‹ La Frontière d'ArgonneChapitre 15 sur 18 · MÉMOIRE DES ENFANTS DE CLAUDE DE LA VALLÉE, RÉSUMANT · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DES ENFANTS DE CLAUDE DE LA VALLÉE, RÉSUMANT

LE PROCÈS DEPUIS 1538 jusqu'en 1561.

Mémoire servant d'inventaire et explication des pièces que l'on envoyé.

En l'an mille cinq cents trente huit fut interjette appel en la cour de Parlement à Paris par Claude de La Vallée, escuyer, sieur dudit lieu, capitaine, prévost et griijer de Clermont en Argonne, d'une sentence contre luj rendue par Guillaume Roze et Jean Varin, juges des grands jours de Sainct Miel, commis et députez en cette partie par le duc Anthoine de Lorraine; par laquelle sentence il avoit esté condemné à trente mille livres d'amende envers ledit duc.

Et par arrest dudit parlement Claude et Christophle de La Vallée, ses enfans et héritiers, reprenant le procez, ont esté receus appelans, le procureur général joinct, et ordonné que le duc de Lorraine envojera procuration pour ad vouer ou desadvotier son advocat qui avoit dcsadvoûé le roi pour seigneur féodal de Clermont, disant que c'est un fief d'Empire, mouvant de lévéque de Verdun; en haine duquel procès et que lesdits de La Vallée s'estoient pourveus auprès du rov, tous leurs biens leurs furent confisquez, qui estoient assis au bailliage de Clermont, que ledit seigneur duc alléguoit estre dépendant de l'Empire, tant en reprise et féodalité qu'en ressort de jurisdiction; mais quand bien ledit Clermont seroit de la dépendance de l'Empire (que non), il n'y a point de confiscation par toutes les terres de l'Empire, sinon en cas de crime ou de lèse majesté, et encore en ce cas faut il qu'elle soit jugée par les chambres impériales.

Les dits de La Vallée ajans obtenu arrest de restitution desdits biens, ils n'ont jamais peu en avoir l'exécution, tant à cause des rébellions que des surcéances et des grandes faveurs que les ducs de Lorraine ont tousjours eu dans le conseil du roj; les sieurs Chambon et Machaut, conseillers en la cour, ont esté députez pour ladite exécution, et estans dans le bourg de Bozej, qui estoit pour lors de la dépendance de Clermont et apartenoit pour partie au père desdits de La Vallée, en toutes justices haute, moyenne et basse, le sieur de Lemont, bailly de Clermont, leur avoit fait sçavoir qu'il ne souffriroit pas qu'aucune exécution se fît de la part du roj audit lieu, et que la douairière de Lorraine, Chestienne de Danemarc, qui estoit niepce de l'Empereur Charles V, avoit lettre et mandement de l'Empereur de ne souffrir dans Clermont et lieux de sa dépendance l'exécution d'aucun jugement d'autre part que de la sienne, et que, s'ils vouloient passer outre, qu'il avoit deux mille hommes de pied et quatre cents chevaux pour les en empescher, et ainsi ne fut rien fait.

Est à remarquer que de long temps auparavant le dit appel, il n'y avoit eu homme si hardy que d'interjetter un appel à la Cour des jugemens rendus au bailliage de Clermont et de Bar, et avoient les dits ducs de Bar trouvé moyen, depuis leur alliance avec la fille du roy Jean, de faire aller toutes les appellations à Sainct Mihiel, où ils avoient estably des hauts jours de réformation ; et ayant ledict de La Vallée donné advis au roy des dites entreprises et usurpations, il auroit esté seul cause motifve de l'establissement des droits de la souveraineté dans le Barrois et dans la frontière de la rivière de Meuze.

Et pour avoir titre desdits droits du roy ont lesdits de La Vallée obtenu compulsoire en date du 19 décembre 1561, le procureur général joinct, pour compulser titres dans les archives de Verdun et des monastères de Sainct Vannes, de Beaulieu, Monstier, et Moyermont en Argonne et autres lieux de la frontière, et fut à ce commis et député M° Jacques de Morillon, lieutenant de Vermandois à Chaalons, qui fut à cet effect par tous les lieux de la frontière, et fournirent lesdits de La Vallée tous les frais du voyage dudit de Morillon et des officiers qui l'accompagnoient, lequel envoya coppie collationnée de tous les titres qu'il peut recouvrer, au roy et à son conseil, pour l'intel-

ligence desquels Claude de La Vallée donna pour lors ù. Sa Majesté des amples mémoires et enseignemens des droicts de sa couronne et des entreprises et usurpations d'iceux du long de la frontière.

Copie desquels mémoires, avec plusieurs pièces et arrest du Parlement, j'aj donné au roj et mis entre les mains de Mgr le garde des sceaux de Marillac, par le commandant de Sa Majesté, dans le temps du voyage de Monsieur Le Bret en Lorraine, pour servir au subject de sa commission, desquels mémoires est encor la copie cy jointe...

(Bibliothèque de l'Institul, Collection Godefroy, vol. .'54.'i, fol. 290 et suiv ; copie. — Publié dans les Titres de la maison de Raréconrt, p. 371-372.)

, 1 561 ou 1 562

« MÉMOIRES ET EXPLICATIONS DE TITRES CONCERNANS LES DROITS DE SOUVERAINETÉ DU ROY A CLERMONT ET FRONTIÈRES DE LA

RIVIÈRE DE Meuse » .

S'ensuivent plusieurs coppies de titres... tous ou la plus part d'iceux compulsez par maistre Jacques de Morillon... en vertu d'un compulsoire... donné à Sainct Germain en Laye le 19^ jour de décembre 1561... Desquels titres ledit de La Vallée présente et donne à vous messieurs les gens de son conseil ce présent mémoire... avec le discours et [blanc] dudit procez.

Le dit François l'^'', par le dit accord de Romillj^, cognois-

sant de quelle conséquence et préjudice luy estoientlesdites places et souveraineté d'icelles ; voyant que le feu empereur Charles et les princes d'Allemagne estoient descendus en armes pour les dessusdites places et terre, pour venir devant Ligny et Sainct Disier mettre leurs camps; considérant aussi que c'estoitle vray chemin et passage des Alemans et Lansquenets pour desendre en ce royaume, fut fort ledit seigneur roy irrité contre ceux qui luy avoient fait confirmer ladite donation du roy Louis XI*^ et donné la neutralité audit pays de Barrois

Le dict feu roy François, incontinent après la paix faite avec l'Empereur, voulut aller sur les frontières de Champagne et Barrois pour faire fortifier Ligny et y faire un chasteau, aussi sçavoir les occasions des dommages qu'ils y avoient soufferts pour raison de passage dudit Empereur, s'enquestant de la nature du pays au lieu de Saincte Menehoult. 11 luy fut fait récit, par ses officiers dudit lieu, de plusieurs entreprises que journelement les dicts ducs ou leurs officiers de Glermont faisoient sur la sou-

veraineté, bailliage et prévosté de Vitrj, Vermandois et Saincte Menehoult, et principalement es terres de l'abbave de Beaulieu enArgonne; surquoj' il manda frère Benoist de Villereaii, priem' et trésorier d'icelle, homme de bon esprit et qui résistoit fort aux entreprises que lesdits ducs ou leurs officiers vouloient faire sur cinq ou six villages, desquels il estoit seigneur à cause de son office de trésorier ; lequefl] sieur, après que S. M. eût ouy ledit trésorier sur lesdites entreprises et sur la nature du pays, il trouva le dire à son gré et luy commanda d'aller trouver sa dite Majesté au lieu de Sedan, ce que fit ledit trésorier, ayant mené avec soy le bailiy dudit Beaulieu.

Auquel lieu de Sedan le procez dudit de La Vallée fut remis en jeu, demandant ledit seigneur si ledit de La Vallée, son fils, en avoit fait quelque accord avec ledit duc, au quel fut respondu (ce que depuis les dessusdits de Villereau et Clément ont récité au dit de La Vallée) que non, mais que depuis peu de temps ledit baron des Guerres [sic) avoit mené ledit de La Vallée à Lunéville en asseurance pour accorder avec ledit sieur duc Antoine ou ses officiers, qu'il estoit vrav.

Et sur ce le dit roy commença à réciter à son chancelier Olivier les raisons de l'appointement fait audit Romilly, pour les rébellions qui avoient esté faites à Dupuy, huissier en la Cour de Parlement, et son procureur La Planche au bailliage de Vitry, qui alloient exécuter contre ledit duc Antoine le premier arrest de la Cour rendu au profit de son procureur général et dudit de La Vallée ; disant ledit seigneur estre marry qu'il n'avoit dès lors exécuté sa volonté contre les entreprises de juridiction et rébellions faites par lesdits ducs ou leurs officiers, combien que ledit seigneur disoit qu'il estoit bien mémoratif qu'il n'avoit jamais voulu préjudicier, ny surseoir, ny appointer au préjudice des droicts du dit de La Vallée, le laissant à la discrétion de sa cour de Parlement, avec les droicts de souveraineté que son procureur général prétendoit audit Glermont, après toutes fois en estre par plusieurs fois prié et sollicité par ledit duc et ses plus proches ; ([ui est vray, comme se peut cognoistre par le texte dudit appointement de Romilly et requeste dudit duc faite au roy pour faire surseoir le procez dudit de La Vallée.

Demandoit outre ledit seigneur Roy aux dessusdits Clément et Villereau si ledit de La Vallée jouissoit des terres adjugées par

ledit premier arrest, auquel fut respondu par les dessusdits qu'il ne jouissoit que du bien des villages de Hipecourt et Ville sur Cousance, qui lui estoient adjugez par ledit premier arrest, lequel alloit exécuter Ihuissier Dupuy lors que luj furent faites les rébellions

... Depuis le décès [du duc Antoine] la mère dudit de La Vallée avoit été mandée aux eslats qui se seroient tenus à La Motte, à laquelle auroit esté dit que si elle se vouloit désister deplavder en France, mais aller plaider à l'Empire, où ledit Clermont devoit ressortir, quon leur rendroit le bien ou la plupart d'iceluy; d'avantage, que M. de Luxieu, qui estoit lors envoyé pardevers lesdits Estats de Lorraine de par l'Empereur Charles [au] jeune duc, les adresseroit envers l'Empereur, son maistre, pour obtenir justice. Ce que ledit de la Vallée n'avoit voulu faire, ny s'y fier.

Toutes lesquelles choses oùyes et entendues par ledit sieur roy, dit audit de Villereau qu'incontinent qu'il seroit de retour, quil dit au dit de La Vallée ne faillir de venir trouver S. M. la part où il seroit, commandant lors au sieur de Nanteuil, bailly de Vitry, d'en escrire autant audit de La Vallée, qui a encores lesdites lettres par lesquelles il lui mande de venir incontinent, que le roy avoit volonté de lu}' faire bonne justice; lesquelles lettres incontinent receues, et après avoir ouy parler ledit Villereau, ledit de La Vallée alla trouver ledit bailly de Vitry en sa maison de Nanteuil, lequel deux ou trois jours après les nopces de sa fille mena ledit de La Vallée à Villers Costeray, et le présenta au roy en sa chambre, revenant de la chasse des toilles dedans sa littière.

Lequel seigneur, après avoir parlé de plusieurs sortes d'entreprises et rébellions faites par les dits ducs ou leurs officiers, suivant les propos qu'il en avoit desjà tenu au dessus dit de Villereau, il dit audit de La Vallée qu'il pensoit que, dès le dit voyage de Romilly, il fusse au bien de son père; luy deffendit lors d'appointer avec ledit duc ou ses officiers, et qu'il leur feroit du bien et leur feroit faire bonne justice ; commandant au surplus audit sieur de Nanteuil mener ledit de La Vallée pour parler et communiquer avec son chancelier Olivier et pour voir les titres que ledit de La Vallée avoit apporté afin que, dedans deux ou trois jours, luy en faire le récit à son lever, pour en ordonner ce que

seroit nécessaire, tant pour le droit dudit de La Vallée que pour la tuilion et défense de sa souveraineté et de sa couronne, disant à son amiral M. d'Annebaut, que, dès levojagede Romillj, qu'il l'eust laissé faire, il eut mis fin à toutes ses entreprises, ce qu'il désiroit défaire de son vivant, prévoyant et alléguant à peu prés tout tel temps qu'il est advenu du règne présent et du feu roy Henry, son fils.

Alléguant hautement et quasi en cholère sçavoir bien que les Comtes et Ducs de Bar ne tenoient rien, par deçà la Meuse, de l'Empire, et que le duc de Lorraine, en cette qualité et à cause de leur duché de Lorraine, n'avoit jamais eu un pied de terre par deçà la dite rivière de Meuse, et que si pour nuire à sa souveraineté ledit duc voulloit appeler l'Empire en ajde et pour faire teste, cujdant s'en aider contre les droits de sa souveraineté et de la couronne, ledit seigneur aura pour satisfaire et respondre à tous deux : à sçavoir audit Empire, suivant les accords faits entre les empereurs et lesrojs de France, touchant la souveraineté de tout ce qui est généralement par deçà ladite rivière de Meuse; et quant audit duc, il avoit de deux voyes la quelle il vouloit eslire contre luy, dont l'une ne luy pouvoit fuir ny manquer, qui estoit la force : mais il aymoit mieux l'autre, qui estoit plus douce, qui est la voie de justice, sçachant bien que par icelle et autres vérifications de filtres, il otiendroit, ou son procureur général, ses conclusions contre ledit duc, partout où ladite afiaire se mettroit en avant.

Après lesquels propos ledit sieur de Nanteuil mena ledit de La Vallée parler et monstrer tous ses titres audit chancelier, lequel deux jours après il communiqua le tout au lever du roy, comme depuis il dit au dit de La Vallée, avec le sieur de Longueval, que le roy avoit trouvé bon son dire et ses titres et qu'il luy seroit fait bonne et briefve justice, mais qu'il prôsentast une requeste au roy tendante à fin d'avoir justice et sauvegarde contre ledit sieur duc, au moyen que ledit de La Vallée luy dit les menaces dont on le menassoit, ce que fit ledit de La Vallée, laquelle ledit seigneur roy donna à lévesque de Rennes, maistre des requestes, pour la faire depescher au conseil et y appeler ledit de La Vallée.

Ce qui fut fait, en sorte que furent données audit de La Vallée sauvegardes bien amples et autres lettres patentes dudit conseil

privé, qu'il a encores, par lesquelles ledit seigneur et son conseil mande à la cour de Parlement d'exécuter vivement et avec main forte, si mestier est, les arrests obtenus par son procureur général et ledit de La Vallée contre ledit duc...

Non content de ce, envoya lettres missives à son procureur général et advocat en icelle, signées de sa main, pour poursuivre le plus vivement qu'ils pourroient ladite affaire et faire vuider tous différens qui pourroient estre entre ledit seigneur roj et duc de Lorraine, pour le regard de sa souveraineté en tout ce qui est deçà la rivière de Meuse généralement et autres par deçà. Renvoyant ledit sieur roy ledit de La Vallée avec tous les titres devers iceux gens en ladite Cour, après toutes fois luy avoir commandé de faire faire une charte de toute la terre de Barrois et pays d'Argonne, depuis la source et commencement de ladite rivière de Meuse jusques à la fin et conduite d'icelle hors du royaume, comme auparavant il avoit desja ordonné audit de Villereau de faire, ce qu'ils firent les dits de Villereau et La Vallée, après avoir receu quelques deniers pour ce faire par le commandement dudit seigneur. Mais comme ils s'en retournèrent avec ladite charte devers ledit seigneur, pour luy monstrer leur besongne, le trouvèrent malade à Rambouillet, où il décéda, au grand préjudice et ruine totalle dudit de La Vallée

Le feu roy Henry, tout du commencement de son règne,

adverty (ne sçait ledit de La Vallée de par qui) de quelle conséquence et poids luy estoit ladite affaire et procez, manda à son procureur général Boulard de remander ledit de La Vallée, le quel de La Vallée alla, avec sa mère, trouver ledit sieur à Dolnan et, après luy avoir communicqué dudit affaire, messieurs les connestable etchancellier Ollivier leur promirent faire justice, et pour ce envoyèrent lettres à la Cour de Parlementa Paris et ses gens en icelle cy dessus alléguez, et fit donner quelque argent audit de La Vallée pour aller à Verdun recouvrer des titres concernans la vériffication de sa souveraineté, ce que fist de La Vallée et s'en alla au dict Verdun, mais n'y peut rien recouvrer, au moyen que ceux de Verdun, qui n'ont jamais aidé la Couronne de France, n'en tindrent grand conte, respondant qu'il faudroit bien estre demi an pour assambler le Sénat de la ville et les officiers de l'évesque pour chercher lesd. titres tous ensemble, et que la plupart des titres estoient aux chambres impérialles.

Le roj. .. fut grandement irrité et délibéra, en suivant les voyes du feu roj François son père, faire exécuter lesd. arrestz avec main forte..., mais la duchesse, au moyen des faveurs qu'elle ou ses alliez avoient envers le roj, fitrompre lescoupz..., feignant ladite dame vouloir obéir aux rois et à leurs commandements, mais le prioit vouloir ouïr ses raisons.

... Laquelle requeste le roy octroya, et fut dict que ladite dame vicndroit ou envoyeroit de ses députez au lieu de Fontainebleau, avec ses tiltres et enseignemens, pour veoir le droict dun chacun et comment lesdicts arrests estoient rendus, ce qui fut faict; et envoya ladicte duchesse un sénateur de Milan, nommé lilondel, avec M"' de S^ Bléen, chef de son conseil, et autres qui montrèrent quelques tiltres ne servans de beaucoup et ausquels les sieurs gens du roy, en la présence dudict de La Vallée, res^ pondirent suffisamment en plein Conseil Privé, par deux ou trois jours, en sorte que les députez de lad. dame demeurèrent tout court et demandèrent un plus long délay pour trouver autres tiltres et enseignemens de dessus la frontière.

Ce que dessus, toujours au moyen des faveurs, luy fut accordé, et conclu que ledit sieur de Marillac et Monsieur de Péan, lors maîtres des requestes, se transporteroient sur les lieux avec le s^' de Yieilleville et autres pour communiquer de reclief de touts tiltres et faire une fin par amiable composition, si possible estoit, tant de la souveraineté du roy que du faict dudit de La Vallée, mais peu de temps après le dict de Marillac devint malade, dont il décéda.

Et en son lieu fut commis M*" Séguier, lors advocat du roy, et le lieutenant civil deslssarts, qui mourut au voyage; aussi furent commis avec eux les sieurs de Bourdillon et de Sansacq, qui se trouvèrent au lieu de S'*^ Menehoud et commancèrent d'entrer en disputte de plusieurs tiltres, en l'absence dud. de La Vallée, qui en avoit une grande partie avec soy et qui avoit suivy le roy jusques à Chasteaubrian, en Bretagne, pour recouvrer deniers pour les frais de lad. exécution.

Mais pour response le roy manda par la poste ausd. Séguier etBordillon où ils prendroient argent en Champagne, comme il dict au dict de La Vallée, lequel il envoya après eux pour estre à lad. commission, avec des lettres signées de sa main, qu'a encores led. de La Vallée, par lesquelles led. sieur mande aus

d. S'" Séguier et de Bourdillon avoir la personne du dit de La Vallée en recommandation, en sorte qu'aucun outrage ne luy soit faict à ladicte assemblée... Et comme ledict de La Vallée s'en alloit en diligence pour se trouver à lad. assignation, avec lesd. tiltres, il tomba malade par les chemins, comme desjà de malheur il avoit faict au voyage de Romillj, en sorte qu'il arriva trois jours après le parlement et assamblée faicte aud. Saincte Menehout, à son regret.

Car à la vérité ledit sieur Séguier a fort bien desduit et pris le faict des villes et chasteaux de Bar, Clermont et autres, mais n'auroient entendu la nature des villages que lesd. Ducz ont joint aud. Clermont et qui sont adjugez par lesd. arrestz, pour autant que led. sieur Séguier, qui depuis demi an seulement estoit advocat du roy, navoit esté nourry ausd. affaires et plaidoiries, mais led. feu de Marillac, et aussi que ledict de La Vallée avoit, comme dictest, la plupart des tiltres desdictz villages. ... Et que peu de temps après, et advantle décez dud. seigneur roy, led. de La Vallée eut hautement demandé justice et luy eut dict et remonstré et à son conseil que ce qu'il avoit faict estoit par le commandement du feu roy François... il obtint autres lettres dud. sieur, adressées à lad. cour de Parlement, que led. de La Vallée a encores, par lesquelles led. sieur roy Henry mandoit qu'il n'entendoit, ny avoit entendu autres sieurs estre compris dans lesd. lettres de surséance, fors led. sieur duc et non led. évesque et chapitre de Verdun, etc.. Comme ledict de La Vallée commanceoit à les faire exécutter par un sergent royal de Chaàlons, ledit sieur roy décéda, après avoir faict le mariage dudit duc et de sa fille...

Par laquelle vériffication ou debvoir auquel s"est mis pour ce faire, Ton a par plusieurs fois cherché led. de La Vallée à mettre à mort, comme bien il a desjà donné à entendre aud. conseil et suffisemment prouvé par des informations, après toutes fois que depuis un an ses malveillans ont malheureusement tué ou faict tuer d'un coup de pistolet, devant la porte de son chasteau, un sien allié nommé M. de La Tour, par un prévost de maréchaux de Lorraine ou ses gens, pour ce que semblablement led. de La Tour soustenoit la souveraineté de France avec led. de La Vallée...

La cruelle mort et meurtre commis audit de La Tour, et effor-

cernent de faire aud. de La Vallée et autres qui font service au roj, se prouveront et verront par trois ou quatre subsécutives informations..., comme bien le vérifiera led. de La Vallée par la cognoissance publique de plusieurs gens de ceux à qui on avoit voulu marchander de le tuer ; pour lesquelles menasses led. de La Vallée, passé neuf mois, a esté constraint se retirer au lieu de Ghaalon, duquel lieu il n'osoit bonnement sortir, en sorte qu'il sera constraint à Fadvenir abandonner le royaume de France, si le roy et sa cour n'y pourvoient et luy font faire justice, qui sera mauvais exemple à toutes personnes qui voudront faire service au roy sur la frontière.

(BiDlioLhèque de l'Institut, Collection Godefroy, vol. 343, fol. 298 et suiv. ; Copie. — Cf. Musée Condé, à Chantilly, registre de Cler- mont-en-Argonne, R 2468 (p. 138 et suiv.) et Archives nationales, J760, n<»22).

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