De qui est-elle enceinte
— De Btcarrel en carilloin.
L'iiistoire ne dit rien de ce M. Bicarrel en ca<riflon qui rendait les femmes enceintes. Je soupçonne que cette dame avait fait successivement essayer divers battants à sa cloche, pour voir lequel fersdt mieux carillon , et qu'il en était résulté une enflure.
Cela me* rappelle en même temps une épigramme d'Auvray^ un Normand aussi , Tauteur du Banquet des Muses :
Alix à pleine matin tenoit Le manche à Thibaut, qui frétille.
Thibaut du cul carillonnoit, ^ Comme Alix tournoit la cheville.
— Vilain ! vous petez? dit la fille.
— Quoy l dit Thibaut sans s'estonncr, Pensez-vous tant toucher Taiguille Sans faire Thorloge sonner ?
270. Trois pucelles s'en vont pleurant Par la ville et par les champs.
Début d'une chanson du XVI* siècle^ cité par M. de Beaurepaire dans un article du Bulletin du Bouquimu sur la Friquassée.
272. Madame la roine, je viens à vous Et vous apporte roses et fleurs.
Vous platt-il point que je me couvre ?
Le roi boitl le roi boit 1 Adieu Noël !
Notre roi est couronné.
Voici toute une scène de la fête des Rois. Celui qui a trouvé la fève dans sa part de gâteau choisit la reine, lui offre un bouquet et demande, en sa qualité de roi, à se couvrir; puis il prend son verre, et toute l'assemblée crie : « Le roi boit! A Dieu Noêll » — Il me semble que ce dernier cri ne veut pas dire adieu à la fête de Noël, mais : Noël (joie) à Dieu! Ce jour-là on faisait des feux de joie (V. la Muse normande, p. 84), et la veille, dans le Bessin, on promenait des torches dans les campagnes en chantant la chanson des Coulines :
Couline vaut lolot, Pipe au pommier, Guerbe au boissey.
Men père bet bien, etc.
M, F. Pluquet, dans ses Contes populaires de l'ar^ rondissement de Bayeux {Rouen^ Frère, 18^4, in-8), a rapporté en entier cette curieuse chanson.
278, Linge, linse, lange, Chapelet ae frange.
Linge lange est un [eu. La Muse normande dit
SUR LA FRIQyASSÉE CROTESTYLLONNàE 9)
que pendant un temps, où les procureurs refusaient d'instrumenter.
Les avocats jouaient à linge-lange.
Je ne crois pas que ce jeu fit allusion au sacre des rois de France, à qui on passait d'abord la chemise (/fneum-linge) puis la robe de laine (/tf/zeumlange) ; mais je soupçonne qu'un des deux joueurs touchait rapidement son vêtement de drap ou sa chemise. L'autre joueur devait dire, sans se tromper, linge quand on touchait la chemise, lange quand c'était l'habit. A chaque eneur on donnait un gage.
280. — Qui vivent! — Saint-Sauveur-Ie-Vaillant. — Je le vais quérir, quérir, Je le vais quérir, mon petit coq.
Souvenir des combats de coqs dont il a été question au sujet des lignes 221 er 259,