‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 18 sur 83 · LES PÂRTHK8 ET LE8 PERSES · texte numérisé non relu

LES PÂRTHK8 ET LE8 PERSES

il s'abstenait. Un jour pourtant, consterné des revers sans fin essuyés par son armée devant Amida, Sapor ■ se jeta, comme un simple soldat, au milieu de la mêlée, ce qu'on n'avait jamais vu jusque-là ^ ». Il est frappant qu'à la basse époque les théoriciens de la stratégie mettent tant d'insistance à répéter que le chef ne doit pas s'exposer en personne ; s'il tombe, c'est la conrusion dans les rangs *.

Les Perses ont compté quelques généraux hors de pair, comme cet intrépide Mermeroes, accablé d'ans, infirme, ne pouvant plus monter à cheval et se faisant porter dans une litière au milieu de son armée '; mais les Chosroès ou leurs pareils étaient toujours, bien plus que les Césars romains, sinon sur le champ de bataille, au moins dans le voisinage ; ils assuraient une plus grande unité de vues et une plus constante obéissance. Sur ce point il y aurait, entre les deux états, une différence à signaler.

En revanche, on a quelques indices d*une disposition qu'aurait eue Chosroès I" — d'autres encore l'eurent peut-être — à s'inspirer de l'exemple byzantin, dans ses mesures intelligentes pour l'administration et la protection des frontières ^. Procope, parlant d'un dignitaire perse qu'il appelle le chanarange^ ajoute qu'il était commandant des troupes d'une province-frontière ', quelque chose donc comme le dux rotnain. D'autre part, Ménandre, dans un texte d'interprétation incertaine, paraît établir un parallèle entre des fonctionnaires des deux empires, pareillement chargés de la police sur les confins ^ Théophylacte Simocatta enfin identifie avec le maître de

* Amm. Marc, XIX, 7, 8.

< Maarit., StraUg,, II, 15, p. 70; VII, 1, p. 136. — SI, au ftiôge de Jérusalem, c les soldats conjurent Titus de ne pas risquer aa vie, si précieuse i (los., 6. /., V, 87), il n'y faut voir, je crois, qu'une marque particulière d'atlacbement envers lui. Mais il en est autrement cinq siècles plus tard, quand les soldats pressent le général en chef de se retirer à l'arrière-garde (Tbeoph. Simoc, II, 2, 10).

» Agath., II, 10, 2.

^ Nœldeke, Tabari^ p. 160, note 3.

* B. P., 1, 5, 4 (cf. I, 21, 15) : xavapi^Y^lc 81 xè àJ£w(Aa {îXi\ l' Sv èv nipaai^ fftpaTTjYÔç toÛi4 ^t) Trpoç «ùxatç irou xaïç âdj^axiaï; X7)ç nepgwv "pi< xr^v àpx^v e^u>v èv y^pqf % xoT< 'E'fOaXîxai^ 6'fi,op6c èoxi. Les auteurs arméniens rendent ce titre par le terme équivalent de manpan {Joum. asiaiig., 1866, I. p. 114).

« Excerpt. de légat, Homan,, Migne, PGL, GXIII, p. 920 G = De Boor, p. 216, I. 25-27: *0 Si ft xwy jiî6op(u>v Xs^^^fAevo; itpoxtxxwp (SifjXoT Se

60 GKNÉRALITÉS GÉOGRAPHIQUES ET ETHNOGRAPHIQHES

la milice l'officier perse qu'il appelle le ferochane \ et nomme UD maître de la milice d'Arménie désigné par le roi de Perse ^•

Je ne me dissimule pas que ce sont peut-être là autant de rapprochements forcés; Théophylacte en particulier, qui n'était pas militaire, a pu apporter dans ces questions un esprit de simplification exagéré. Pourtant, d'une façon générale, je crois saisir, dans ce problème du commandement, comme dans bien d'autres sujets, les traces d'une influence réciproque, qui a conduit à des emprunts de part et d'autre, à une assimilation d'ailleurs limitée.

Douteux encore dans les questions d'administration militaire, ce parallélisme Test infiniment moins dans le domaine de la stratégie et de l'organisation des troupes. Divers traits nous Pont déjà fait pressentir; nous nous en rendrons mieux compte en étudiant les institutions byzantines. Rien n'est plus propre à mettre en plein relief les difficultés particulières que soulevait cette « question d'Orient » sous Justinien. L'acharnement au mieux de l'un des adversaires suscitait ainsi les progrès de l'autre. Il est manifeste que les Perses, malgré une haine héréditaire et tenace, n'hésitèrent pas à s'approprier, de la tactique romaine, ce qui leur semblait avantageux. C'étaient des adversaires fort dignes de ceux qu'ils combattirent pendant près de quatre siècles, et l'on peut dire que, surtout vers la fin de cet antagonisme, leur armée présente, à un haut degré, les qualités et les défauts des troupes byzantines. Nous reviendrons sur ce point capital.

icapà *Pa>{Aa(oic xàv èc xouto xaxaXcY^fJLevov à$(ac xov poco'fXeiov xpomce^ocT-

* IV, 2, 2 : Horroisdas... aÛTOxpàtopa toûtcoXI{jlou icpocmj^orco otpo)^àv)]v TÔv Qâp9T)v • TÔ 8' ovofia xV "^^^ (zayi^po^ èi^ivt x^ 'Pcofiaïx'fi ivffT)[xfli(v6xat yXcôxtt^... Tout ceci, à vrai dire, est assez tlottaDt. En effet, au lieu du ferochaoe, ce serait le spakpat (Nœldeke, Tabari, p. 444) qu'où devrait rapprocher du mattre de la milice, terme que Procope,ea divers endroits du B. P., rend par *Affné6ESo(; ; mais on se demanderait si, pour lui, ce n'est pas là un nom propre de personne, et non de fonction ; la môme réflexion s'impose bien plus encore pour i"A(T7cexto^ de Théophane.Et quand même les auteurs byzantins s'exprimeraient nettement, cela ne prouverait pas qu'ils n'ont point fait une confusion. Ainsi, pour Meoander Protector (fr. 11) Z(^ est un àjiwjjia; pour Agathias (IV, 30, p. 275), c'est un ovofAK ; et pour les orientalistes modernes, c'est le nom collectif d'une grande famille féodale, comme le terme de Suréna.

' Theoph. Simoc, III, 5, 15 : 6 xaxà xàc 'Ap(iev(a< xàc oxpatr^Y^Bsc Xa^cÂv.

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