‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 37 sur 83 · LE COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

LE COMMANDEMENT

il subordonnait les deux nouveaux ducs d'Arménie *. Mais ce chef d'armée supplémentaire remplaçait en même temps un autre dignitaire dont Tidentité n'est pas facile à reconnaître.

Comité Armeniae penitus sublato, dit la Constitution ; quel cornes Armeniae ^ Seeck * admet que c'est l'ancien dux Armeniae de la Notitia, devenu cornes par une faveur personnelle dont il y a déjà un exemple en 371 *.

F. Grossi-Gondi ♦ a fait une autre hypothèse : Unç Novelle de Justiuien^ rendue en 536, supprime les deux anciennes provinces d'Arménie et en crée quatre nouvelles ; le gouverneur de la troisième reçoit le titre de comte et des pouvoirs militaires ; c'est ce cornes que supprime la Constitution. J'ignore les raisons qui ont conduit Giiterbock ^ à proposer pour cette dernière la date de 538, mais ce texte est certainement, comme le dit Seeck, de 535 au plus tard, date de l'achèvement du Codex Instiniamis ; donc antérieur à la Novelle ; et la conjecture de Grossi-Gondi s'écroule ••

Giiterbock etHiibschmann s'arrêtent à une interprétation qui me parait plus acceptable ; trois ans après le partage de 387, Arsace meurt; il reste sur ses domaines cinq satrapes, auxquels Rome se borne à superposer un cornes Armeniae ' ; ils font la police avec des troupes locales, de caractère purement arménien, tirées des gentes dont parle la Constitution. C'est ce comes qu'elle supprime ; les satrapes, eux, subsistent jusqu'en

aateur quelques lignes plus loin, est dit tov èv 'ApfievîoK; orpaxT^Y^^- Malalas (XVHI, p. 465) nomme le mattre de la milice d'Arménie ; on voit par son récit que cet otfîcier était en même temps mag, miiiL prae-

sentalis: xiXeuaac TÇiXTqt toû axpoi'zr^\dxTi iipaiffévxou èv 'Apfi&vîqc Sia^ovct

xaxaXaêcïv ttjV àvatoXiQv izpbt; dUfjLfjia^^Cav, oœtk; TJ^txxaç xat Depcrixàç X^P*<î TrapéXaSe. Procop., B. P., I, 15, 3, confirme aussi le fait très nettement. Mais cette confusion fut-elle régulière et permanente ?

« Supra, p. 165.

* Comités, ap. Pauly-W., p. 639, n« 8.

' Amm. Marc, XXIX, 1, 2 : Traianus comes; cf. XXX, i, 18 : agenlique tune in Armenia Traiano et rem militarem curanti.

^IH%. De Ruggiero, Comes, p. 521.

^ Rômisch. Arménien,.., pp. 42, 56. Je cite de seconde main son travail que je n'ai pu me procurer.

^ Le comes [rei mililaris] PalaesUnae, également supposé par Grossi- Gondi (ibid.) n'a aucune base sérieuse dans les deux inscriptions quMl cite, et qui nomment seulement un xofjtT^; — dont on ne peut préciser la qualité.

^ Procop., Aed., III, I, p. 246.

536, déchus de leurs fonctions militaires. Seulement ce comte n'existe qu'à dater de 390 ; on ne saurait donc le confondre avec le comte Trajan de 371, à moins que précisément le duc d'Arménie — comte à titre personnel — n'ait cumulé ses fonctions anciennes avec le contrôle des satrapies. Il faut noter que le titre de Tcponr{kitT^ç {magister militum) n'est pas donné par Procope à Zittas (Zetas dans la constitution) ; l'historien parle peu nettement de l'envoi de Zittas en Arménie, pour mettre un aux exactions des gouverneurs précédents, qui avaient suscité une révolte ^ Mais nous avons une autre attestation d'une réforme profonde : dans la même année 536, Justinien précisait ses intentions par la Novelle XXI de ArmefUis, ut ipsipèr omnia sequantur Romanomm leges.

1 Id., B. P.. II, 3. 6-7, 8 sq.

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