Vie financière, du 5 avril
Op
prospectus qu’il considérait comme très suggestif et comme réponse directe aux projets d'impôts, en ajoutant que la Suisse faisait de la région lyonnaise une propagande considérable pour attirer les fonds de nos capitalistes, et que déjà d’énormes capitaux y étaient accumulés en vue d’éviter les droits français, le tout au grand détriment des affaires commerciales et industrielles.
« L’Angleterre essaie aussi de joindre ses efforts à
ceux des pays voisins, mais elle a moins de succès à raison de ses propres lois successorales très sévè-
res sur les dépôts dans les banques, et c’est même là un exemple qui montre combien les lois fiscales peuvent entraver le développement des affaires.
« Mais la Hollande à la législation plus libérale, est entrée, elle aussi, dansle mouvement, et ses banquiers se sont mis à rechercher les capitaux français.
« Que tous ces efforts ne soient couronnées de succès et ne réussissent à provoquer une sortie considérable de fonds et de valeurs il serait puéril de le nier. Les preuves en sont nombreuses et palpables. La baisse importante qui s’est produite sur les valeurs de premier ordre, comme les obligations des grandes compagnies de chemins de fer et la rente sur l'Etat, mise en regard de la hausse des rentes belges et suisses ei de nombreux titres suisses, montre bien que beaucoup de personnes ont non seulement envoyé à
l’étranger une partie de leurs valeurs mais ont de
plus vendu leurs valeurs françaises pour acheter des
valeurs étrangères. »
On ne peut cependant constater aucun fléchissement dans les dépôts de fonds chez nos grandes sociétés de crédit ; au contraire, leur augmentation a
été constante :
(en millions de francs).
1900 1905 1906 Crédit LYonnais 200002945600 797 740 Comptoir d’Escompte. . . 365 575,7 990 Société Générale . . . . 347,4 417,1 449,8
Mais cette augmentation ne peut rien prouver contre Les faits indéniables accusés par le rapport précité. « La seule conclusion qu’on puisse tirer est que nos grandes sociétés ont su défendre leurs dépôts, ce qui, a contrario, ferait croire que les évadés appartenaient principalement à cette catégorie de capitalistes qui conservent leurs valeurs soit chez eux, soit dans les coffres-forts loués dans les établissements de crédit (1). »
Ces évasions se trouvent confirmées par les moinsvalues accusées par les chiffres officiels de perception des droits de succession.
Tandis qu'en 1900 les successions déclarées se