un besoin plus impérieux encore de Jésus, lui qui n’est rien en lui-même et qui n’est ce qu'il est en tant que Prêtre, que parce qu’il a tout reçu de Jésus et que Jésus continue incessamment de lui communiquer sa puissance et sa vie ?

Le caractère sacré dont son âme porte le sceau indélébile, l’oblige à recourir sans cesse à Jésus, à dépendre totalement de Lui, à s’exposer à son action

divine sacerdotale, à se livrer sans restriction à son amour et à se vouer à toutes ses volontés saintes, comme Lui, Jésus, l’était aux volontés de son divin Père.

« Ce qui importe le plus au Prêtre, c’est de comprendre la sublimité de sa vocation, les obligations sacrées qu elle lui impose, et le devoir rigoureux qu’il a de vivre selon la dignité et la sainteté de son état. Il aura une intelligence parfaite de ces choses, s’il remonte à la source de son Sacerdoce, s’il se contemple dans son divin modèle, s’il étudie en Jésus, le Prêtre éternel, tout ce qui le constitue luimême, et s’il se pénètre de la grandeur et de l’importance capitale des rapports intimes que sa consécration sacerdotale a établis entre Jésus et lui.

« Un Prêtre qui se considère sans cesse comme étant le ministre du Seigneur, séparé du monde, uniquement consacré aux choses de Dieu, appartenant exclusivement à Jésus, dont il est auprès des âmes le représentant officiel, est un Prêtre qui se sanctifie et sanctifie les autres. Il voit dans son Sacerdoce un prolongement de celui de Jésus, et il s’applique à vivre de la vie de son divin principe. Jésus lui devient un centre de vie ; il y trouve sa joie et son bonheur, son secours de tous les instants, la grâce de sa perf ection et la fécondité de son ministère L »

1 Retraite Sacerdotale : « Jésus et le Prêtre ». Avant-propos du Tome 1 de la Première partie, par M. E. de la Croix, de la Fr a terri ité Sacerdotale.

Les deux ouvrages les plus importants en cours de publication sont une étude approfondie sur le Sacerdoce en Jésus et des Retraites Sacerdotales sur les rapports entre Jésus et le Prêtre.

Le premier ouvrage aura six volumes et formera une véritable Somme doctrinale du Sacerdoce éternel de Jésus, décrété de toute éternité, actué dans le temps, exercé dans l'Eucharistie et perpétué dans la gloire.

Le second, qui comprendra un grand nombre de volumes, traite tout d’abord de ce que le Prêtre est pour Jésus et de ce que Jésus est pour le Prêtre. Considérations doctrinales, pratiques, onctueuses, de nature à sanctifier le Prêtre par une union étroite de pensées, de sentiments, de volontés et d’actions avec Jésus l.

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