IV
* XL, 15. — Ce sont peut-être les expédients des Arabes ; v, supra^ p. 25.
^ Tac, iinn., XI, 10: longinquam militiam aspemebani,
* Aussi était-il c aussi prompt à regretter ses rois qu'à les trahir » (Id., VI, 36).
' Lucan., Phart., VIII, 377-8:
f^on aries illis^ non ulla est machina belii ; Haud fossas implere ualent,,,
Add. Instin., ibid.
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ou du Tigre ; il paraît bien avoir emprunté, pour les constrnirey des ingénieurs grecs ou romains *.
Contre les Parthes, les Romains usaient volontiers de l'accusation de perfidie, grief classique à Tégard de presque tous les peuples, sorte de lieu commun dont on retrouve mainte trace dans la littérature ". Les Perses n'échappaient pas davantage à ces insinuations; la crainte qu'ils inspiraient y était pour quelque chose. Notre information sur l'armée des Sassanides est incomplète ; les auteurs anciens ne fournissent d'ordinaire que des aperçus un peu contradictoires^. Selon Agathangelos *, Ârtaxerxës, premier roi de cette dynastie nouvelle, aurait, rompant avec le système parlhe, créé et conservé une armée permanente, à solde régulière et commandée par des généraux et officiers distincts des satrapes. Les auteurs arméniens sont sujets à caution; celui-ci parait bien commettre une exagération. Lydus ^ tombe sans doute dans une autre, en sens opposé, disant que « les Perses n'ont pas, comme les Romains, de troupes déterminées et exercées habituellement au combar II leur faut du temps pour se procurer une armée et les fonds nécessaires pour soutenir une guerre ». Nœldeke ' incline à une solution moyenne plus raisonnable. Il est souvent question de troupes de c gardes » qu'on ne peut concevoir
* Amm. Marc, XXIV, 5, 1.
' Cf. Horat., Epist,. II, 1, 112 : Inuenior Parthis mendacior. lustio., XLI, 3: Ingénia genti iumida, sediliosa, fraudulenta, procacia. Il rend pourtant hommage à leur caractère superbe et à leur sobriété. Les peuples anciens volontiers s'adressaient de semblables' compliments. Pour ne pas sortir de mon sujet, je citerai seulement Tépigramme sur les Gappadociens copiée par Lydus {de magislr., III, 57) :
EaTTita^^xai «aû[Xot jaIv àeC] • Çwvïjç Sa xuj^<5vxeç
^auX6xepoi • xépSouç 8* slvexa ;pauX<5TaToi • i)v 8' apa oiç xat xpîç jieYaXT); 8pd$u>vTat àitYJvijç,
07^ pa T<5x' etç uipa^ çauXe7ti(pauXoxepot.
3 Et les historiens modernes se sont laissés aller à des confasions d'époques regrettables. M. Dieulafoy (UArt antique Je ia Perse^ Paris, V (s. d.), p. 140) invoque, à propos des Perses, Horace, Virgile, Tacite, dont les appréciations ne peuvent concerner que les Parthes.
» De Magistr,, III, 34.
^ Tabari, Excune, p. 442. Lydus, dit-il, se souvient irop ici de ses auteurs classiques. Mais Tauteur du De magistratibus parle d'après le « tacticien Gelsus ».
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que pennaaenies ; les garnisons postées dans les places de frontières ne devaient pas y être envoyées seulement en cas d*alerte; mais, selon toute vraisemblance, elles restaient sans cesse au service du roi ^ 11 est probable du moins que ces troupes permanentes ne se recrutaient pas uniquement parmi les Perses ; on les enrôlait surtout chez les barbares voisins, peut-être en grande partie chez les Scythes et Sarmates avec lesquels la puissance sassanide eut aussi à compter.
Mais la masse de l'armée perse de ce temps devait avoir son origine dans une double tradition, héritée à la fois des Achéménides et des Parthes \ L'organisation féodale subsistait, ne laissant point au souverain une entière liberté d'action. Il était tenu ' de réserver certaines fonctions aux grandes familles, et ce principe s'appliquait peut-être, non seulement aux charges honorifiques de cour, mais aussi aux commandements militaires élevés. La haute noblesse avait à convoquer ses vassaux, et ceux-ci convoquaient leurs sujets, quand une campagne se préparait. La foule du peuple constituait Tinfanterie ou la cavalerie légère des sagittaires ; l'archer était protégé par le .grand bouclier d'osier ^ déjà en usage du temps des Achémé- !- nides, et qu'il plantait en terre au moment de lancer ses • traits ; les instructions militaires d'Anouchirvan * portent qu'il devait avoir deux arcs, quatre cordes et cent soixante flèches *. La cavalerie légère parait avoir perdu de son importance sous la nouvelle monarchie ; on n'entend plus guère
^ Il faut tenir compte aussi, etderexempleimpressioDDantdesRomaiod, que les Perses ne dédaignaient pas, el de cette assertion d'Ammien (XXIII, 6, 14), négligée par Nœldeke: « Les plus grandes provioces (de Perse) sont gouvernées par des uilaxae, idestmagiêlnequitum,e\. par des satrapes du roi ».
' Ammien parle encore tout spécialement des habitants de la Parihie. c< Ils sont féroces et belliqueux ; ils trouvent tant de plaisir à combattre qu'ils regardent comme un bonheur insigne de mourir à la guerre et accablent de reproche, comme l&ches et poltrons, ceux qui terminent leors jours d*autre sorte ».
' D'après Procop., B. P., I, 6, 13.
*Amm. Marc, XXIV, 6, 8.
■ Dieulafoy, loc. cit.
* Ammien traite avec dédain cette infanterie et la confond presque avec la masse servile qui raccompagnait (XXIII, 6, 83) : pedites enim in speciem mirmilUmum contecti iussa faciunt ut calottes^ sequiturgue semper haee lurba tamquam addicta perenni seruitio nec stipendiis aliquando fuUa ncc donis.
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parler de ces escadrons insaisissables qui faisaient la force principale des armées parlhes ; au besoin, les Sassanides pouvaient emprunter celle des Arabes ou des Arméniens de leur allégeance *.
A en juger par les autres sources *, un tableau d'ensemble assez fidèle, en même temps que pittoresque, nous serait fourni par le romancier Héliodore d*Émëse ' de l'aspect que présentait une armée perse en marche, vers Tan 400 de notre ère :
Les Perses venaient en bonne ordonnance... ; la splendeur et la magnificence, toujours ordinaires aux Perses, se faisaient admirer de loin ; et le soleil, qui donnait d'aplomb sur leurs armes, d'ailleurs brillantes par elles-mêmes, renvoyait un éclat que les yeux avaient peine à soutenir. Leur aile droite était composée de Perses et de Mèdes, dont les mieux armés étaient en tète ; ils étaient suivis de gens de trait, nus et sans armés, pour qu'ils pussent tirer leurs flèches plus à Taise. L'aile gauche était occupée par les Égyptiens et les Africains, et tout ce quil y avait d'étrangers à la solde du roi de Perse. Oroondates (le satrape) s'avançait au centre sur un char magnifique, armé de faux, et bien escortera droite et à gauche pour la sûreté de sa personne. 11 était précédé par sa cavalerie ordinaire, armée de toutes pièces, dont le courage et la fidélité lui étaient connus. Ce bataillon, composé de gens d'élite, tirés des meilleurs troupes, est toujours la force essentielle de l'armée perse ^. 11 y faut des hommes robustes et capables de soutenir le poids d'une armure de fer, qui les couvre de la tête aux pieds. Cette armure est faite de lames de fer ou d'airain, forgées les unes dans les autres en forme d'écaillés» qui joignent au corps sans lui rien ôter de sa liberté de mouvements \ Ainsi équipés, ils se laissent emporter par leurs
* Amm. Marc, XXIV, 2. 3; Zosim., III, 26-27.
* Cf. Hawlinson, The Sevenih gréai Monarchy ^ or ttUiory of..*Persiaf London, 1876, p. 648-655.
3 Aethiopic, IX, 14.
* V. infra^ p. 50, note 3.
' Cf. Amm. Maro., XXV, 1, 12 : « Ces Iroupes étaient couvertes de fer ; d'épaisses lames de métal, parfaitement ajustées aux jointures du corps, enveloppaient chacun de leurs membres. Leurs têtes étaient coiffées de casques qui imitaient les formes humaines... ; elles ne pouvaient être blessées que par de petites ouvertures faites pour les yeux et les narines ».