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* Ammien s'exprime ailleurs en lermes vagues (XIV, 8, 5) : Orientis uero limes in longum protentus et rectum ab Euphralis fluminit ripis ad wque supercilia porrigitur Niti, laeiia Saracenis conterminans gentibus, dexirn pelagi frayoribw pcUem ...
• Theophan., Çhronogr,^ 174, 13.
' Ibid., 179, 15.
2^0 l'occupation territoriale
Oîtô TwvjTwfxaîwv, zone d'influence ou de prolectorat ; celle dernière était-elle donc elle-même enclose d'un autre limes qualifié d'extérieur? Le passage cilé de Théophane n'y mellrait point obstacle, et selon Malalas \ lorsque i'ethnarque Alamoundar, vassal des Perses, s'en alla piller la Syrie première, les chefs romains marchèrent. contre lui ; les Saracènes, biiUa fait, s'enfuirent à cette nouvelle Sià xoj l^cuxésou Xifxtxou.Le telle serait décisif si le même fait n'était justement raconté aussi par Théophane ; or, d'après lui, les Scénites s'échappèrent oii
XOO IffCOTÊpOU XlfXWTOÙ *.
Du reste, ce territoire des Arabes soumis à Byzance était déterminé avec fort peu de précision par des traditions incertainesy témoin la discussion qui s'éleva, au temps de Juslinien, pour la strata au sud de Palmyre *. Remarquons de plus que ni Malalas ni Théophane n'a fait usage des deux termes : E^wispo; et ejwxepoc ; Ja différence de langage pourrait tenir à celle des points de vue *.
Pour résumer, rien n'atteste, à la frontière orientale de l'empire, une barrière continue, remplaçant les limites naturelles, rivages de la mer ou d'un cours d'eau, et comprenant ces deux éléments essentiels : le mur et le fossé. Nulle allusion dans les auteurs ; aucune observation, même isolée, sur le terrain; dans l'Arabie, mieux étudiée, résultat franchement négatif ^ Aucun indice de l'époque où l'entreprise en aurait été faite, ni du tracé exactement suivi ; et les acquisitions et pertes successives de territoires ne simplifient pas les hypothèses. On compren-
* XVIII, p. 445, Bonn.
* Chronogr,, 178, 15. — La même source a dû être travestie par Taa des deux.
3 Cf. supra, p. 31. Arétbas disait : Elle est aux Romains, vu son Qoai et les anciens témoignages ; et Alamoundar : Peu importe le nom ; les bergers m'y ont payé un droit de pâture. Justinieo prétendit trancher la question, mais perdit beaucoup de temps à en délibérer (Procop., B. />., II, 1. 6 sq.).
^ De môme les cinq circonscriptions annexées par Galère, restitoées par Jovien, dites Transtigrilanae par Ammien (XXV, 7, 9), Tétaiont-elles à Féganl des Romains ou des Perses? La vérité est dans une combinaison des deux hypothèses, comme nous l'avons vu plus haut (p. 9}-
^ Y eut-il un essai de rempart continu? Peut-être, car près de Maan {Provincia Arabia, II, p. 3 sq.) on a trouvé deux pans de murs, Tuo reliant un caste! et un burgus, l'autre dépassant le ^ur^u^el finissant brasquement, loin de toute construction. En tout cas, l'essai aurait été abandonné.
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drail que les Romains aient reculé devant la tâche de construire, sous un ciel de feu, sur un terrain sans valeur, un rempart de plus de 600 milles de long, le double du limes du Rhin et du Haut-Danube. Ils peuvent avoir conçu Tidée que le vrai terme de leur empire devait être cherché plus loin et que ce serait le Tigre ; qu'en attendant cette conquête fatale, les Saracëues, pris à gages, suffiraient à protéger leurs provinces, avec le concours des garnisons disséminées.
Laissons maintenant la ligne frontière, stricto sensu ;\\ reste que les Romains ont édifié, vers la Syrie et ses abords, de nombreux travaux militaires et de fortification ; il va sans dire qu'ils étaient irrégulièrement espacés, selon la nature du pays ou même les besoins du moment ^
• Aug. BrinktnanQ, Der rômiiche Limes im Orient {Sonner Jahrbilchery XCIX (1896), p. 25207), a adroilement extrait quelques détails de la vie de Tabbé Alexandre Âkolmétos, fondateur de Tordre monastique dont les membres se relayaienl jour et nuit pour psalmodier perpétuellement Tofûce ; de cette biographie, rédigée par un de ses disciples, une traduction latine nous esl parvenue {Acta SS.» lanuar.^ I, p. 1018 sq.) ; elle nous raconte que l'ascète s'était, avec ses disciples, aventuré en désert persique (vers 420-425), chantant des psaumes tout le long du limes; ils commençaient à souffrir de la faim quand ils rencontrèrent des tribuns et des soldats romains, qui les prièrent de se rendre dans leurs castella : sunl enim ad confinia Romanorum et Persai*um castella, barbaris opposila, decem ac uiginti inuicem distantia milliaribu8(lll, p. 1025). Ce renseignement ne vaut peut-être que pour la section de Palmyre à TËuphrate.