SEPTEMBRE
LETTRES DE RÉMISSION ACCORDÉES PAR CHARLES V AUX HABI- TANTS DE LA VILLE DE VARENNES, (( LAQUELLE l'eN DIST ESTRE ASSISE EN l'eMPIRE )), QUI AVAIENT BRULE DES BOIS COUPÉS PAR JEAN DE MONLAINCOURT EN UN TERRITOIRE SUR LEQUEL ILS PRÉTENDAIENT DROIT d'uSAGE.
Charles, etc. Savoir- faisons à tous présens et à venir que, comme ja pieça Jehan de Monlaincourt, escuier, eust fait cooper certains bois en certains lieux près de la ville de Varennes, laquelle l'en dit estre assise eu Vampire, en la terre de nostre très clîier frère le duc de Bar, esquelz bois coopez les habitans de la ville de Varennes eussent bouté le feu en yceulx et ars, et pour ce, entre ledit escuier d'une part et yceulx habitans d'autre part, eust esté meu grant débat pour cause de ce que le dit escuier disoit lezdiz bois ainsi coopez et ars estre assiz en nostre royaume et de ce nous avoir fait hommage, et les diz habitans disoient que lesdiz bois estoient assiz en l'ampire et que en yceulx avoient et dévoient avoir leur usaige, et ainsi en avoient joy et usé ou temps passé, et pour ce nostre procureur en la prevosté de Sainte Manehoust se feust efforcié de mener et tenir en procez lesdiz habitans par devant nostre bailli de Vitry, pour quoy yceulx habitans n'osoient entrer en nostre royaume, et combien ({ue ilz offrissent audit bailli de monstrer bien et souffisamment que lesdiz bois contencieux estoient de leur héritage et que ilz avoient usé de leur droit, que ilz requissent que sur ce par nostre dit bailli leur feussent baillez commissaires qui se transportassent sur le lieu et s'enformassent des choses dessusdites, néanmoins ilz ne peurent estre receuz à ce et pour ce se traïrent par devers nous, en exposant les choses dessus.
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dites. Ausquelx nous octroyasmes nos lettres, par lesquelles nous mandions, en commettant, ànostreamé et féal chevalier et conseiller le sire de Louppi et audit bailly de Vitry, qu'ilz s'enformassent des choses dessusdites, et se par information il leur apparroit les diz habitanz avoir commis ledit fait sur leur bois, et que yceulx bois contencieux ne feussent situez ne assiz en nostredit royaume, yceulx habitans pour la cause dessus dite ilz ne molestassent et empeschassent, mais les feissent tenir quittes et paisibles doresenavant. Laquelle informacion a esté commenciée à faire, et pour ce ont esté plusieurs tesmoings produiz et examinez d'une part et d'autre. Et afin que lesdites parties soient mises hors de touz procès sanz plus procéder avant et que elles ne soient pour ce plus travaillées ne dommagées, de leur consentement a esté traitté et accordé par noz diz commissaires en la manière qui s'ensuit : C'est assavoir que lesdiz bois dont contens est entre lesdites parties seront et demouront et appartendront perpetuelment et héréditablement au dit escuier, [sans] aucun empeschement. Et si lui paieront ce que il y a despendu raisonnablement, pour l'empeschement qu'il lui ont fait et par l'ordenance desdiz commissaires. Et par ce les diz habitans demouront quittes et paisibles envers nous ou autres quiexconques, parmi ce que il nous feront seulement amende honorable par devant noz diz commissaires. Lequel traittié et accord lesdites parties accepteroient, tendroient et garderoient volentiers pour bien de paix. Si nous [ont] fait supplier que à ce voulsissions consentir. Et nous inclinans à leur supplicacion, considéré ce que dit est, les diz traittié et accort loons et approuvons et, se mestier est, confermons par ces présentes, de nostre auttorité royale et grâce espécial, en quittant, remettant et pardonnant ausdiz habitans toute et {sic) offense que ilz pourroient estre diz encouruz envers nous pour les causes dessusdites, et en imposant sur ce silence perpétuel à nostre dit procureur. Si donnons en mandement par ces présentes au dit bailli de Vitry et à touz noz autres justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans, présens et avenir, et à chascun d'eulx, si comme à lui appartendra, que ledit traittié et accort facent tenir et garder par lesdites parties, sanz les travailler doresenavant ni les tenir en procès, mais les délivrent et mettent nors de touz procès faiz et commenciez pour ce, et de nostre
présente quittance, rémission et pardon, laissent et facent joir et user les dites parties sans les molester ou travailler, ne faire ou souffrir estre molestez ou travailliez en aucune manière au contraire. Et pour ce que ce soit chose ferme et estable à tous jours mes, nous avons fait mettre nostre seel en ces présentes, sauf en autres choses nostre droit et l'autrui en toutes. Donné à Paris, le vii^ jour de septembre l'an de grâce mil ccc soixante dix huit, et le xv« de nostre règne.
Parle Roy, L. Blanchet.
{Archives îiationales, JJ 113, fol. 168 v», n° 347).