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• Ibid,, 7-8.
^ Id., XX, 11, 11 ; il avait fallu le démonter poar le transport. i
' Ihid.y 11, 12 : Terrnenta nihilominus et lapidum crebritas alque fundu' rum exiUraque parie plurimos consumabant, ^ Josué le Stylite, Chroniq.^ 54.
•^ IbU., 60.
• Amm. Marc, XX, 6, 6-7.
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SOUS JustiDien, les murs de Gabbula '. Il n'est pas douteux que ce matériel leur était aussi familier que tout autre dont nous aurons encore à traiter. Du reste, au cours des temps, ces procédés s'étaient vulgarisés, répandus chez les barbares autant que dans les deux grandes nations. Ce sont même des barbares qui réalisèrent le dernier progrès que nous puissions signaler dans la période qui nous intéresse : L'attirail militaire allait se compliquant, s'alourdissant ; les cuirasses des cataphractaires devenaient, dans les deux armées, plus épaisses et plus volumineuses; les engins de trait et de percussion prenaient aussi plus de masse et de pesanteur. C'était un embarras pour les troupes, peu considérables en général, qui opéraient dans ces contrées. Une réaction se dessina en faveur d'une mobilité plus grande et d*une simplification des moyens ; elle se manifeste dans l'artillerie par l'invention du bélier des Huns.
11 était fait de perches, couvertes de peaux, remplaçant les anciennes solives qui soutenaient le toit; on n'avait conservé de poutre que pour Tinstrument de choc proprement dit ; l'ensemble en était fort allégé ; il n'y avait donc plus nécessité de le traîner, avec beaucoup de peine, dans les mauvais chemins. Une quarantaine d'homnies le soutenaient ; ils tenaient en main des pieux garnis de crocs de fer, avec lesquels ils abattaient les pierres des murs, déchaussées par l'effet du bélier. Les Huns construisirent un certain nombre de ces machines qui servirent aux Byzantins dans la guerre lazique * ; le général perse Mermeroes, les ayant entendu vanter, en fit taire lui-même par les Sabires de son armée *•
Durant la République et au début du Haut-Empire, l'artillerie, nous l'avons vu, servait aussi bien dans les batailles ; mais Je crois qu'à la longue elle n'eut plus guère son emploi, du moins en Orient, que dans les sièges ; nos sources conduisent à cette conclusion. Gela tient essentiellement au fait que j'ai déjà si-
* Malal., XVIII, p. 461 Bonn.
« Procop., B. G., IV, 11. 29 sq.
' Ibid.j IV, 14, 4. — Il pouvait arriver que le grand effort de la bataille se portât sur un bastion resserré, où peu de défenseurs trouvaient la place de manœuvrer. Ainsi, à Antioohe, des Romains, inoommodés dans un lieu fort étroit, s'avisèrent d'attacher ensemble de grandes pièces de bois qu'ils suspendirent le long des courtines, pour y loger un plus grand nombre de combattants ; mais les cordes de soutien se rompirent et les soldats furent précipités dans le vide (Id., B, P., II, 8, Qsq.)
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gnalé : rambition chez tout général de se rendre mattre des villes et forts qui encombraient sa route. A partir du vi* siècle surtout, en raison du système ordinaire de recrutement, les expéditions prennent bien souvent la forme d'entreprises de pillages ; on cherche à faire des prisonniers parmi les populations pacifiques^ h leur extorquer une onéreuse capitulation, à se ravitailler à leurs dépens. Les troupes de surveillance, aux frontières, étaient peu nombreuses, faciles à dépister, et celles de réserve lentes à réunir; la tactique des coups-demain s'imposait donc.
Les hautes murailles dont s'entouraient les camps et villes ne pouvaient généralement être abattues, ou traversées d'une brèche, par le jeu des pièces simplement posées au niveau du sol. Le premier acte de toute entreprise sérieuse contre une importante forteresse était l'investissement ; et le blocus ne s'établissait d'une façon satisfaisante qu'au moyen des lignes de circonvallation, fossés et parapets, aménagés à une certaine distance de Tenceinte K Par contre, pour permettre aux béliers l'approche des remparts, on comblait, au moins sur quelques points, les fossés de défense ^. Ce travail, un des plus périlleux, à cause du voisinage de l'ennemi en surplomb, s'accomplissait sous la protection des mêmes clayonnages ou toitures de peaux, qui préservaient aussi les pièces et leurs servants.
Quant aux batteries, leur trajectoire restait d^une justesse très incertaine tant qu'on n'arrivait pas à jeter un coup d'œil sur l'intérieur de la ville ; Vagger répondait k cette nécessité : ce nom désignait tout monticule atteignant le niveau des murailles. On l'échafaudait à l'aide de matériaux divers : ainsi, pour la terrasse que Vespasien fit élever devant lo tapât, du c6té le plus abordable % c on tira quantités de bois et de pierres
* Sur ce point, nous n'avons, pour les guerres d'Orient, aucune description comparable à ce que César nous rapporte du siège d'Alésia (Bell. GalL, VII, 69). Quelques altestations de ci de là : ainsi Titus fit, en trois jours, entourer Jérusalem d'un mur de 39 stades, avec i3 forts dont le tour était de 10 slades; tous les soldats y travaillèrent (los., B, 1., y, 499 sq.) ; Julien trace une double circonvallation autour de Maiozamalcha, en Babylonie (Âmm. Marc, XXIV, 4, 10).
* Titus fit mieux encore : il nivela, sur une aire considérable, tout l'espace entourant les murs de Jérusalem (los. , B. i., Y, 106 sq.); la X* légion reçut la même mission devant Gamala (Ibid,, IV, 13). Comblement des fossés à Machéronte (VII, 190), à Maasada (VU, 304).
» Ibid., III, 162 sq.
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des montagnes voisines ; la terre, on la prenait aux lieux les plus proches, et on se la passait de main en main » ; les bois formaient une sorte d'armature renforcée par un blocage*. Du sommet, on pouvait lancer un pont donnant accès à la crèle des murs ^ Si la terrasse ne suffisait pas, on lui juxtaposait — ou superposait— une tour, grand travail en charpente, menacé d*incendie comme les machines, et qu'on recouvrait donc de cuir, parfois même de plaques de fer '.
C'était une rude et longue entreprise que la construction de ces tours, et il n'apparaît pas qu'elles aient rendu des services proportionnés. Les sièges dont nous avons des récits complets aboutissaient d^ordinaire, grâce à quelque autre tactique ^; et dans ces succès la mine avait souvent le premier rôle, ou bien la sape. Gamala fut prise très simplement: trois soldats de garde se glissèrent nuitamment jusqu'au pied de la plus haute tour de la cité ; ils arrachèrent des fondements cinq grosses pierres et se retirèrent ; la tour tomba, entraînant ceux qui y étaient postés *. Contre les ouvrages des assiégeants, aussi bien que contre les fortifications d*une ville, on pouvait employer — et on employa bien des fois — un procédé banal: ainsi Jean de Giscala fit miner une des terrasses des Romains et soutenir avec des {^ieux la terre au-dessus du sol ; puis on jeta dans la fosse du bois enduit de résine, de poix et de bitume, auquel on mit le feu ; les étais consumés, la terrasse s'effondra *. Quand les Romains voulurent reprendre Amida,
< Cf. JoBué le Stylite, Chroniq., 54 : Gavad, devant Amida, s'efforce de relever une plate-forme qui était tombée : il ordonna de l'emplir de pierres et de bois, d'apporter des tissas do poil et de lia, d^en faire des outres et des sacs, de les emplir de terre et de surélever ainsi la plateforme jusqu'à la hauteur des mors. — Terrasse des Perses devant Édesse : bois, terre et pierres (Procop., B. P., II, 26, 24).
2 C'est ce que les Romains tentèrent à lotapat; les Juifs semèrent sur les ponts du sénevé cuit, ce qui les rendait glissants et infranchissables (Ï09.. B. /., III, 277.)
* Ibid., V, 292, 297.
^ Les inspirations du moment fournissaient toutes sortes d'artifices ; je ne puis indiquer chaque variété. Et de môme pour la défense : les assiégés d'Hatra, par exemple, imaginent de jeter sur les assaillants des pots de terre remplis d'insectes venimeux, qui s'insinuent dans les yeox et au défaut de la cuirasse (Herodian., lU, 9, 5).
* los., B. /., IV, 63-65. A Jérusalem, la sape réussit contre un des remparts (VI, 26-28), mais échoua contre les murs extérieurs da temple : les leviers s'y rompaient (VI, 222).
* l^ûf., y, 469-470. Autre tour minée secrètement par les assi^'
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sous Anastase, ils firent de même, mais le parement extérieur du mur tomba seul. On creusa davantage pour amener Taffaissemenl total : mis en éveil, les Perses bouchèrent le trou, et, au-dessus de la terre tassée, maintinrent un fossé qui longeait intérieurement l'enceinte ; ils y dirigèrent une source, afin d'être avertis par Técoulement de l'eau, si les Romains poursuivaient leur tentative *. Une autre fois, dans une sortie, les assiégés de Bezabde, allant discrètement, courbés, glissent des brandons dans les jointures d'une terrasse, faite de branches d'arbres et de roseaux, gui ne fut pas longue à prendre feu ^. L'escalade même, malgré ses risques évidents, fut, semblet-il, encore plus profitable. C'était, ou la méthode du premier jour, dans la confiance du début, ou l'entreprise finale^ dans Texaspération d'une longue impuissance. Aux derniers mo-
Procop., B. P., I, 7, 14 ; Josué le Stylite, Chron,^ 51. C'est exactement de cette façon que les Perses s'emparèrent de Pétra, en Laziqao {B. P., II» 17, 23 sq.). — A côté de lattaque, mentionnons la défense par l'incendie : les Romains s'engagèrent inconsidérément dans l'assaut d'un des portiques du lemple de Jérusalem, que les Juifs avaient rempli de bois, de soufre et de bitume: ceux-ci feignirent de s'enfuir à l'exception de quelques-uns, qui mirent le feu pendant qae les Romains appliquaient des échelles ; les assaillants périrent dans cet embrasement (les., B. L, VI, 177-180).
* Josué, 72. — Plus tard, ce fut le tour des Romains d'imaginer un artifice nouveau pour assurer le succès de ce vieux stratagème si éventé : Les défenseurs d'Ëdesse creusaient une mine dans la direction d'une terrasse ennemie ; ils étaient à mi-chemin quand le bruit parvint aux oreilles des Perses, qui commencèrent à fouiller de leur côté, pour surpendre les travailleurs ténébreux. Mais leur manœuvre aussi est reconnue : les Romains abandonnent la partie et rebouchent leur cavité; puis ils en pratiquent, avec plus de bonheur, une seconde aboutissant à l'autre extrémité de la terrasse, la remplissent de combustible et mettent le feu. Les Perses accourent; pour les tromper sur l'origine de l'incendie, les habitants lancent des pots chargés de charbons incandescents, et des flèches enflammées ; pendant ce temps le feu souterrain continuait son œuvre, et quand Ghosroès le remarqua, il était trop tard pour en arrêter les effets (Procop., B. P., Il, 27, 1-17). — Attaquant Dara, Ghosroès faisait creuser une mine sous les murs ; quelqu'an en avertit les Romains, qui postèrent un grand nombre de pionniers dans l'espace compris entre les deux murailles. Gomme les Perses creusaient toujours an ligne droite, on fît un fossé de traverse, sur le conseil de l'ingénieur Théodore; plusieurs y tombèrent et y périrent, les autres se sauvèrent ; et Ghosroès renonça à son entreprise [Ibid., II, 13, 20 sq.)
> Amm. Marc, XX, 11, 18.
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ments du siège de Jérusaiem, les Romains grimpent à Tassaut du temple, sur des échelles que les Juifs renversent toutes chargées d'hommes, avec opiniâtreté ^ Au cours d*un siège eu Arménie, un soldat byzantin^ s'étantmuni de coins aigus, bh enfonce un dans le joint de deux pierres d'assise, y pose un pied, insinue un autre coin plus haut, pour l'autre pied^ et s'efforce de monter en se cramponnant aux pierres saillantes. Deux fois on le repoussa ; il réussit à la troisième, et d'autres l'imitèrent '.
Perses et Romains rivalisaient d'ingéniosité : pendant l'un des nombreux sièges de Nisibis, le roi Sapor imagina d'intercepter très en amont le Mygdonios, dont le lit traversait la ville : il laissa les eaux s'accumuler contre les rives surélevées et soudain leur donna libre cours, les lançant comme un bélier contre le mur de la ville qu'elles culbutèrent. Il attendit jusqu'au lendemain, afin de trouver un passage à gué, quand la boue aurait séché, puis se précipita avec toutes ses troupes, mais s'aperçut que le double mur avait été entièrement relevé durant la nuit '. Les Byzantins s'emparèrent du fort de Tzacar en Colchlde grâce à un soldat isaurien : ayant épié les gens qui venaient de nuit chercher de l'eau à une source, il observa discrètement la disposition des lieux, et une bande d'assiégeants réussit à pénétrer par cet endroit dans l'intérieur*.
Les Sassanides furent toujours alarmés de la menace que constituait en face d'eux la forte place de Dara et s'acharnèrent à la neutraliser ou à la prendre : Chosroès, un jour, y envoya un ambassadeur avec une nombreuse suite ; ces hommes devaient essayer de trouver logement dans différentes maisons et d'y allumer l'incendie, l'obscurité venue ; après quoi ils ouvriraient les portes à une armée que le gouverneur de Nisibis avait ordre de tenir prête aux alentours. Mais les habitants
*Ï08.,fi. I., VI, 223.
« Theoph. Simoc, 11,18, 15 sq.
• Le récit le plus détaillé est dans Théodoret, jH. eccL, IF, 26, p. 1076, Migne.
\Agath., IV, 5, 3. — Cf. Aram. Marc, XIX, 5, 4-5 : Il y avait à Amida des souterrains conduisant par des degrés au Tigre, où on allait pajser de Peau, et partant d'une tour située au midi. Au milieu de la nuit, guidés par an transfuge (un bourgeois de la ville), 70 sagittaires du bataillon royal perse, se glissèrent jusqu'à la troisième charpente de cette tour ; arrivés là, ils donnèrent le signal à leurs compatriotes pour une attaque combinée §u ^edapç et au dehors.