‹ La frontière de l'Euphrate de Pompée à conquête arabeChapitre 43 sur 83 · CHAPITRE VI RÉGIME ADMINISTRATIF ET LÉGAL DE L^ARMÉE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI RÉGIME ADMINISTRATIF ET LÉGAL DE L^ARMÉE

J'éviterai de revenir, les ayant exposés dans l'Introduction, sur les motifs qui font disparaître de ce chapitre certains développements qu'on attendrait peut-être * et réduisent les autres à une singulière brièveté. Je m'en tiens, on le sait, aux données qui s'appliquent aux régions orientales, sans aucune contestation.

§ I. — Les approvisioimements.

Le sujet présente un intérêt capital : en temps de guerre, il fallait prévoir des réserves suffisantes par elles-mêmes, car le pays à envahir était en grande partie désertique ; s'il ne Tétait pas, l'ennemi tâchait de le rendre tel temporairement : du moins, bien souvent, les récoltes déjà mûres furent dévastées, et lorsqu'une place assiégée devait renoncer à la lutte, on en brûlait les greniers et magasins avant de capituler. En temps de paix, les difficultés étaient moindres, grâce à la prospérité économique de la Syrie ; pourtant, au cours des années, lorsque les Romains pénétrèrent davantage dans l'intérieur, multiplièrent les postes avancés, perdus dans les pierres et les

* La bureaucratie militaire de ces régions, pour citer un exemple, nous est très peu familière. Nous n'avons que quelques mentions épigraphiques d'employés dans les bureaux des gouverneurs et des ducs. Waddington, 2700 : ^or^ôij* xopvt/.ouXap(a>v (jt^xzvao^ ; 2225 : un benefic iarius Bi commentarien sis ; 2X22 : 8oux7)vàpi£ xi^ecuç 8oux(5c (cf. 2405) ; CIL, XII, 4254 ; ex [t]abul{ario).,, Syriae Pala[e\slinae; Evvin, Palesl. Explor, Pund, 1895, p. 3t>, n° 62 : a quaesl{i}Oiiar(i)îs leg, III Cyr(enaicae).

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sables, un service régulier de ravitaillement devint tout ensemble plus onéreux et plus nécessaire. La création des limi- /«n^/ changea le problème sans le supprimer.

Nous allons nous placer successivement dans ces deux hypothèses : état de paix, état de guerre. Ai-je besoin d'ajouter que cet exposé présentera surtout des lacunes? Nous courons aussi le risque de commettre de fréquentes confusions : nous nous préoccupons ici des questions de droit, du régime normal ; les auteurs, eux, envisagent principalement les questions de fait et ne distinguentguère de façon explicite entre les réserves des villes * et les services de Tintendance militaire, entre les fournitures réglementaires de celle-ci, acquittées avec plus ou moins d'exactitude, et les aubaines occasionnelles; entre la solde en numéraire payée aux soldats et les divers avantages qui leur sontassurés en nature ; le termemême d*annone prèle à beaucoup d'illusions. — Enfin, sous le titre que j*ai adopté, nous examinerons à la fois ce qui a trait aux vivres et fourrages, au matériel de combat, ainsi qu'aux moyens de transport. Les documents à utiliser se rapportent parfois indistinctement à tout ctci.

A. Ex TEMPS DE PAIX. — Douc les gens de guerre recevaient une solde et des fournitures. La première esta peu près connue pour les difTérentes périodes, les divers genres de troupes el les principaux grades ; je me borne sur ce point à renvoyei aux ouvrages généraux^. Quant aux fournitures {aimona), elles demeurent beaucoup plus mystérieuses ; elles devaient varier suivant les régions, selon ;que le militaire était cantonné avec un corps nombreux ou faisait partie d'un détachement relégué dans quelque fort isolée Nous sommes informés du moins qu'il y avait dans chaque légion ime dizaine de frumentarii chargés

^ Voici cependant une indication assez claire (Malal., p. 467 Boon) : Ev aÙTcï» û£ TÛ> xpôvqj (sous Justinien) xa-csitifiçOT) eîç "cà àvaioXixi At)jioj- 0£VT);, Ê/ti'^spo,uiâvo; X2i )^pïi(ixxa o-jk oXîy» eU to eùipsTCt^zi xaxà «ôXtv aTtoOcxa aîxou Eveîcâv x^ç \LZzk O^ptrûv ff'jfiooXf,;.

a Cf. notamment Marquardt, op, cit., pp. 18, 20, 88, 89, 93, 105, 204, 209,282,284,311, 323.

• L'annona 7nilitaris n\ été qu'un peu tard l'objet d'une régleuientatioQ minutieuse, du reste hésitante : cf. les textes du Gode Théodosien, oités par Sseck, $, u. (Pauly-W.). Une inscription de 350(Waddiagton, 2037) nomme un àxxojàoi; (aniuarim) oj£jiXXaxt9vo;Mo02V(ov, comptable dressait les rôles qui servaient de bise à la délivrance des ratious.

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