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» EpiL, IV, 13 sq.
* fi. 6., I, 21, 3 sq. ; ses contemporains, Âgaibias, Simocatta, fournisBent aussi quelques données.
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les gens de sa race en avaient appris le maniement du jour où ils avaient commencé à peupler les armées romaines. Je ne songe pas à étudier ces textes en détail ; une telle analyse, avec essais de restitutions, a été faite depuis longtemps et bien des fois ^ Je rappelle seulement en quelques mots les principaux types et leur emploi.
On pouvait se servir en rase campagne, ou, dans les sièges, à la fois pour l'attaque et la défense, de la baliste et de Tonagre (ou scorpion). Procope les caractérise mieux que personne : la première est « comme un arc » qui lance une flèctiQ gigantesque, poussée par la détente avec une telle rapidité que, dit Âmmien, il en sort parfois des étincelles; l'onagre est c semblable à une fronde » énorme, projetant, à ressort lâché, une masse de pierres qu'un homme ne pourrait agiter et ébranlant le sol sous la violence de la secousse^. Les scorpions de la X" légion, au siège de Jérusalem, lançaient des pierres pesant au moins un talent, et dont la portée dépassait deux stades ; elles renversaient plusieurs rangs de soldats '. Devant lotapat, Vespasien avait disposé cent soixante machines * : dans le nombre, il y avait aussi des béliers, longues poutres à têtes de fer, balancées sur des cordes de suspension et qu'on faisait porter, après le maximum de recul qui leur fournissait de l'élan, sur le mur à renverser ^. A l'un d'eux, pour ses exploits, les Juifs avaient donné le surnom de Nicon (le vainqueur) •.
* V. le résamé de ces travaux dans Marquardt, op. ciL, p. 249 sq. — Désireux de ne pas déborder mon cadre géographique, je n'ai pas en à tenir compte de Tarticle de Rudolf Schneider, Gesckùlze auf anliken Relie/s (Rom. Mitih., XX (1905), p. 166-184), consacré à un bas-relief de Pergame et à une stèle d'Italie du i®' siècle.
^ Pendant le siège de Maiozamalcha, dit Ammien (XXIV, 4, 28), « un de nos ingénieurs qui se tenait derrière un scorpion perdit la vie, ayant été alleint à la poitrine par une pierre que le servant de la pièce n'avait pas bien placée dans la fronde ; ses membres furent déchiquetés aa point qu^on ne pouvait plus le reconnaître ». Au siège de lotapat, s'il en faut croire Josèpbe (B. /., III, 245-6), « une des pierres lancées par les machines (romaines) emporta à trois stades la tète d*un assiégé; une autre, ayant traversé ie corps d'une femme, envoya à un demi-stade Tenfant dont elle était grosse. »
» los., B. L, V, 270.
* Ibid,, m, 166.
^ Ibid,, III, 213 sq.
« /Wrf., V, 299.
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Ammien déclare que de son temps le bélier était méprisé et remplacé par Thélépole (ou hélopole), du reste très anciennement connue. La seule différence entre eux est que la poutre» au lieu d*êlre simplement suspendue à une sorte de gibet, exposé à la vue et aux coups, fonctionnait, dans Thélépole, à l'abri sous une sorte de cabanon pourvu de roues et où les servants se plaçaient eux-mêmes à couvert. L'hélépole n'était ainsi qu'une combinaison du bélier et de la tortue, machine d'osier en forme de toit, close de tous côtés, et sous laquelle les assiégeants entreprenaient les travaux de sape ou de mine '. Ses roues la rendaient mobile ; aussi n*é tait-il point nécessaire de la démonter pour la transporter sur des chariots, et on évitait de la sorte un formidable embarras d'équipages ; enfin elle entrait plus vite en action et exposait beaucoup moins d*existences.
La plupart de ces engins représentaient un volume et un poids considérables ; des outils de moindre masse pouvaient suffire aux assiégés, dont l'affaire était de tuer plus que de démolir, ou qui ne visaient du moins que des constructions improvisées, moins stables que des maçonneries. Voilà comment les habitants d*Amida opposèrent aux travaux des Perses des balistae leuiores ^ qui suffirent à faire avorter un assaut.
Déjà, sous Vespasien, les Juifs firent montre d*une grande ingéniosité pour neutraliser ou atténuer Teffet des batteries romaines. Josèphe s'attribue à lui-même ' Tidée, qui fut appliquée, de planter devant les murs de grosses poutres, où Ton attachait des peaux de bœufs nouvellement tués, encore humides et molles, contre lesquelles s'abattaient sourdement les flèches et les blocs ^. Une autre fois, il fit remplir de paille quantité de sacs qu'on descendait avec des cordes et qui s'in* terposaient juste à Tendroit où le bélier allait frapper ^ Rivali-
' ïbid.f II, 537; Agatb., III, 3, 4; la tortoe, suivant sa forme, peut aiosi se confondre avec ce que Végèce appelle des uineae ou des pluiei ; Ammien (XIX, 5, 1) parle aussi des plutea de branchages des Perses.
* Amm. Marc, XIX, 5, 6.
»B. /.,IIl, 173.
^ Au siège d'Édesse, des Huns se garantissent des traits en élevant des toitures en poils de bouc, cilices (Procop., B. P., II, 26, 29).
^ B. /., III, 222 sq. Végèce (IV, 23) indique un procédé anologue, où les sacs de paille sont seulement remplacés par des matelas et couvertures de laine. Eq défendant un fort de Lazique, les Perses se protègent
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sant d*adresse, les Romains coupaient les cordes avec des faux fixées à de longues perches '. Titus ayant remarqué que la blancheur des pierres de fronde dénonçait leur venue, et que les Juifs avaient le temps de s'avertir réciproquement et de se jeter à terre pour laisser les projectiles passer au-dessus d'eux, il essaya de faire noircir les pierres, et Josèphe assure que l'invention lui réussit *.
Un des assiégés de lotapat, en précipitant une lourde pierre sur la tête d'un des béliers, parvint à la rompre '. Artifice accessoire, dont on ne pouvait attendre que des succès partiels, insuffisants. La graude ressource était plutôt l'incendie, à l'aide du soufre, de la poix, du bitume et autres combustibles^; mais, il fallait parfois pour y réussir, opérer une sortie audacieuse, comme les Juifs en essayèrent, se heurtant à la cavalerie et aux archers que Titus avait disposés tout autour des pièces, renversant même de la main les couvertures étendues sur elles ^. Il est certain qu'au premier siècle on avait déjà imaginé ces malleoli ou phalaricae^ décrits par Végèce et Ammien, sortes de dards enflammés, qu'on dirigeait sur les peaui enveloppant les tortues et les béliers, et que l'eau n'éteiguait pas, mais seulement le sable et la poussière *. Il ne semble pas
des coups derrière des toiles et voiles tendus (Agath., III, 4, 2). Ailleurs, ils recourent eux aussi à la paille, dont ils remplissent de grands sacs, en Gl et poils tissés (Theoph. Simoc, II, 18, 3), ou même appliquent simplement contre le mur des pièces de bois (Procop., B. P., I, 7, 12); cf. Dio Gass., LXVI, 4.
* ÏOB, B. I., III, 225.
* Ihid,, V, 271-3. — Il est difficile d'ailleurs de prendre au sérieux toutes les anecdotes de Josèphe, par exemple celle-ci : « Quand les Romains eurent achevé leurs IraTaux (de siège, devant Jérusalem), ils jetèrent un plomb attaché à une corde pour mesurer l'espace entre leurs terrasses et le mur de la ville, car les traits des assiégés empêchaient d'approcher. On vit que les engins pouvaient porter jusque-là ; Titus les fit donc mettre en batterie » (B. L, V« 275-7). Un essai véritable eût été aussi simple et plus probant.
» IWrf., III, 230; Dio Gass., loc. cit.; cf. Veget., eod. loe. : « D'autres saisissent les béliers avec des nœuds coulants et les renversent. » C'est exactement ce que firent les assiégés perses de Bezabde (Amm. Marc., XX, 11, 15). Tous ces moyens de défense contre la machinerie de siège sont encore énumérés dans le StraUgicon de Maurice (X, 3, p. 244), qui ne constate aucune invention nouvelle.
* los., B. J., III, 227.
» Ibid., V, 279-281 ; cf. 473-477.
* V. supra, p. 142, note 2.
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cependant que les Juifs s'en soient servis. On peut croire du reste que l'effet n*en était pas très sûr, peut-être parce qu'il n'était pas aisé de leur donner la rapidité convenable : partant trop vite, ils ne restaient pas allumés. Du moins, au temps de Constance et de Julien, on continuait à user de revêtements en cuirs mouillés ^
On ne voit pas nettement quand les Perses commencèrent à construire eux-mêmes des batteries de siège ; Ammien rapporte que contre Amida ils dressèrent quae direpta Singara posséderont * ; il y en eut de brûlées par les Romains, mais peut-être pas toutes, puisque plusieurs pièces demeurèrent en activité '. Lorsque Constance voulut reprendre BezaDde^il se servit « d*un énorme bélier que les Perses autrefois avaient emmené d'Antioche et laissé à Carrbae > ^ ; les assiégés se défendent avec des tuiles^ des meules, des fragments de colonnes ; il n'y a qu'une allusion vague à des machines ^ Au siège d' Amida, sous Anastase, l'artillerie persane est passée sous silence par les chroniqueurs ; au contraire, il nous est conté que les habitants construisirent une formidable fronde, que les Perses appelaient dans leur langue Toubaha, parce qu'elle leur interdisait tout travail d'approche et les décimait : elle projetait des pierres de plus de 300 livres, qui fracassaient les toitures des plutei et écrasaient les hommes postés au-dessous *. Devant Édesse, l'armée du roi Gavad subit les coups des machines que les habitants avaient dressées sur les remparts, protégés eux-mêmes par des lapis de crins ^.
Nos sources occidentales donnent peu d'éclaircissements sur remploi que les Perses ont pu faire des machines de guerre : c'est à coups de béliers dans une tour récemment construite et encore mal séchée qu'ils forcèrent l'entrée de Singara • ; Malalas dit aussi que, grâce à leurs engins, ils détruisirent,
• Amm. Marc., XX, 7, 13 : Vnus aries residuis celsior umectis laurinis operius exuuiis : cf. encore XX, 11, 13.