CHAPITRE VI
Le compte-joint en Angleterre
L’Angleterre, « terre classique des libertés », devait inévitablement attirer l’attention des capitalistes français, soucieux de trouver pour leurs capitaux un pays riche et libéral.
Au surplus est-il besoin d’insister sur la prospérité économique de ce pays, devancier de tous les autres en matière industrielle. La Banque d'Angleterre, les banques de ce pays sont des établissements de premier ordre. C’esten Angleterre que se sont fondées les premières banques, banques de dépôts et de comptes courants. La concentration des fortunes mobilières a d’ailleurs beaucoup contribué à généraliser la pratique du dépôt en banque. « L’Angleterre, en ce qui concerne la fortune mobilière, tient le premier rang des pays d'Europe. La fortune mobilière est évaluée dans cet État à plus de 120 milliards,
Lo — tandis qu’elle n’atteint en France que 100 milliards (1). »
Mais en Angleterre, on ne peut constater dans sa répartition de la fortune un morcellement analogue à celui qui existe chez nous. « C'est ainsi que les consolidés seraient possédés par environ 200,000 contribuables anglais, tandis que nos rentes sont disséminées entre plus de 2 millions de porteurs. Il en est de même des autres valeurs mobilières. Les 5 millions de contribuables français qui possèdent des valeurs mobilières se réduisent, en Angleterre, à 1 million environ (2). »
On comprend la facilité avec laquelle une minorité instruite de gros porteurs adopta le compte en banque ; aussi les banques de dépôts eurent-elles un développement rapide et atteinrent-elles bientôt une puissance incontestée.
La Bourse de Londres (Stock Exchange) est l’une des plus importantes du monde. Les transactions portent surtout sur les consolidés et autres fonds publics qui s’y rattachent ainsi que sur la nombreuse série des fonds coloniaux. Ajoutons à cela le groupe extrèmement important des valeurs de chemins de fer des États-Unis, des mines d’or et des fonds
d'Etats étrangers.